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Les spécificités de l’espace et des océans

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Les spécificités de l’espace et des océans

Des espaces inhabités hostiles aux hommes

  • Notre connaissance des espaces sous-marins est inférieure à notre connaissance de l’espace proche, alors que les océans occupent plus de deux tiers de la surface terrestre.
  • L’espace et les océans sont des territoires inhabités et particulièrement hostiles pour l’Homme. Organiser une plongée au-delà de 4000 mètres de profondeur ou des missions d’exploration spatiale coûtent cher et supposent la maîtrise de technologies de pointe. La profondeur des océans atteint 11 000 mètres au niveau de la fosse des Mariannes (dans l’océan Pacifique), et les températures sur la planète Mars oscillent entre -133°C et +17°C.
  • Paradoxalement, notre connaissance de l’espace proche progresse plus rapidement que celle des fonds marins alors que l’histoire de l’exploration spatiale (commencée en 1957) est bien plus récente que celle des océans.

Des espaces qui fascinent l’être humain

  • Les mers occupent une place importante dans l’imaginaire de nombreuses civilisations (exemples de l’immense mer souterraine des cosmogonies du Proche-Orient ancien, des colonnes d’Hercule (le détroit de Gibraltar) des mythologies grecques, puis romaines, qui s’ouvrent sur un monde inconnu : l’océan, peuplé de créatures monstrueuses ou de l’Atlantide, une île prospère peuplée, selon Platon, par une civilisation très avancée technologiquement).
  • Jules Verne synthétise la fascination pour les mers et l’espace avec Vingt mille lieues sous les mers et le roman d’anticipation Autour de la Lune.
  • Depuis des siècles, la littérature et le cinéma, à travers la science-fiction, se font l’écho de galaxies lointaines peuplées d’extraterrestres ou de planètes colonisées par l’Homme (récemment avec le film Seul sur Mars).
  • Ainsi, la modernité a changé le regard sur ces espaces : de lieux inconnus permettant de projeter les fantasmes humains, les océans et l’espace sont devenus des défis techniques (projets de colonisation de Mars, de cités sous-marines).

L’espace et les océans : des espaces à conquérir de plus en plus intégrés à la mondialisation

Des espaces moteurs dans la mondialisation

  • Les océans ont été au cœur des trois phases de mondialisation.
  • La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, en 1492 motivée par la volonté d’ouvrir une nouvelles route maritime vers les richesses des Indes et de Cipango.
  • Au XIXe siècle la révolution industrielle et à la colonisation européenne se traduisent par une croissance exponentielle du transport maritime.
  • Avec la fin de la guerre froide, en 1991, le capitalisme s’étend à la quasi-totalité des pays de la planète, et aujourd'hui, 90 % des transports intercontinentaux, c’est-à-dire des biens échangés d’un continent à l’autre, le sont par voie maritime.
  • Les fonds marins sont également au cœur de l’approvisionnement énergétique de nombreux pays (oléoducs, gazoducs) et des télécommunications avec les câbles sous-marins intercontinentaux par lesquels transitent les données téléphoniques et Internet.
  • La conquête spatiale contribue à renforcer ce processus de mondialisation avec la mise en orbite de nombreux satellites de télécommunications et le renforcement de la coopération scientifique.
  • De nombreux pays, en voie de développement (comme l’Angola), entendent lancer des satellites de télécommunication pour rattraper leur retard grâce à un bond technologique : on parle de leapfrog.
  • Les océans recèlent des ressources considérables : environ 20% des réserves mondiales de pétrole (comme les gisements offshore brésiliens), 30% de celles de gaz (comme les gisements supposés disputés entre Israël et le Liban en Méditerranée) ainsi que des minerais, des terres rares et bien sûr de nombreuses ressources halieutiques (poissons, crustacés, et autres produits de la mer).
  • Ces ressources attisent les convoitises, et sont les raisons pour lesquelles des explorations sous-marines sont de nouveaux financées.
  • L’espace aussi regorge de nombreux matériaux (comme les métaux rares de certains astéroïdes). Bien qu’impossible aujourd’hui, l’exploitation de ces ressources pourrait se concrétiser. Emboîtant le pas aux États-Unis, le Luxembourg a été le premier état européen à légiférer en 2017 pour autoriser les sociétés privées à extraire et s’approprier des ressources spatiales.

Des espaces à conquérir

  • En 1957, les Soviétiques parvenaient à mettre en orbite le premier satellite artificiel de l’histoire, le Spoutnik.
  • Le 15 juillet 1960, dans son discours d’acceptation de l’investiture démocrate en vue de l’élection présidentielle américaine, John Fitzgerald Kennedy fait de la conquête spatiale un objectif prioritaire des États-Unis avec le concept de « Nouvelle Frontière ».
  • Les États-Unis et l’URSS se livrent à une compétition dans le domaine astronautique au cours de la guerre froide : c’est la course à l’espace.
  • La mission Apollo 11 est l’apogée de cette course à l’espace : deux astronautes de la NASA marchent sur la Lune.
  • Avec la fin de la guerre froide, la coopération internationale se développe dans le domaine de l’exploration spatiale (la Station Spatiale Internationale en est le fruit).
  • Au niveau des espaces maritimes, les marines de guerre ont connu un déclin avec l’effondrement de l’URSS en 1991. Cependant, la volonté des États d’exploiter les ressources sous-marines les replace aujourd’hui sur le devant de la scène.
  • Cas de l’océan Arctique : au cours de la guerre froide, l’Arctique était l’un des territoires les plus militarisés du fait de son rôle d’espace tampon entre les États-Unis et l’URSS, cependant, avec l’effondrement de l’URSS, l’Arctique fut au cœur d’une politique de gestion et de coopération internationale sur le modèle de l’espace. Aujourd’hui, les états riverains de l’Arctique, en particulier les États-Unis, le Canada et la Russie, sont devenus rivaux dans la revendication de la propriété de ces riches territoires.
  • Les puissances spatiales (États-Unis, Chine, Russie, Union Européenne et l’Inde) se livrent une course technologique et militaire. La moitié du budget spatial mondial est en effet consacré au domaine militaire comme les satellites espions ou des missiles anti-satellites.
  • Dans ce contexte de rivalité spatiale, le président américain Donald Trump a pris une décision lourde de sens en août 2019 en créant un commandement de l’espace.