Simone Schwarz-Bart
Image : Claire Gaudriot, portrait de Simone Schwarz-Bart, 2024, CCBY-SA 4.0 (Wikipedia)
Simone Brumant naît en 1938 à Saintes, en Charente-Maritime, de parents guadeloupéens. Alors que son père, militaire, est mobilisé dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, elle part vivre en Guadeloupe avec sa mère, institutrice. Elle grandit principalement à Trois-Rivières et passe une partie de son enfance à Goyave auprès de ses grands-parents. Élevée entre deux langues, le français et le créole, elle développe très tôt un goût pour les histoires grâce à son grand-père qui fait la lecture à sa grand-mère. En 1957, elle quitte la Guadeloupe pour poursuivre ses études littéraires à Paris. Elle y rencontre en 1959 André Schwarz-Bart, futur prix Goncourt pour Le Dernier des Justes, œuvre qui fait référence à la Shoah (le terme fait référence au génocide des juifs perpétré par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale). Le couple se marie en 1961 et part vivre au Sénégal. En 1972, Simone Schwarz-Bart s’installe avec son mari en Guadeloupe, où ils mènent une importante activité littéraire et culturelle. Après la mort d’André Schwarz-Bart en 2006, elle reprend et achève le cycle romanesque commencé avec lui.
Un plat de porc aux bananes vertes (1967) Pluie et vent sur Télumée Miracle (1972) Ti Jean L’horizon (1979) Ton beau capitaine (1987)
André Schwarz-Bart encourage Simone à écrire. Leur première collaboration donne naissance à Un plat de porc aux bananes vertes (1967), roman écrit à quatre mains. En 1970, la disparition d’une femme guadeloupéenne qui l’avait profondément marquée inspire à Simone Schwarz-Bart l’écriture de Pluie et vent sur Télumée Miracle, publié en 1972 et récompensé en 1973 par le prix des lectrices du magazine Elle. Son œuvre met en valeur la mémoire de la Guadeloupe, les héritages de l’esclavage, les traditions populaires et la place des femmes. Avec André Schwarz-Bart, elle publie également l’encyclopédie Hommage à la femme noire (1988), destinée à mettre à l’honneur des héroïnes noires absentes de l’historiographie officielle. Le style de Simone Schwarz-Bart se caractérise par une langue poétique et imagée et un mélange de français et d’expressions créoles. Elle donne à son récit le rythme du conte (répétitions, incantations). La poétique de la nature est très présente dans son œuvre (pluie, vent, mer, terre).
L’existence humaine
« Le pays dépend bien souvent du cœur de l’homme : il est minuscule si le cœur est petit, et immense si le cœur est grand »
Première partie, chapitre I
« Et la vie attend l’homme comme la mer attend la rivière »
Seconde partie, chapitre IV
Condition féminine
« Qu’est-ce qu’une femme ? Un néant, disaient-ils, tandis que Toussine était tout au contraire un morceau de monde, un pays tout entier. »
Première partie, chapitre 1
« Je me suis attachée à chanter la valeur et le courage des femmes »
Avant-propos
Habiter le monde
« […] mais je mourrai là, comme je suis, debout, dans mon petit jardin, quelle joie !… »
Seconde partie, chapitre 15, dernière phrase du roman
« Je ne suis pas venue sur terre pour soupeser toute la tristesse du monde. À cela, je préfère rêver, encore et encore, debout au milieu de mon jardin »
Première partie, chapitre 1
Tisser les mémoires
« Mais tout cela n’est plus et devant moi la route file, tourne, se perd dans la nuit. »
Première partie, chapitre II
« Nous nous promenions dans la forêt où Man Cia m’initiait au secret des plantes. »
Seconde partie, chapitre 11
Pluie et vent sur Télumée Miracle , 1972