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Les espaces métropolitains et ultramarins français : valorisation et protection

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Ce cours est en cours de création par nos équipes et il sera prêt pour la rentrée 2019 💪

Introduction :

Le territoire français est composé d’une grande diversité de milieux, ayant chacun leur particularité et répondant à des contraintes variées. Ainsi, en métropole et dans les territoires ultramarins (loin de la France), l’État et les pouvoirs publics aménagent l’espace pour répondre aux besoins de leurs populations.

Cependant, l’aménagement du territoire ne peut pas répondre uniquement à une volonté économique ou politique. Pour aménager et valoriser un espace, les acteurs doivent prendre en compte la protection de l’environnement et tâcher d’aboutir à une exploitation durable du milieu. De plus, tout espace connait des risques particuliers, qu’ils soient naturels ou d’origine humaine. De ce fait, la gestion des risques s’intègre nécessairement dans l’aménagement d’un territoire.

Nous étudierons dans un premier temps les caractéristiques des milieux du territoire français et leurs contraintes. Dans un second temps, nous nous intéresserons à la valorisation de ces milieux par les différents acteurs. Enfin, nous verrons comment ces acteurs appréhendent la gestion des risques naturels et technologiques sur le territoire.

Un espace français multiforme répondant à des contraintes diverses

Caractéristiques physiques et démographiques de l’espace français métropolitain

La France métropolitaine a une superficie de 550 000 km², ce qui en fait le plus grand État d’Europe occidentale. Elle a une frontière commune avec six pays voisins : l’Espagne, l’Italie, la Suisse, le Luxembourg, l’Allemagne et la Belgique.

Le climat de la métropole est tempéré et majoritairement océanique.

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Définition

Climat tempéré :

Un climat tempéré est un climat qui ne connait pas de températures extrêmes, chaudes ou froides.

L’espace français métropolitain concentre la majorité de la population française soit 63 millions d’habitants. Cette population est inégalement répartie sur le territoire français :

  • 80 % de la population vit sur 20 % du territoire ;
  • l’Ile-de-France compte 50 fois plus d’habitants que la Corse.

La France métropolitaine se caractérise par une diversité de milieux :

  • 30 % du territoire recouvert de forêt ;
  • plusieurs chaînes de montagnes aux reliefs variés (Alpes, Massif central, Vosges, Jura, Pyrénées) ;
  • des espaces de plaines et de plateaux de basse altitude comme le Bassin parisien.
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Rappel

Img-01 : Vocabulaire de géographie physique

Le territoire métropolitain est aussi caractérisé par un littoral important : 5 500 km de côtes et une ouverture sur quatre espaces maritimes (Océan Atlantique, Mer Méditerranée, Manche, Mer du Nord).

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Définition

Littoral :

Le littoral est l’espace de transition entre la terre et la mer. En France, il s’agit d’une bande de terre de 15km depuis les côtes.

Img-02 : Géographie physique de la France métropolitaine

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Rappel

La Corse appartient à l’espace métropolitain.

La douceur du climat et la variété des milieux de la métropole sont favorables à une agriculture diversifiée entraînant des paysages particuliers :

  • cultures maraichères (légumes, fruits) ;
  • cultures céréalières dans les plaines (Beauce) ;
  • viticulture (culture du vin) ;
  • élevage.

Img-03 : Carte

Les milieux spécifiques des territoires ultramarins

Les territoires ultramarins sont issus de l’ancien Empire colonial français (XVIe-XXe siècle).

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Définition

Territoires ultramarins :

Les territoires ultramarins sont les espaces éloignés de la métropole. Ils sont divisés en douze territoires et comptent 2,6 millions d’habitants.

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Attention

Ces espaces recouvrent une grande diversité de localisation, de milieux et même de liens politiques avec la métropole. Il est donc impossible de faire un état des lieux exhaustif de ces différents territoires.

Img-04 : Les espaces ultramarins français

Cinq territoires ultramarins sont des Départements ou Régions d’Outre-Mer (DROM) :

  • la Guyane ;
  • la Guadeloupe 
  • la Martinique ;
  • la Réunion ;
  • Mayotte.

Ils représentent une superficie totale de 89 000 km². Ces cinq DROM ont un point commun : ils se situent en zone tropicale.

