Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
La transition énergétique : une perspective de développement durable et d’action sur le futur climatique

Déjà plus de

1 million

d'inscrits !

Introduction :

Actuellement, l’énergie consommée – et donc produite – sur la planète provient en grande majorité de l’exploitation de gisements de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon). Cette consommation d’énergie d’origine fossile est l’une des principales causes de l’augmentation de l’effet de serre et de l’amplification du réchauffement climatique en cours.
Avec une situation environnementale en dégradation constante, la transition énergétique apparaît comme une solution à la préservation de notre futur. Il est donc important d’analyser la place de l’énergie dans les sociétés, au regard des perspectives en matière de développement durable et d’action sur le climat.

Dans un premier temps, nous aborderons les consommations énergétiques par type de ressource mais aussi en termes de répartition géographique, puis nous verrons les effets sur la santé et l’empreinte carbone. Enfin, nous évoquerons quelques scénarii possibles pour la transition écologique.

Réserves et consommations énergétiques

Depuis l’avènement de l’ère industrielle, l’être humain utilise des ressources géologiques comme sources d’énergie. Que ce soit le charbon, le gaz (méthane), l’uranium ou le pétrole, devenu maintenant la référence comparative, toutes ces ressources sont présentes en quantités limitées sur Terre.

bannière rappel

Rappel

  • Les énergies non renouvelables sont présentes en quantité limitée sur Terre. Elles comprennent notamment :
  • les énergies dites « fossiles » dont l’origine est un combustible fossile (pétrole, charbon, gaz naturel, gaz et pétrole de schistes). Ces combustibles sont carbonés et proviennent du long processus de la dégradation des matières organiques enfouies dans le sol et transformées sous l’effet de la pression et de la température ;
  • l’énergie issue d’une ressource géologique radioactive : l’uranium.
  • Les énergies dites « renouvelables » comprennent les énergies dont la ressource est soit inépuisable (éolien, solaire, hydraulique) soit reconstituable à échelle de temps courte, comme la biomasse (matière organique pouvant être transformée en énergie : bois, paille, huile végétale, biogaz fourni par la fermentation…).

La mesure de l’énergie

Il existe plusieurs unités d’énergie. Celles-ci varient en fonction de l’utilisation qui est faite des données :

  • si l’on se place du point de vue purement scientifique, on va utiliser le joule (J\text{J}) et ses multiples (kJ\text{kJ}, MJ\text{MJ}, TJ\text{TJ}) pour quantifier l’énergie ;
  • si c’est le domaine de l’électricité qui nous occupe, ce sera le wattheure (Wh\text{Wh}) qui servira de référence ;
  • et enfin, si l’on est économiste, géographe ou encore géopoliticien, alors ce sera la tonne équivalent pétrole (TEP) qui fera office d’étalon.
bannière definition

Définition

Tonne équivalent pétrole (TEP) :

Une tonne équivalent pétrole (TEP) correspond à la quantité d’énergie libérée par la combustion d’une tonne de pétrole.
Tous les pétroles extraits à la surface de la Terre n’étant pas identiques en composition et ne libérant donc pas tous la même quantité d’énergie, le pétrole utilisé pour définir la TEP est donc un pétrole « moyen ».

  • Éléments de correspondance : 1TEP=41,87GJ1\,\text{TEP}=41,87\,\text{GJ} 1Wh=3600J1\,\text{Wh}=3\,600\,\text{J} 1GWh=85,9TEP1\,\text{GWh}=85,9\,\text{TEP}

Maintenant que l’on connaît les unités de l’énergie, nous pouvons comparer le pouvoir énergétique des différentes ressources géologiques, puisqu’une tonne de chacun des combustibles utilisés ne délivre pas la même quantité d’énergie :

Énergie libérée par type de combustible

Combustible (11 tonne) TEP
Pétrole 11
Fioul lourd 0,9520,952
Gaz naturel (1000m31\,000\,\text{m}^3) 0,860,86
Charbon Entre 0,40,4 et 0,750,75
Uranium 1000010\,000

