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Qu’est-ce que l’environnement ?

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La notion d’environnement : une construction historique, sociale et politique

Une construction historique de l’environnement

  • La prise de conscience de l’existence d’un environnement s’est développée progressivement au cours de l’histoire.
  • Certaines religions, ont mis en avant le respect de la vie et de la nature (jaïnisme, catharisme).
  • Le développement scientifique de la notion d’environnement en Europe date du XIXe siècle.
  • Ernst Haecke, définit l’écologie en 1866 comme l’étude des rapports entre un organisme et son environnement.
  • Les savants cherchent à établir une synthèse entre les sciences de la nature et celles de l’être humain dans la continuité des travaux de Darwin qui bouleversent l’ancienne vision créationniste du monde.
  • Élisée Reclus distingue le milieu de l’environnement, et affirme que « L’homme doit vivre en harmonie avec la nature ». Il considère que les sociétés humaines et leur milieu s’influencent et ne peuvent être étudiés les unes sans l’autre, et se montre très critique des aménagements des zones sauvages qui ont lieu en Louisiane.
  • Reclus, comme les peintres naturalistes par exemple, cherche à sensibiliser ses lecteurs à la beauté de la nature, qu’il qualifie de condition nécessaire à un développement épanoui de l’humanité.
  • À partir de 1896, le biologiste Arrhenius démontra scientifiquement le lien entre élévation de la température et augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère, établissant une corrélation entre activités humaines et impacts sur l’environnement.

La notion d’environnement : une construction sociale et politique

  • Dans les années 1970, les premières catastrophes industrielles et écologiques visibles sensibilisent les dirigeants politiques, les scientifiques et les opinions publiques à la nécessité de protéger l’environnement.
  • En 1969, suite à l’explosion d’une plate-forme pétrolière au large de Santa Barbara, les États-Unis connaissent ce qui était alors la plus importante marée noire de leur histoire.
  • Entre 1951 et 1996, Jacques-Yves Cousteau explore les fonds marins et produit de nombreux films et documentaires, comme Le monde sans soleil, sorti en 1964.
  • Associée à la paléoécologie, l’histoire environnementale a contribué à mettre en lumière les catastrophes écologiques majeures (disparitions d’espèces et civilisations).
  • Entre le XVIe et le XVIIIe siècles, l’île de Pâques a connu un bouleversement très rapide. La disparition des forêts a en effet entraîné une forte instabilité sociale.
  • À partir des années 1970, la prise de conscience politique se traduit par la création par exemple du ministère de l’Environnement en France en 1971 ainsi que par l’émergence des premières associations de protection de l’environnement, comme Greenpeace la même année.
  • Une prise de conscience internationale émerge avec l’organisation de la première conférence des Nations unies sur l’environnement à Stockholm en 1972 et la réunion, vingt ans plus tard, en 1992, du premier Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro.

Vers une nouvelle perception de l’environnement

La protection de l’environnement : un enjeu majeur pour les sociétés à travers l’histoire

  • Les effets néfastes de la pollution et de la corruption de l’environnement sur les sociétés humaines ne sont plus à démontrer.
  • La pollution fut l’une des causes principales du déclin du Bas-Empire romain (235-476) selon les historiens, la pollution de l’eau par les canalisations en plomb constitua un véritable enjeu de santé publique dans les villes romaines.
  • Les villes médiévales souffraient de l’absence d’évacuation des eaux usées qui, bien souvent, finissaient par se jeter dans les fleuves et les rivières après avoir été rejetées dans les rues.
  • Aujourd’hui, en France, les effets des inondations sont accentués par l’imperméabilisation des sols due à leur artificialisation.
  • L’étude des espèces vivantes met également en évidence la dépendance de l’Homme à la survie de certaines d’entre-elles : 75 % de la production mondiale de nourriture dans le monde dépend des insectes pollinisateurs.
  • L’action des sociétés humaines dérègle aussi les équilibres globaux.
  • L’accélération de la déforestation dans certains pays comme le Brésil ou la République démocratique du Congo a en effet des conséquences internes à ces pays, mais également sur l’ensemble du monde dans les cas de déforestation par le feu.
  • La surexploitation et la pollution de certaines ressources naturelles génèrent des tensions au niveau géopolitique.
  • La construction de barrages sur le Nil ou sur le Tigre et l’Euphrate devrait réduire le débit de ces fleuves en aval et accentue les tensions diplomatiques déjà fortes entre l’Éthiopie et l’Égypte (Nil), et entre la Turquie, la Syrie et l’Irak (Tigre et Euphrate).
  • À l’époque contemporaine, la protection de l’environnement est d’autant plus nécessaire que les activités des sociétés humaines portent des atteintes globales aux milieux.

Une nouvelle approche de la protection de l’environnement au XXIe siècle

  • Depuis le début des années 1990 et la mise en évidence scientifique des liens de dépendance entre les sociétés humaines et leur environnement, celui-ci occupe une place centrale dans l’histoire.
  • Les populations prennent également conscience au quotidien des impacts négatifs des activités humaines sur l’environnement et des menaces que ces impacts font planer sur leur subsistance, voire leur survie.
  • Certaines archipels (comme les Kiribati) sont particulièrement vulnérables à la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique, qui met en péril la survie même de l’archipel et de ses habitants.
  • L’Homme et ses activités sont désormais considérés comme les principales causes du changement global (transformation des milieux par divers facteurs tous liés à l’activité humaine : changement climatique, érosion des sols, urbanisation, etc.).
  • Le rapport Brundtland définit pour la première fois en 1987 le développement durable, qui répond aux besoins des générations actuelles sans pour autant compromettre la satisfaction des besoins des générations futures.
  • Le concept de décroissance (basé sur le rapport Meadows) constate que la population mondiale ne cesse de croître, de même que la consommation de matières premières et d’énergie, accentuant toujours plus la pollution.
  • Pour les partisans de la décroissance, il faut rompre avec la société de consommation afin de préserver les ressources naturelles et l’environnement.
  • Les détracteurs de la décroissance (comme le prix Nobel d’économie Amartya Kumar Sen) avancent trois arguments principaux :
  • les progrès techniques et scientifiques, nés du développement, permettraient de moins polluer et de poursuivre une croissance économique sans consommer davantage de ressources dans les pays développés ;
  • un arrêt de la croissance économique serait davantage préjudiciable aux pays en développement qu’aux pays développés ;
  • la pénurie annoncée de matières premières citée par le rapport Meadows pourrait être compensée par le recyclage.
  • Depuis le début des années 2000, la protection de l’environnement devient un enjeu juridique. Au niveau international, des ONG et les représentants de peuples amérindiens ou menacés par le réchauffement climatique militent pour que la Déclaration universelle des droits de la Terre-mère.
  • Depuis 2008, chaque citoyen équatorien peut ainsi saisir les tribunaux à cette fin.