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Définition

Zone tropicale :

Les zones tropicales sont les espaces situés entre les deux tropiques (parallèles imaginaires permettant de localiser cette zone sur une carte géographique). Elles sont caractérisées par un climat tropical, c'est-à-dire une alternance entre saison sèche et saison humide (avec de fortes pluies possibles).

Les espaces en zone tropicale se distinguent, entre autres, par une végétation particulière. Par exemple, les DROM français ont en commun des paysages de mangroves.

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Définition

Mangrove :

La mangrove est une zone recouverte par la haute mer et dominée par de grands arbres à racines aériennes (palétuviers, arbres à racines que l’on peut voir sorties hors de l’eau).

mangroves Guadeloupe Canal des Rotours Paysage de mangroves en Guadeloupe (Canal des Rotours, 2018) ©Greeg Pakary – CC BY-SA 4.0

En dehors de ces éléments géographiques, chaque territoire a son identité propre et des spécificités fortes.

La Guadeloupe et la Martinique sont des îles des Antilles, situées au large des côtes de l’Amérique du Sud, (entourées par la mer des Caraïbes). Leur identité insulaire (des îles) est forte. Elles se distinguent également par des paysages de forêts et de montagnes volcaniques (ex : la Soufrière en Guadeloupe, la Montagne Pelée en Martinique).

La Guyane est un État littoral du nord de l’Amérique du Sud. 90 % de son territoire est recouvert par la forêt amazonienne, qui s’étend aussi sur plusieurs pays d’Amérique du Sud.

Mayotte est un archipel de l’Océan Indien, au large des côtes de l’Afrique de l’Est. Les îles de Mayotte sont recouvertes d’une végétation dense et on y trouve plusieurs volcans.

La Réunion est une île de l’Océan Indien, au large de Madagascar. Elle est d’origine volcanique, ce qui explique son profil très accidenté.

La Réunion Tampon Bois Court territoire ultramarin Photographie du Grand Bassin depuis Bois Court, au Tampon, qui montre le profil accidenté de l’île de la Réunion (2010) ©Thierry Caro – CC BY-SA 4.0

Ces territoires ultramarins disposent d’une agriculture très peu diversifiée, en raison du climat mais aussi des demandes d’exportations de la métropole. Ainsi, on y trouve principalement de la canne à sucre et des fruits tropicaux (bananes).

L’espace français présente donc une variété importante de milieux, répartis sur plusieurs territoires. Dès lors, l’État s’attache à aménager ces espaces.

Valoriser les milieux : une tension entre développement économique et protection environnementale et patrimoniale

Aménager un territoire pour répondre aux besoins économiques de la population

L’aménagement du territoire est une compétence des pouvoirs publics. Cela signifie qu’elle revient à l’État et aux collectivités territoriales (administrations locales).

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Définition

Aménagement du territoire :

Une politique d’aménagement du territoire a deux objectifs :

  • Offrir un niveau d’équipement et de services homogènes (égaux ou de même nature) qui doit profiter à toute la population sur le territoire.
  • Réduire les coûts pour les pouvoirs publics : mutualiser (mettre en commun) les moyens, mettre en place des structures communes.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’État décidait seul de l’aménagement du territoire en France. La politique d’aménagement était donc centralisée et consistait en la mise en place de plans d’aménagement. C’est l’époque des grands travaux (autoroutes, Plan Neige en 1964 pour promouvoir la création de stations de ski, etc.).

Station Arcs Haute-Savoie plan neige La station des Arcs en Haute-Savoie, créée à la suite du Plan Neige de 1964 ©Dmitry A. Mottl

Aujourd’hui, les modalités de l’aménagement du territoire ont fortement changé. L’État peut être à l’initiative d’un projet mais l’objectif est d’associer tous les acteurs du territoire, privés ou publics.
Le principe de l’aménagement du territoire est devenu : « un territoire, une stratégie, un projet ». Concrètement, cela signifie que l’État va être partenaire des entreprises et des collectivités territoriales. Son rôle peut être celui de financeur.

Par exemple, depuis 1982, l’État verse la Prime d’Aménagement du Territoire (PAT) à des entreprises qui s’implantent dans des zones en difficulté économique, déterminées par décret. Cette prime a représenté 30 millions d’euros en 2015.