Afin de comparer l’impact des différents combustibles, il est intéressant de calculer la masse de CO2\text{CO}2 dégagée par unité d’énergie libérée. L’idée est de comparer le dégagement de CO2\text{CO}2 pour une même quantité d’énergie produite.

bannière exemple

Exemple

Prenons pour exemple la combustion de l’essence.
Si l’on considère que l’essence est constituée en majorité d’octane, on a l’équation de combustion suivante : 2C8H18+25O216CO2+18H2O2\,\text{C}8\text{H}{18}+25\,\text{O}2\rightarrow 16\,\text{CO}2+18\,\text{H}_2\text{O}

  • D’après l’équation de la réaction, 22 molécules d’octane produisent 1616 molécules de CO2\text{CO}_2.

La combustion de 1kg1\,\text{kg} d’octane produit 44103KJ44\,103\,\text{KJ} d’énergie.
Calculons combien de kilogrammes de CO2\text{CO}_2 sont libérés par la combustion de 1kg1\,\text{kg} d’octane. Pour ce faire, il faut convertir les masses en moles :

noctane(quantiteˊ de matieˋre)=moctane(masse)Moctane(masse molaire)\text{n}{\text{octane}}\text{(quantité de matière)}=\dfrac{\text{m}{\text{octane}}\text{(masse)}}{\text{M}_{\text{octane}}\text{(masse molaire)}}

La masse molaire de l’octane correspond à la masse d’une mole d’octane. Pour trouver la masse molaire de l’octane (C8H18\text{C}8\text{H}18), on passe par le calcul suivant :
Moctane=8×Mcarbone+18×Mhydrogeˋne=8×12+18×1=114g/mol\text{M}{\text{octane}}=8\times\text{M}{\text{carbone}}+18\times\text{M}_{\text{hydrogène}}=8\times 12+18\times 1=114\,\text{g/mol}

On a donc :
noctane(quantiteˊ de matieˋre)=moctane(masse)Moctane(masse molaire)=1000114=8,77mol\text{n}{\text{octane}}\text{(quantité de matière)}=\dfrac{\text{m}{\text{octane}}\text{(masse)}}{\text{M}_{\text{octane}}\text{(masse molaire)}}=\dfrac{1\,000}{114}=8,77\,\text{mol}

  • 1kg1\,\text{kg} d’octane équivaut à 8,77mol8,77\,\text{mol}

noctane2=nCO216\dfrac{\text{n}{\text{octane}}}{2}=\dfrac{\text{n}{\text{CO}2}}{16}
nCO2=8,752×16=70,16mol\text{n}
{\text{CO}2}=\dfrac{8,75}{2}\times 16=70,16\,\text{mol}
1kg1\,\text{kg} d’octane produit donc 70,16mol70,16\,\text{mol} de CO2\text{CO}
2, que l’on doit convertir en kilogrammes :
mCO2=nCO2×MCO2=70×44=3,09kg\text{m}{\text{CO}2}=\text{n}{\text{CO}2}\times\text{M}{\text{CO}2}=70\times 44=3,09\,\text{kg}

La combustion de 1kg1\,\text{kg} d’octane produit donc environ 3,09kg3,09\,\text{kg} de CO2\text{CO}2.
Pour obtenir la masse de CO2\text{CO}
2 par unité d’énergie dégagée, on effectue le rapport suivant :
mCO2deˊgageˊeˊnergie deˊgageˊe=3,0944103=7105kg/KJ\dfrac{\text{m}{\text{CO}2\,\text{dégagé}}}{\text{énergie dégagée}}=\dfrac{3,09}{44\,103}=7\cdot 10^{-5}\,\text{kg/KJ}

