« Il regarde la ville entière, peuplée de beaux hommes et de belles femmes, et les tables des changeurs, couvertes de pièces d’or, d’argent et de menue monnaie ; il voit les places et les rues pleines de bons ouvriers qui travaillent aux métiers les plus variés : ici on fait des heaumes et des hauberts, là des selles et des écus, ailleurs des harnachements de cuir et éperons ; les uns fourbissent des épées, les autres tissent des draps et les foulent, les peignent et les tondent, d’autres encore fondent l’or et l’argent ; ailleurs enfin on fait de la belle et riche vaisselle, des ceintures et des colliers. Vraiment on eût volontiers dit qu’en ville se tenait une foire perpétuelle, tant elle regorgeait de richesses, cire, poivre, graines et fourrures de vair et de gris et toutes marchandises qui se peuvent imaginer. […] Au sortir de la tour, il trouve, assis côte à côte, une assemblée de voisins, le maire, les échevins et toute une foison de bourgeois, si gros et si gras qu’on peut assurer que le poisson était absent de leur régime. »
Chrétien de Troyes (1135-1183), Perceval le Gallois ou le Conte du Graal, Chapitre IX
Selon le narrateur, comment est la ville au Moyen Âge ?