Fiche méthode BAC L'essai en spécialité Humanités

Conditions de l’épreuve

Durée de l'épreuve et consignes

L’épreuve du bac spécialité HLP dure 4 heures, à l'issue desquelles il faudra proposer deux copies distinctes. En effet, deux compositions sont attendues :

  • une interprétation du texte proposé par le sujet, orientée par une question-guide ;
  • un essai à partir des thématiques présentes dans le texte.
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À retenir

  • Si le texte du sujet est de nature philosophique, le travail d’interprétation sera de nature philosophique et l’essai sera de nature littéraire : il sera corrigé par un professeur de littérature.
  • À l’inverse, si le texte du sujet est de nature littéraire, le travail d’interprétation sera de nature littéraire et l’essai sera de nature philosophique : il sera corrigé par un professeur de philosophie.
  • Ces orientations seront indiquées sur le sujet, et chacun de ces travaux sera dirigé par une question explicite.

Barème

L’interprétation de texte est notée sur 10 points.
L’essai, sur 10 points également.

Objectif de l’essai : ce qui est attendu

Qu’il soit philosophique ou littéraire, l’essai attendu lors de l’épreuve HLP est une réponse à une question. Cette réponse doit être « complexe », ce qui ne veut pas dire « compliquée ». Proposer une réponse complexe, c’est proposer plusieurs réponses possibles à la même question, raison pour laquelle au moins deux parties sont attendues : chaque partie correspond à une réponse argumentée.

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Attention

La clarté et la cohérence des réponses sont plus importantes que leur nombre, le correcteur étant conscient de la contrainte du temps imparti. Deux réponses bien construites valent donc mieux que trois moins bien soutenues.

Analyser le sujet et choisir le plan

Qu'elles contiennent une citation ou pas, on peut distinguer deux grandes formes de question dans la partie essai de l’épreuve HLP. Identifier cette forme spécifique permet de mieux organiser et mieux structurer ses réponses, c’est-à-dire de mieux choisir le type de plan à construire pour plus de pertinence.

Choisir le plan grâce à la forme de la question

  • Les questions fermées

Une question fermée est une question pour laquelle il n’y a que deux orientations possibles de réponse.

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Exemple

Question : « L’Art peut-il sublimer la souffrance ? »

En respectant le sujet tel qu’il est, les deux orientations possibles sont les suivantes :

  • l’art peut sublimer la souffrance ;
  • mais l’art peut aussi produire d’autres effets que celui-là.

Lorsque la question est fermée, il est plus adapté de proposer un plan dit « dialectique ».
Un plan dialectique, c’est un plan qui propose d’abord une première réponse, puis une seconde, qui consistera à apporter une limite, une objection, une critique à la première. (On appelle ça un développement « dialectique » parce que c’est comme si deux personnes aux points de vue différents échangeaient sur la même question.)

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Attention

Il n’est pas question de fabriquer une contradiction stricte de type « Oui, parce que blanc. » et « Non, parce que noir. ». Préférez nuancer la valeur de la première réponse en y apportant un bémol, une réserve, une condition où elle ne fonctionne pas, pour justifier la proposition d’une autre réponse.

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Exemple

Question : « L’Art peut-il sublimer la souffrance ? »

Partie 1 : L’art sublime la souffrance quand il permet de transformer une mauvaise expérience en expérience valorisante ou constructive.
Ex. : Montaigne traversera le deuil de son ami La Boétie en rédigeant Les Essais, et exprimera que c’est l’écriture qui lui a permis de le dépasser.

Partie 2 : Mais l’art peut ne pas suffire, si cette pratique entretient également la souffrance.
Ex. : Le travail artistique de Van Gogh cultivait son isolement et sa souffrance, au point qu'on peut se demander si l’art ne lui faisait pas plus de mal que de bien malgré ses chefs-d’œuvre.

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Astuce

Réaliser une troisième partie dans un plan dialectique est possible à deux conditions :

  • c’est une partie qui témoigne d’un nouveau point de vue et qui garde une dimension critique ;
  • le temps consacré à cette troisième partie ne nuit ni au temps de rédaction, ni à celui de la relecture.
  • Les questions ouvertes

Une question ouverte est une question pour laquelle le nombre de réponses possibles n’est pas limité à deux. Plus de réponses sont donc possibles et il n’est pas nécessaire que l’une apporte une nuance à l’autre.
Pour ce type de questions, il faut être attentif au mot interrogatif, car il détermine le thème des réponses, c’est-à-dire le thème du plan. On appelle cela un plan thématique.

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Exemple

« Pourquoi est-il dangereux de nier la violence dans l’histoire ? »

  • Ce sujet appelle à donner des raisons du danger cité dans la question.

« Comment résiste-t-on à la déshumanisation ? »

  • Ce sujet appelle à donner des moyens de résister.

« Dans quelle mesure la souffrance transforme-t-elle le sujet ? »

  • Ce sujet appelle à distinguer ce qui est transformé de ce qui ne l’est pas lorsque le sujet souffre.