Pour comparaison, 1kg1\,\text{kg} de méthane rejette 2,75kg2,75\,\text{kg} de CO2\text{CO}2, ce qui ne paraît pas beaucoup moins. Mais attention, pour une comparaison fiable, il faut savoir quelle énergie produit 1kg1\,\text{kg} de méthane. 1kg1\,\text{kg} de méthane produit 56000KJ/Kg56\,000\,\text{KJ/Kg}. Il dégage donc 4,9105kg4,9\cdot 10^{-5}\,\text{kg} de CO2\text{CO}2 pour 1KJ1\,\text{KJ}. Ce qui montre bien que le méthane est assez nettement plus « propre ».

Dans la vie courante l’énergie est souvent donnée en kWh\text{kWh}, on trouvera donc souvent la valeur des émissions de CO2\text{CO}_2 exprimée en g/kWh\text{g/kWh} au lieu de g/kJ\text{g/kJ} :

Énergie Émission de CO2\text{CO}_2
Gaz naturel 200g/kWh200\,\text{g/kWh}
Propane 230g/kWh230\,\text{g/kWh}
Butane 230g/kWh230\,\text{g/kWh}
Fioul domestique 270g/kWh270\,\text{g/kWh}
Fioul lourd 280g/kWh280\,\text{g/kWh}
Charbon 400g/kWh400\,\text{g/kWh}
Bois 400g/kWh400\,\text{g/kWh}
bannière à retenir

À retenir

La part des combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) dans la consommation énergétique mondiale est de 80,6 % en 2018. Cette part était de 86,7 % en 1973.

  • On peut donc constater que l’utilisation de combustibles fossiles est en légère diminution, mais cette diminution est extrêmement lente à l’échelle mondiale.

Voici un graphique permettant de visualiser la part écrasante des ressources fossiles dans la consommation mondiale d’énergie primaire en 2018 :

combustibles fossiles énergie consommée mondialement

bannière definition

Définition

Énergie primaire :

Énergie disponible dans la nature pour satisfaire les besoins de l’être humain, que les sources soient renouvelables ou non.

bannière astuce

Astuce

L’énergie primaire initiale est forcément supérieure à l’énergie finale « prête à l’emploi » pour l’utilisateur.

bannière definition

Définition

Énergie finale :

Énergie délivrée pour la consommation par l’être humain.
C’est l’énergie primaire à laquelle on retranche les consommations et/ou pertes d’énergie liées aux transformations des ressources primaires (raffinage du pétrole, chaleur dissipée dans un réacteur nucléaire par exemple) ou liées à l’acheminement jusqu’au consommateur (chaleur dissipée et émission d’ondes électromagnétiques dans les lignes haute tension par exemple).

  • L’amélioration des rendements des transformations de l’énergie primaire en énergie finale est l’un des facteurs clés de performance énergétique.
    Les bénéfices se font à tous les niveaux et notamment d’un point vue environnemental, car toutes les « pertes » ainsi évitées se traduisent directement par des rejets de gaz à effet de serre en moins.

Cette prédominance des combustibles fossiles dans l’énergie consommée mondialement se retrouve logiquement dans les différents secteurs économiques : ainsi, les énergies d’origine fossile représentent plus des trois quarts de la consommation dans les transports (pétroles et dérivés), dans l’industrie (charbon, gaz naturel), mais aussi dans l’habitat (exemple : chauffage). Elles restent également dominantes dans la production d’électricité (plus de 64 % en 2017 au niveau mondial).

Beaucoup d’énergie…mais pas pour tout le monde !

Cette consommation globale d’énergie à la surface de la planète souffre d’une très grande disparité, tant en termes de type d’énergie utilisée qu’en termes de consommation par pays.

  • Environ 60 % de la consommation d’énergie est réalisée par 17 % de la population mondiale.
    En Afrique par exemple, la production énergétique est deux fois plus importante que sa consommation !

