Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
Une inégalité des chances persistante

Déjà plus de

1 million

d'inscrits !

Les inégalités de réussite scolaire

  • La démocratisation qualitative est l’affaiblissement du lien entre l’origine sociale d’un·e élève et son parcours scolaire. Or, l’École échoue à estomper ce lien et les écarts, sans se creuser, persistent.
  • On peut distinguer :
  • des écarts en matière de réussite ou d’échec scolaires ;
  • des écarts en matière d’orientation ;
  • des écarts entre les diplômes.
  • Ces disparités sont fortement liées à des différences :
  • d’origine socioprofessionnelle ;
  • d’origine nationale ;
  • et de genre.
  • Si la massification est observée depuis les années 1950, la démocratisation qualitative qui devait accompagner la démocratisation quantitative est encore loin d’être acquise.
  • Des corrélations entre réussite scolaire et origine sociale, nationale, et selon le genre persistent.

Explications théoriques des inégalités scolaires

Analyse de François Dubet

  • Selon François Dubet l’égalité des chances suppose que tous les individus participent à une compétition ouverte et équitable selon le mérite et non l’origine.
  • Pour que la compétition méritocratique soit parfaitement équitable, il faudrait que les individus n’héritent pas des capitaux culturels et économiques de leurs familles.
  • La première difficulté de l’égalité des chances scolaire tient donc à l’impossibilité de neutraliser complètement les effets des inégalités sociales sur les compétences scolaires.

Analyse de Pierre Bourdieu

  • Pierre Bourdieu propose, au milieu des années 1960, une explication aux inégalités scolaires : il voit dans l’École un instrument de reproduction des positions de dominant·e·s et de dominé·e·s.
  • Ce phénomène de reproduction s’appuie sur le lien entre les valeurs véhiculées par l’École et les valeurs des classes dominantes.
  • L’École valorise certain·e·s matières/normes/savoir-faire/pratiques culturelles et ceux·celles-ci sont essentiellement partagé·e·s par la classe favorisée (dominante) de la population, et moins par la classe défavorisée.
  • Ce décalage débouche sur une hiérarchie implicite qui avantage les enfants d’une partie de la population dont l’habitus est adapté à ce que l’École attend et valorise.
  • Selon son raisonnement, plus un individu est doté en capitaux et plus il réussira à l’École, justifiant ainsi que la réussite scolaire des enfants soit corrélée à la dotation en capital des parents.
  • Habitus et dotations en capitaux expliquent donc le déterminisme social, facteur d’inégalités scolaires.
  • Ainsi, selon Bourdieu, les inégalités scolaires sont le résultat de mécanismes sociaux voulus, afin que perdure la domination des classes dominantes sur les classes dominées.
  • L’École serait donc un instrument de domination et de reproduction sociale.
  • Bourdieu dénonce ici le mythe de la démocratisation sociale de l’école qu’il considère plus comme une massification répondant aux besoins économiques de la tertiarisation qu’une véritable mobilité sociale.

Analyse de Raymond Boudon

  • Les analyses de Raymond Boudon divergent de celles de Bourdieu : pour lui, ce sont les stratégies individuelles et familiales qui expliquent les inégalités de parcours et de réussite scolaire.
  • Il convient que l’institution scolaire cherche à égaliser les chances, mais il ajoute qu’elle y parvient progressivement.
  • Selon Boudon, les individus font des choix en fonction de leurs ressources et de leurs objectifs, eux- mêmes corrélés à la situation socioprofessionnelle des individus et donc à leur origine sociale.
  • Dans cette approche, ce ne sont pas directement les inégalités socioculturelles qui expliquent les inégalités mais bien des stratégies différentes, elles-mêmes en partie liées aux différences sociales.
  • Les inégalités scolaires sont moins dues à des inégalités sociales qu’à des stratégies familiales.
  • Sur le long terme, Boudon considère la massification scolaire et l’allongement des études comme conduisant progressivement à l’égalisation des chances et relativise donc le rôle de l’École en matière d’inégalités sociales.