Les aides versées par l’État français peuvent être complétées par des aides européennes. D’après un rapport d’évaluation de la PAT en 2006, pour 1 € de PAT s’ajoutent 4 € d’autres subventions publiques, notamment des aides de l’UE.
L’aménagement du territoire a donc une fonction économique. Cependant, il doit aussi répondre à des objectifs de protection environnementale.

La législation en faveur de la protection environnementale des espaces

Dès les années 1960, l’État s’est intéressé à la protection des milieux remarquables du paysage français. Les Parcs nationaux sont créés en 1960. L’objectif est une protection stricte de la nature et la sauvegarde des écosystèmes. Les parcs nationaux sont divisés en deux secteurs :

  • Un espace central appelé « zone cœur » : l’activité humaine y est strictement réglementée. Il est interdit d’y construire des bâtiments ou d’en exploiter la terre.
  • Un espace périphérique appelé « aire d’adhésion », qui englobe les communes avoisinantes et où les conditions d’exploitation par l’homme sont assouplies.

Img-08 : Les dix parcs nationaux français (7 en métropoles et 3 parcs ultramarins).

En 1967, l’État a créé les Parcs naturels régionaux. Bien plus nombreux que les parcs nationaux, ils sont plus proches des villes et ont un objectif de protection de l’environnement couplé avec un objectif de développement économique.

Depuis 1971, la France a signé la convention de Ramsar, qui vise à conserver les zones humides et à reconnaitre leurs fonctions écologiques. Le pays compte ainsi 46 « sites Ramsar » en métropole et en Outre-mer.

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Rappel

En 1987, le Rapport Bruntland est publié par l’ONU. Il préconise le développement durable pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux du XXIe siècle. Il consiste à « répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

On retrouve ces exigences au niveau européen. Depuis les années 1980, la Politique Agricole Commune (PAC) accorde ses subventions aux agriculteurs avec des conditions de respect de normes environnementales.

En 2004, la Charte de l’environnement est intégrée à la Constitution française. Ainsi, le droit de vivre dans un environnement protégé et respectueux de la santé est garanti par la loi. La Charte prévoit aussi le respect du développement durable par l’État et les collectivités territoriales.

En 2007, le gouvernement français organise le Grenelle de l’environnement. L’objectif de cet événement est de réunir tous les acteurs de l’économie française afin de réfléchir à la question environnementale sans menacer la croissance. Le Grenelle de l’environnement débouche sur des engagements, comme celui d’atteindre 23 % d’énergies renouvelables d’ici 2010. Cet objectif n’est pas atteint : 17 % seulement de l’énergie produite était issue de filières renouvelables en 2015.

À la suite du Grenelle de l’environnement, un Grenelle de la mer a été organisé en 2009. Ce nouvel intérêt pour les espaces maritimes français se traduit par l’existence de Parcs Naturels Marins (PNR). Ces dix parcs répartis en métropole et dans les DROM ont pour objectif de protéger la faune et la flore marine et d’aboutir à une exploitation durable des ressources. Les PNR ont chacun leur spécificité selon les milieux. À Mayotte sur l’Océan Indien, par exemple, la protection des mangroves et des récifs coraliens est mise au premier plan.

Img-09 : Carte

La question environnementale a pris une place importante dans le débat public. Parallèlement, les acteurs de l’aménagement du territoire doivent prendre en compte la protection du patrimoine, c'est-à-dire le maintien en l’état de certains sites pour leur intérêt culturel ou naturel particulier.

La patrimonialisation de l’ONU : aménager l’espace en gardant son identité

Depuis les années 1970, l’aménagement du territoire se doit de protéger les éléments remarquables du passé, afin que les biens communs soient transmis aux générations futures. Le patrimoine d’un espace, naturel ou humain, est protégé par la loi.

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Définition

Patrimoine :

Le patrimoine est un héritage matériel ou immatériel qui est perçu par une société comme devant être transmis aux générations ultérieures.

Ainsi, en 1972, l’Unesco rédige une Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. Depuis cette date, l’organisme onusien liste les sites remarquables qui deviennent « labellisés Unesco », sous le titre de Patrimoine mondial. Dès lors, ils sont protégés de toute destruction ou altération.