Sur la zone de l’Asie Pacifique, la majorité de l’énergie consommée l’est par la Chine et, en Afrique, par l’Afrique du Sud, comme l’atteste le document ci-dessous :

Consommation énergétique par pays

  • En mettant cette carte en parallèle avec la répartition de la richesse dans le monde, on ne peut que constater une grande corrélation : les pays dits « riches » (avec le PIB le plus important) sont également les plus gros consommateurs d’énergie.
    Il existe donc un lien entre développement économique et consommation énergétique.

Une croissance de la consommation sans fin ?

La consommation d’énergie à l’échelle mondiale augmente sans cesse, mais il est difficile de se rendre compte de l’amplitude de cette augmentation.
Voici donc un graphique pour l’illustrer :

Évolution de la consommation mondiale d’énergie entre 1850 et 2017

  • Depuis le début du XXe siècle, la consommation d’énergie a été multipliée par 12. Et sur les quarante dernières années, elle a plus que doublé. Il devient difficile dans ces conditions de nier l’impact de l’être humain sur l’environnement.

Ce graphique apporte aussi quelques informations sur la transition énergétique à l’œuvre ces dernières années, avec une stagnation, voire une diminution, de la consommation d’énergie issue du charbon et du pétrole et une augmentation de celle issue de l’hydraulique et d’autres sources renouvelables, avec notamment l’éolien.

Le niveau de consommation d’énergie subit aussi une mutation géographique avec une forte augmentation de cette consommation en Asie et une quasi-stagnation en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest :

Consommation mondiale d’énergie primaire par zone géographique

  • Le modèle de développement recherché partout dans le monde étant celui de la société occidentale, on peut s’attendre à ce que cette augmentation de la consommation d’énergie primaire se poursuive à moyen terme.

Par ailleurs, les pays développés continuent de consommer de l’énergie : nous avons vu que cette consommation d’énergie est d’autant plus importante que le PIB est élevé.
Mais les gains en intensité énergétique (progrès technologiques, développement de normes) permettent à ces pays d’avoir une légère baisse de leur consommation.

bannière à retenir

À retenir

Nous avons vu que les énergies d’origine fossile restent dominantes dans le mix énergétique mondial et que la consommation mondiale d’énergie continue d’augmenter.
Les perspectives de croissance de la consommation dans certains pays mettent alors encore davantage en évidence l’inconvénient majeur de ce type de ressource, à savoir les émissions de dioxyde de carbone.
L’autre inconvénient est le stock limité de ces ressources. Sans compter qu’il faut lier à ce stock ce qu’il est économiquement rentable de produire pour un industriel.

bannière exemple

Exemple

Ainsi, les puits de pétrole peu profonds et situés dans des zones facilement accessibles ont un coût d’exploitation plus faible que des puits de grande profondeur en zone inhospitalière. Il en va de même pour le charbon : avant même les considérations environnementales, la France a cessé d’en extraire, la France avait cessé d’en extraire pour des raisons de rentabilité par rapport à d’autres ressources énergétiques.

Combustibles fossiles et environnement

Le dioxyde de carbone

Pourquoi les combustibles fossiles adulés jadis pour avoir notamment permis le formidable essor de l’économie mondiale depuis le milieu du XIXe siècle sont-ils aujourd’hui tant décriés ?

Pour le comprendre, il faut revenir tout d’abord sur des notions élémentaires de chimie.
Les combustibles fossiles sont constitués majoritairement de carbone. Or, la combustion du carbone dans l’air produit un gaz nécessaire à la vie sur la Terre : le dioxyde de carbone (CO2\text{CO}_2).

Mais ce gaz devient un problème lorsque les activités humaines augmentent excessivement sa production.
Pendant longtemps, par ignorance ou pour des besoins de développement, voire par cupidité, l’être humain n’a pas prêté attention à l’augmentation croissante de la production du dioxyde de carbone.

