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Les politiques des États face à la crise mondiale

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L’interventionnisme et le New Deal de Roosevelt

  • Franklin Roosevelt (1933-1945) devient président le 4 mars 1933.
  • Son programme (élaboré par le brain trust) propose de relancer l’économie américaine en cent jours, par l’interventionnisme : viabilité des banques garantie par l’État (fermeture des plus faibles et soutien des plus fortes grâce à la Réserve fédérale), dévaluation du dollar de 60 %.
  • Sa politique, le New Deal, consiste à faire de l’État un acteur majeur dans l’économie : il devra réguler les marchés et financer des projets colossaux pour doter le pays d’infrastructures utiles à sa modernisation.
  • Roosevelt crée des entreprises d’État dans des secteurs clés, qui vendent des services à bas coût, de manière à tirer les prix des entreprises privées vers le bas, par effet de concurrence.
  • Dans l’agriculture, l’État impose des quotas de production pour éviter les surproductions qui baissaient les prix et empêchaient les producteurs de générer des profits.
  • Roosevelt met aussi fin à la prohibition de l’alcool, permettant ainsi de générer des emplois et des revenus à l’État sous forme de taxe.
  • Le New Deal redonne rapidement confiance aux Américains et fait repartir l’économie dans les mois qui suivent. L’État, au cœur de la politique économique de Roosevelt, acquiert un nouveau rôle dans l’Amérique pourtant de tradition libérale.
  • Roosevelt est critiqué par les conservateurs, mais aussi à gauche. Ses opposants dans le milieu ouvrier et syndicaliste lui reprochent de ne pas aller au bout d’une politique sociale forte.
  • Pour répondre à ces critiques, Roosevelt impose en 1935 l’obligation aux industries de négocier les conditions de travail avec les ouvriers et la mise en place de pensions de retraite pour les ouvriers.
  • La reprise économique américaine et la confiance redonnée par Roosevelt en l’État lui assurent sa réélection en 1936 et permettent à l’économie mondiale de repartir.
  • Désormais, les États-Unis de Roosevelt dominent l’économie-monde et servent de modèle économique aux autres États modernes.
  • Le keynésianisme devient une référence pour la reconstruction des États dans l’après-guerre.

La France du Front populaire

  • Au début des années 1930, la France subit la crise économique. Face au chômage de masse et au faible niveau de vie, des grèves massives sont organisées par les syndicats qui réclament des réformes sociales fortes.
  • Le communiste et le fascisme attirent tout le continent.
  • Le premier propose une fin du capitalisme par une révolution de classe et l’alignement sur l’URSS de Staline qui a été épargné par la crise du fait de son économie régulée.
  • Les communistes français considèrent que les politiques réformistes des socialistes provoquent l’inertie économique. Ils favorisent donc le fascisme et n’envisagent que la révolution comme unique solution pour sortir de la crise.
  • L’extrême droite française est très sensible au discours fasciste, renforcé à partir de 1933 par le nouveau modèle proposé par Hitler en Allemagne.
  • L’instabilité politique de la France (15 gouvernements entre 1930 et 1935) contribue à faire monter l’antiparlementarisme et les discours politiques radicaux.
  • 6 février 1934 : les ligues d’extrême droite (incarnation française du fascisme) profitent d’un scandale politique pour essayer de prendre le pouvoir par la force.
  • Le coup d’État échoue mais la gauche prend conscience qu’elle doit s’unir face à l’extrême droite.
  • Les mouvements de gauche s’unissent alors autour de Léon Blum et forment le Front populaire, pour soutenir un programme commun, social et progressiste.
  • Le Front Populaire gagne les élections en 1936.
  • Léon Blum devient président du Conseil et constitue un gouvernement reprenant toutes les composantes de gauche et applique son programme qui vise à transformer la France selon des mesures sociales fortes.
  • Les ouvriers qui se mettent en grève pour soutenir le nouveau gouvernement et forcer le patronat à négocier avec celui-ci.
  • Lors des accords de Matignon (nuit du 7 au 8 juin 1936) le gouvernement Blum et les syndicats se mettent d’accord : réévaluation de salaires à la hausse, semaine de travail limitée à 40h, deux semaines de congé annuels pour les travailleurs, scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans.
  • À l’image du New Deal, Léon Blum veut renforcer le rôle de l’État dans l’économie en nationalisant des secteurs clés de l’économie (transports, industries de l’armement).
  • L’État se permet désormais des investissements qui profitent à tous et non plus seulement aux secteurs compétitifs.
  • Les mesures décidées par le Front Populaire permettent de relancer l’économie française et de sortir de la Grande Dépression.
  • La convergence des mesures sociales et du rôle actif de l’État dans l’économie a été la base de l’État providence, développé après-guerre.

L’Amérique Latine dans les bras du populisme

  • La crise économique des années 1930 balaye les économies de l’Amérique latine, complètement dépendantes des exportations à destination de l’Europe et des États-Unis.
  • La situation économique précaire entraîne des revendications sociales et des réformes agraires (nouvelle répartition des terres, détenues exclusivement par un nombre limité de petits propriétaires), et les classes moyennes dans les grandes métropoles industrielles demandent une amélioration des conditions de vie.
  • Jusqu’aux années 1930, les pays d’Amérique Latine se caractérisent par des régimes faibles basés sur des constitutions démocratiques qui profitent exclusivement aux intérêts de la bourgeoisie.
  • Les tensions sociales provoquées par la crise économique mondiale renforcent le rôle de l’armée, qui tente de maitriser les revendications des classes populaires par la force.
  • Une convergence d’intérêt s’opère entre l’armée, la bureaucratie et l’oligarchie économique pour établir des régimes forts qui imposeraient une discipline de fer dans la société.
  • Soutenus par les classes moyennes, les généraux tentent d’empêcher que les révoltes ne se transforment en révolution et finissent par imposer des régimes dictatoriaux populistes.
  • Ces dictateurs latino-américains confisquent le pouvoir au profit d’une élite économique restreinte, dépendante de l’armée en tous points.
  • Parmi les composantes essentielles de leur pouvoir se trouvent le nationalisme exacerbé et les logiques belliqueuses (guerre du Chaco, 1935).
  • Le Brésil de Getulio Vargas symbolise l’expérience populiste en Amérique latine. Il proclame une Révolution qui met fin à la République brésilienne, et installe à sa place l’Estado Novo (1937-1945).
  • Vargas utilise une rhétorique populiste et volontariste pour changer en profondeur le Brésil : modernisation du pays, développement d’infrastructures et industries, et politique sociale pour les plus pauvres.
  • Vargas utilise la démocratie d’une manière plébiscitaire et sa nouvelle Constitution empêche tout fonctionnement parlementaire, suspendant les libertés civiles. Il parvient à transformer le pays en gouvernant de manière ininterrompue de 1930 à 1945, inspirant des expériences similaires sur le continent (régime de Juan Perón en Argentine).