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Définition

Unesco :

L’Unesco est l’Organisation des Nations unies pour promouvoir l’éducation, la science et la culture. C’est une institution spécialisée de l’ONU créée en 1945. Son siège est à Paris.

La France possède de nombreux sites Unesco :

  • 39 sites culturels, comme le Mont-Saint-Michel et sa baie ;
  • 5 sites naturels, comme les pitons de la Réunion.

Patrimonialiser un site permet aussi de renforcer son attractivité. Ainsi, la protection du patrimoine va souvent de pair avec le développement du tourisme. Dès lors, les aménageurs doivent être attentifs à développer le site pour accueillir les touristes tout en le protégeant d’une éventuelle surexploitation.

L’aménagement du territoire impose à l’État et aux pouvoirs publics de prendre en compte la dimension économique et environnementale des espaces. Cependant, on peut s’interroger sur les risques qui pèsent sur ces espaces et sur la manière de les appréhender par les différents acteurs.

La gestion des risques en France métropolitaine et dans les territoires ultramarins

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Attention

Il ne faut pas confondre les termes « risque », « aléa » et « vulnérabilité ».
Un aléa est un phénomène naturel ou technologique qui affecte un espace à un moment donné.
Cet aléa entraine un risque pour les sociétés humaines qui sont à proximité. Le risque correspond aux pertes potentielles que va subir cette société humaine à cause de l’aléa.
Enfin, face à ces risques, les sociétés seront plus ou moins vulnérables : cela dépendra de leurs moyens de protection à ces risques.

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Exemple

Un tremblement de terre se déclenche dans une zone inhabitée : c’est un aléa. Il n’y a pas de risque pour quiconque.
Cet aléa devient un risque si le tremblement de terre survient à proximité d’une ville.
Les habitants de cette ville seront vulnérables s’ils n’ont aucun moyen de se protéger face à ce tremblement de terre.

Les principaux risques naturels dans l’espace français

La diversité des milieux français entraine une diversité de risques naturels.

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Définition

Risque naturel :

Un risque naturel se rapporte à un aléa naturel (climatique, géologique…) comme par exemple :

  • le risque sismique (tremblement de terre) ;
  • le risque cyclonique (ouragan, cyclone, typhon) ;
  • le risque volcanique.

Par exemple, les DROM sont fortement soumis aux risques sismiques et volcaniques. En 1902, l’éruption de la Montagne Pelée en Martinique a détruit la ville de Saint-Pierre (28 000 morts).

De plus, les Antilles françaises sont directement impactées par les risques cycloniques. En 2017, l’ouragan Irma a provoqué des dégâts considérables sur les territoires français de Saint Barthélémy et Saint Martin.
Si la métropole ne fait pas face à des catastrophes naturelles de ce type, elle reste vulnérable à d’autres risques selon les caractéristiques de chaque milieu.
La France métropolitaine connait ainsi un risque de tempête, comme la tempête Xynthia qui a touché la Vendée et la Charente-Maritime en 2010 et a provoqué le décès de plus de 50 personnes.

Fouras Charente-Maritime tempête Xynthia La ville de Fouras (Charente-Maritime) après le passage de la tempête Xynthia en 2010 ©Julien Prineau

Les risques de crue touchent également de nombreuses zones :

  • les régions montagneuses lors de la fonte des neiges ;
  • les grandes vallées fluviales, comme le bassin de la Seine ;
  • les régions méditerranéennes aux intersaisons.

Enfin, la métropole peut subir les conséquences de conditions climatiques extrêmes :

  • en 1976, une grande sécheresse généralisée sur le territoire a impacté la production céréalière, affectant fortement l’économie ;
  • en 2003, une forte canicule a eu des conséquences humaines dramatiques avec une surmortalité de 40 % constatée sur la période.

Les principaux risques technologiques dans l’espace français

Un risque technologique est d’origine anthropique, donc humaine. Il existe quatre catégories de risques technologiques :

  • le risque nucléaire ;
  • le risque industriel ;
  • le risque de transport de matières dangereuses ;
  • le risque de rupture de barrage.
  • Chacun de ces risques est une réalité dans l’espace français.