En effet, la nature étant plutôt bien faite, une partie du dioxyde de carbone en excès a d’abord été « capté » par les plantes (augmentant ainsi leur croissance et leur rendement) ou dissout dans l’eau des océans (beaucoup moins bon pour la vie aquatique). À noter cependant que, si l’augmentation du CO2\text{CO}_2 peut un temps bénéficier aux végétaux, l’augmentation de la température globale et les sécheresses plus régulières sont un frein à leur croissance.

bannière à retenir

À retenir

Mais face à l’augmentation toujours croissante des quantités de dioxyde de carbone rejetées, les mécanismes d’autorégulation de la nature sont devenus insuffisants et le taux de dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère s’est mis à augmenter.
On peut considérer que 30 % du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère de nos jours est d’origine anthropique (humaine).

bannière astuce

Astuce

L’unité ppmv\text{ppmv} (partie par million en volume) exprime une fraction volumique.

Le dioxyde de carbone est souvent présenté comme le responsable du dérèglement climatique, toutefois il n’est pas le seul.

Les gaz à effet de serre

bannière rappel

Rappel

Les gaz à effet de serre (GES) sont des gaz présents naturellement ou de façon anthropique dans l’atmosphère et qui absorbent une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, provoquant ainsi le réchauffement global de l’atmosphère.

Les principaux gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère sont :

  • la vapeur d’eau (H2O\text{H}_2\text{O}) ;
  • le dioxyde de carbone (CO2\text{CO}_2) ;
  • le méthane (CH4\text{CH}_4) ;
  • l’ozone (O3\text{O}_3) ;
  • le protoxyde d’azote (N2O\text{N}_2\text{O}) ;
  • les fluorocarbures (HFC\text{HFC}, NF3\text{NF}_3, PFC\text{PFC}).

Toutes ces molécules n’engendrent pas le même effet de serre.

bannière exemple

Exemple

Par exemple, une seule molécule de méthane a le même effet en termes d’effet de serre que 28 molécules de dioxyde de carbone.

Contribution à l’effet de serre naturel des différents gaz présents dans l’atmosphère

  • Beaucoup de ces gaz sont naturellement présents dans l’atmosphère (hormis les fluorocarbures), mais l’activité humaine en accroît les quantités.
  • Le dioxyde de carbone augmente du fait de l’utilisation de combustibles fossiles et de la déforestation notamment.
  • Le méthane augmente en raison de l’exploitation de gisements de pétrole, de l’élevage et de certaines cultures (exemple : le riz).
  • Concernant la vapeur d’eau, la partie anthropique est, à l’échelle de la planète, faible par rapport à la partie naturelle (évaporation) : on la néglige donc le plus souvent.
    Ainsi, même si au regard du graphique précédent la vapeur d’eau est le plus grand contributeur à l’effet de serre, c’est aussi celui sur lequel l’être humain peut le moins jouer pour limiter le processus de réchauffement atmosphérique.

Au-delà de ces gaz à effet de serre, la combustion de ces combustibles fossiles produit également des suies (particules fines) et des molécules soufrées qui altèrent la qualité de l’air respirable causant ainsi de plus en plus de maladies (respiratoires ou autres) liées à leur inhalation.

L’être humain laisse son empreinte… carbone !

bannière attention

Attention

Par souci de simplification, le terme « carbone » a été retenu, mais lorsque l’on parle d’empreinte carbone, on parle bien ici de tous les gaz à effet de serre (GES).

bannière definition

Définition

Empreinte carbone :

L’empreinte carbone correspond à la quantité de gaz à effet de serre induite pour satisfaire la demande intérieure d’un pays (populations, entreprises, administrations…).
Cette empreinte carbone prend en compte :

  • les émissions issues de la production de biens et de services (hors exportation) ;
  • les émissions issues de la production de biens et de services importés ;
  • les émissions directes de chaque habitant (notamment liés aux carburants et au chauffage).

Évolution de l’empreinte carbone en France métropolitaine et outre-mer

  • En France, en 2018, l’empreinte carbone est de 11,2t11,2\,\text{t} équivalent CO2\text{CO}_2 par habitant. On remarque une relative stagnation de l’empreinte carbone au fil des ans.

Toutes nos activités, même les plus banales, sont concernées.

bannière exemple

Exemple

L’envoi d’un mail correspond à l’émission de 20g20\,\text{g} de CO2\text{CO}2.
Les recherches que vous faites sur le web durant une année correspondent à l’émission de 10kg10\,\text{kg} de CO2\text{CO}
2 en moyenne.

Pour mieux appréhender les disparités entre les différents pays, ces émissions de GES sont données en tonne équivalent CO2\text{CO}_2 par habitant (elles sont rapportées à la population globale du pays).

Comparaison des émissions de GES par habitant au sein des différents pays de l’UE

  • Le Luxembourg est un pays avec un pouvoir d’achat élevé, un parc automobile plutôt important et plutôt constitué de véhicules gourmands ! Le secteur des services est très développé et les énergies d’origine fossile sont très dominantes. Mais attention, si l’on donne le classement des émissions par pays et non par habitant, c’est l’Allemagne qui est en haut du classement.
bannière attention

Attention

Il est difficile de comparer les empreintes carbone de tous les pays car les chiffres liés aux importations et aux exportations ne sont pas toujours faciles à connaître. Pour plus de simplicité, au lieu d’utiliser l’empreinte carbone, la méthode la plus couramment utilisée est donc la comparaison des émissions de GES sur chaque territoire national uniquement, sans tenir compte des exportations et importations. La somme des toutes ces émissions nationales donnera bien l’empreinte carbone de la planète.
Et ton empreinte à toi, tu en as une idée ? Tu peux trouver des calculateurs sur Internet pour tenter de la déterminer !

L’avenir sera chaud !

Les experts : le GIEC

La prise de conscience que l’augmentation des émissions de GES à la surface de la planète devenait problématique a débouché sur la création du Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 1988.

  • Son but est d’évaluer, en toute objectivité, les conséquences possibles des changements climatiques d’origine anthropique (liés notamment aux émissions de GES).

Le GIEC est un organisme rattaché à l’ONU, et donc pratiquement tous les pays membres des Nations Unies en sont également membres.

bannière attention

Attention

Le GIEC n’est pas un laboratoire de recherche : son travail est d’analyser et de synthétiser toutes les publications scientifiques en lien avec l’influence de l’homme sur le climat (même les publications climato-septiques sont prises en compte).

Les travaux du GIEC sont répartis en trois domaines :

  • le fonctionnement physico-chimique du climat et de ses variations (passées et à venir) ;
  • l’élaboration de scénarii sur les émissions de GES ;
  • les risques des changements climatiques sur notre système socio-économique.
  • Une fois le travail de synthèse effectué et validé, le GIEC rédige un rapport qui jusqu’à aujourd’hui a toujours été validé à l’unanimité par ses membres.
    Le dernier rapport de synthèse date de 2014 et le suivant est prévu pour 2022.

En 1990, le GIEC jugeait peu probable la détection dans les prochaines décennies d’une augmentation de l’effet de serre ; en 1995, il jugeait possible l’influence détectable de l’être humain sur le climat planétaire ; et ce n’est qu’en 2001 qu’il a déclaré qu’il existe des preuves solides que la tendance au réchauffement climatique est imputable à l’activité humaine.
La prise de conscience est donc relativement lente !

Tous les rapports du GIEC sont le fruit de longs débats contradictoires entre experts de différents pays et font l’objet d’un consensus : on peut donc affirmer que le contenu de ces rapports est fiable et crédible. D’autant plus que tout scientifique peut participer aux débats contradictoires avec les experts.
Le GIEC a par ailleurs co-reçu, avec Al GORE, le prix Nobel de la paix en 2007 pour ses travaux.