Le risque nucléaire existe mais il n’y a jamais eu de catastrophe nucléaire sur le territoire français. La France compte 19 centrales, dont certaines sont en cours de démantèlement. Régulièrement, des ONG comme Greenpeace alertent l’opinion publique sur la dangerosité de ces centrales. Les accidents nucléaires comme Tchernobyl en Ukraine (1986) ou Fukushima au Japon (2011) ont fortement marqué les esprits. Cependant, les partisans du nucléaire insistent sur l’intérêt financier de ce mode d’exploitation et sur les précautions mises en œuvre dans les centrales.

Le risque de transport de matières dangereuses recouvre une grande diversité de produits. On peut y inclure le risque de marée noire. En 1999, le naufrage du pétrolier Erika a ainsi entraîné la pollution de 400 km de côtes françaises en déversant 12 000 tonnes de pétrole dans l’océan Atlantique.

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Définition

Marée noire :

Une marée noire est un écoulement accidentel de pétrole brut dans l’océan.

Enfin, le risque industriel reste présent dès lors qu’une entreprise industrielle manipule des produits toxiques. Il peut s’agir de déversements de polluants dans les sols ou encore d’accidents technologiques.

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Exemple

À titre d’exemple, on peut citer le cas de l’usine AZF de Toulouse. En 2001, un des hangars de cette usine chimique a explosé, causant la mort de 31 personnes et des milliers de blessés.

usine AZF dégâts explosion Toulouse Dégâts occasionnés par le souffle de l'explosion de l’usine AZF, septembre 2001 ©Ville de Toulouse – CC BY-SA 3.0

Les pouvoirs publics utilisent la législation pour réduire la vulnérabilité de la société française face à ces différents risques. En effet, certains comportements entraînent un accroissement de la vulnérabilité du territoire.

Anthropisation et vulnérabilité : le rôle de la législation

La loi française encadre strictement les activités susceptibles d’entraîner des risques pour le territoire. Ainsi, chaque commune se doit de mettre en place un Plan de prévention des risques (PPR). Ce document reprend :

  • les différents risques, naturels et technologiques, susceptibles d’affecter la commune ;
  • les zones constructibles ou interdites à la construction.

Img-12 : Exemple d’un PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondation) dans le Loiret – extrait (2017). La carte reprend les zones en risque d’inondation le long des cours d’eau.

Cependant, malgré cette législation, l’impact de l’anthropisation reste fort. Par exemple, on constate que de nombreuses zones inondables, sur lesquelles on ne devrait pas bâtir, obtiennent tout de même des permis de construire. C’était le cas lors de la tempête Xynthia en 2010.

Plus généralement, l’urbanisation a des effets directs sur les risques d’inondation. En effet, le bétonnage des routes et chemins rend le sol imperméable. Ainsi, l’eau ne peut plus être captée en sous-sol. Les évolutions du paysage rural, comme l’arrachage des haies du bocage, empêchent également que l’eau soit retenue dans le sol.

Sur le plan des risques technologiques, la loi européenne a imposé la mise en place de normes SEVESO.

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Astuce

Seveso est le nom d’une usine italienne. En 1976, un nuage de produits toxiques s’est échappé de l’usine. Les pouvoirs publics n’ont pas pris la mesure du danger. Les populations ont été évacuées plusieurs semaines après le début de la catastrophe.

Les directives européennes « SEVESO » contraignent les établissements porteurs de risques technologiques à élaborer des mesures de protection pour les limiter. De plus, ils doivent prévoir des plans de secours en cas de catastrophes.

Conclusion :

L’espace français bénéficie d’une forte diversité de milieux. Les acteurs de l’aménagement du territoire sont face à une triple exigence : répondre aux besoins des populations, limiter l’impact humain sur les écosystèmes et maîtriser les principaux risques. Dès lors, l’État s’est doté de lois pour assurer le respect de ces différentes contraintes. À l’échelon européen et mondial, d’autres restrictions permettent d’encadrer l’activité humaine sur les territoires. Cependant, cet arsenal législatif est parfois insuffisant pour limiter les risques environnementaux, naturels et technologiques qui pèsent sur les territoires.