Les engagements : les COP

Pour pouvoir prendre en compte les travaux du GIEC, l’ONU a créé un cadre d’action pour la lutte contre le réchauffement climatique.
Une fois par an, les représentants des pays membres de l’ONU se regroupent en une convention appelée COP (Convention Of Parties).

bannière à retenir

À retenir

C’est lors de ces COP que les pays peuvent s’accorder sur des réductions de GES anthropiques et évaluer l’état de leurs précédents engagements.

bannière attention

Attention

Les engagements pris peuvent être différents suivants les pays et il est même possible que certains n’en prennent pas.

La première COP a eu lieu en 1995 à Berlin et c’est lors de la troisième COP, en 1997, que fût élaboré le fameux protocole de Kyoto, premier accord mondial contraignant (184 pays signataires) visant à la réduction globale des GES.

Le protocole de Kyoto avait pour objectif une diminution des émissions de GES planétaires de 5,2 % (sur la période 2008-2012 par rapport aux émissions de 1990) mais, pour qu’il entre véritablement en vigueur, il a fallu attendre 2002 pour que la première condition soit remplie (55 pays signataires) et même 2005 pour que la seconde condition soit enfin satsifaite (55% des émissions de GES concernés).
Les États-Unis restent à ce jour le seul pays à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto, malgré la signature de l’accord initial.

En 2012, lors de la COP 18, le protocole de Kyoto a été prolongé pour la période 2013-2020 avec une ambition moyenne de 18 % de réductions des émissions de GES par rapport à 1990 pour les pays signataires.

  • En 2015, la COP 21 de Paris a permis de nouvelles avancées avec un engagement à maintenir le réchauffement climatique sous les 2°C2\,\degree\text{C}. Cet engagement est universel, c’est-à-dire applicable à tous les pays, juridiquement contraignant et différencié (les objectifs ne sont pas les mêmes pour tous).

Au final, pour lutter contre le réchauffement climatique et les dérèglements liés, le remède est assez simple : il faut réduire les émissions de GES à l’échelle mondiale. Mais toute la difficulté réside dans l’effort à produire pour y arriver.

Nous savons maintenant que la majorité de l’énergie utilisée par l’être humain provient de ressources fossiles émettrices de GES, nous savons aussi que la consommation d’énergie est un facteur important de développement et/ou de confort de nos sociétés, et c’est là que les choses se compliquent.
En effet les besoins de développement ne sont pas les mêmes entre les pays d’Afrique ou d’Asie et les pays occidentaux ; les modes de consommations et les notions de confort sont aussi différentes d’un pays à l’autre. Plutôt de se tourner vers le renoncement à des éléments de confort, l’orientation envisagée est celle de privilégier une transition énergétique faisant appel à des sources d’énergie renouvelables et un travail parallèle sur l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Les traitements : les scénarii de transition écologique

Comme nous l’avons vu, le GIEC fait un état des lieux global et des prévisions à l’échelle de la planète. Puis, c’est lors des négociations dans les COP que chaque pays va s’engager sur les efforts qu’il juge acceptable pour lui.
Malheureusement, à ce stade, des considérations économiques, des rivalités politiques ou régionales prennent souvent le pas sur les considérations environnementales.

bannière rappel

Rappel

Depuis le début du XXIe siècle, le GIEC propose des scénarii pour appréhender le climat du futur, notamment en fonction de l’évolution des émissions de gaz à effets de serre d’origine humaine.

Pour atténuer les changements climatiques et éviter des dégâts irréversibles, l’objectif est de parvenir à maintenir une hausse des températures en dessous de +2°C+2\,\degree\text{C}.
Voici les prévisions définies par le GIEC :

Prévisions du GIEC de la hausse de la température en fonction de la réduction des émissions de GES

  • Sur cette illustration, on constate que pour rester sous le seuil des 2°C2\,\degree\text{C} d’augmentation, considéré comme la limite d’irréversibilité, il ne faut pas dépasser 500ppm500\,\text{ppm}. Pour cela, il faut que, par rapport à 2010, la réduction des émissions de GES anthropique soit d’au moins de 50 % en 2050 et qu’il n’y ait pratiquement plus d’émissions de GES en 2100 (> 10 %).

Toute nouvelle élévation de température aura des répercussions à tous les niveaux : élévation du niveau des océans, multiplication des phénomènes climatiques violent, sécheresse, rendements agricoles en baisse, mortalité…

Influences environnementale, économique et humaine en fonction de l’élévation de la température planétaire

Pour atteindre l’objectif et donc limiter les répercussions, il est possible d’agir sur un ou plusieurs leviers parmi les suivants. C’est cet ensemble d’action qui constituera la transition énergétique.

Domaines d’action (11 tonne)

Actions possible

Habitat

  • Efficacité énergétique des logements
  • Construction en bois durable
  • Petit habitat collectif plutôt qu’individuel

Mobilité

  • Favoriser les transports en commun
  • Favoriser l’autopartage
  • Favoriser le covoiturage
  • Favoriser le vélo
  • Renouvellement du parc automobile (électrique et essence plus performant)

Alimentation

  • Consommer moins de viande
  • Consommer plus local
  • Respecter la saisonnalité
  • Réduire le gaspillage alimentaire
  • Supprimer les bouteilles plastiques et le suremballage
  • Encourager une agriculture raisonnée

Consommation

  • Écoconception de produits (durée de vie longue, recyclabilité pensée, réparabilité)
  • Efficacité énergétique des appareils
  • Développer l’économie circulaire (moins de déchets)

Production industrielle et de services

  • Relocalisation
  • Efficience des sites de production
  • Industrialisation de l’écologie (en faire un véritable secteur d’activité fort) et Utilisation des énergies renouvelables
  • Efficacité thermique des bâtiments
  • Tri des déchets
  • Télétravail

Santé

  • Encourager l’activité physique
  • Limiter le temps devant les écrans

Loisir, culture

  • Conservation plus longue des appareils
  • Développer le partage (outillage par exemple)
  • Limiter les voyages aériens
  • Vacances plus écoresponsables

Si l’objectif est commun, la transition énergétique sera plus individualisée, car chaque pays a des traditions, des modes de vie et des économies différentes.

Conclusion :

Pendant longtemps, on a cru que les ressources fossiles étaient inépuisables et bénéfiques, permettant le formidable développement à l’œuvre depuis l’ère industrielle.
Depuis les années 1980, des considérations environnementales se font de plus en plus entendre pour limiter la consommation de ces ressources fossiles du fait des émissions de GES qu’elles engendrent.
Avec l’augmentation du nombre d’habitants sur la Terre, les besoins de développement des pays émergents et la surconsommation énergétique des pays occidentaux, l’impératif de réduire l’empreinte carbone globale est devenu une évidence pour éviter que le réchauffement climatique devienne incontrôlable.
La logique d’une transition énergétique s’est ainsi peu à peu imposée notamment grâce aux travaux du GIEC et des différentes COP.

On peut être tenté de se dire que l’idée d’une transition énergétique va demander des sacrifices difficiles à supporter, mais il faut mettre ces sacrifices en perspective avec les conséquences d’un maintien du cap actuel : les prix de l’énergie vont augmenter du fait de la raréfaction de pétrole, les dépenses de santé vont augmenter du fait de la pollution et des maladies tropicales liées au réchauffement, les coûts liés aux évènements climatiques violents vont exploser… Dans le cadre de la transition énergétique qui doit se mettre en place, l’humanité est confrontée à des choix : quelles conséquences et quels « inconvénients » est-on prêt à supporter ? De la réponse à cette question va dépendre l’effort à fournir pour contenir le réchauffement climatique et ses conséquences désastreuses.