« Quels bénéfices le lecteur peut-il tirer de la fréquentation des œuvres littéraires ? »

  • Ce sujet appelle à donner des bénéfices de la littérature pour le lecteur.
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Rappel

Ne soyez pas exhaustif dans l’énumération. Le temps est compté et le correcteur le sait :

  • il attend que vous ne disiez pas tout, mais que vous sélectionniez le plus pertinent ;
  • il faudra également être capable d’argumenter comme attendu ce que vous avancez (cf. partie 3 - Les paragraphes argumentés) ;
  • les éléments de réponse que vous utiliserez devront donc être choisis sur ce critère.
  • Les questions qui contiennent une citation
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Attention

Que le sujet comporte une citation ou non, il est attendu dans l’essai de faire référence au texte soumis à l'interprétation.

Une question qui contient une citation n’est pas plus difficile qu’une autre, bien au contraire : de toutes les références que contiendra votre travail, celle-ci n’aura pas à solliciter votre mémoire, puisqu’elle est consultable dans son contexte, c’est à dire l’extrait de texte donné pour interprétation. Il sera donc aussi attendu que facile de :

  • l’utiliser dans l’essai ;
  • expliquer son sens ;
  • dire dans quel contexte elle est utilisée.
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Astuce

S’il vous manque une référence pour une partie du développement, vous pouvez utiliser la citation du texte à ce moment, car elle soutiendra nécessairement l’une de vos parties (cf. partie 3 - Le paragraphe argumenté).
Si vous avez déjà des parties argumentées cohérentes et suffisantes, expliquer la citation de la question du sujet fera une excellente amorce (cf. L’amorce dans la partie 4 - L’introduction).

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Exemple

Question : « On est trop proche de soi pour bien se voir. » La littérature permet-elle de trouver le recul nécessaire pour « bien parler de soi » ?

Cette question a été posée dans la partie essai de l’épreuve HLP du baccalauréat 2021, et contient une citation d’un extrait de Souvenirs, d'Alexis de Tocqueville, extrait qui constitue le texte de la partie interprétation de l’épreuve.

Exemple d’exploitation de la citation pour introduire la question de l’essai dans une introduction (amorce) :

Dans cet extrait de l’œuvre Souvenirs, A. de Tocqueville, l’écrivain aux multiples casquettes, s’exprime sur la difficulté de se reconnaître et de se représenter tel que l’on est : « On est trop proche de soi pour bien se voir ». Dans le texte, il affirme en effet que ses propres lectures le dissuadent d’écrire sur lui-même car il observe qu’un récit autobiographique ne trahit de défaut que par accident, en pensant dire autre chose, mais pas par lucidité. Cela signifierait qu’il est aussi difficile de se juger avec honnêteté que de regarder quelqu’un qu’on aime avec une certaine objectivité : on serait trop proche de lui pour voir aussi ses défauts, dans le sens où l’amour qu’on lui porte nous aveuglerait.
Mais si le regard de Tocqueville voit une règle qui concernerait tous les hommes qui parlent d’eux-mêmes, quelques exceptions au moins semblent lui avoir échappé. Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau portent pourtant bien leur nom : cet homme choisit l’écriture pour reconnaître ses fautes, parfois pour les expliquer, d’autres fois pour s’en repentir.
La littérature ne permet-elle donc pas, quelque part, de trouver le recul nécessaire pour bien parler de soi, malgré les réserves d’Alexis de Tocqueville vis-à-vis de cette hypothèse ?

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Astuce

Lorsqu’une question interroge « la littérature », elle n’interroge pas que l’écriture, mais aussi la lecture.

Construire le plan détaillé

Ce qu’on appelle le plan détaillé, c’est la recherche des éléments de réponse et leur organisation dans les parties au brouillon, avant la rédaction. Il y apparaît :

  • les différentes réponses et leur relation grâce à la forme de la question du sujet ;
  • pour chaque réponse, les différents éléments qui permettent de la soutenir, et qui composeront le paragraphe argumenté.

N.B. Ce qu’on appelle le plan, c’est une synthèse du développement, plus succincte encore que le plan détaillé. Le plan ne présente que les réponses des différentes parties, et leur relation – pas le détail des arguments qui les soutiennent.

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Exemple

Exemple d'analyse de sujet + construction du plan

Question : « Comment résiste-t-on à la déshumanisation ? »

  • On voit qu’il s’agit d’une question ouverte, et que le mot interrogatif conduit à chercher des moyens – ce sera donc un plan thématique qui proposera différents moyens de lutte contre la déshumanisation.
  • On sait ainsi que chacune des parties aura pour objet d’exposer un moyen spécifique de lutte contre la déshumanisation :
  • Moyen 1 (pour Partie 1)
  • Moyen 2 (Pour Partie 2)
  • Moyen 3 (Pour Partie 3)
  • On définit la notion du programme présentée dans la question – soit la déshumanisation :

La déshumanisation est un phénomène qui conduit à ne pas reconnaître en l’autre sa sensibilité, sa liberté et ses droits, cela peut mener à l’employer comme un moyen de servir nos propres intérêts au mépris des siens.

  • Maintenant qu'on sait de quoi on parle – contre quoi il est question de lutter, il faut rechercher dans le programme de HLP des éléments identifiés comme de tels moyens :
  • Moyen 1 : L’histoire
    Pour être prévenu et être averti du danger.
  • Moyen 2 : L’art & la littérature
    Pour illustrer l’histoire, se projeter et se représenter.
  • Moyen 3 : Le dialogue
    Pour faire l’expérience de l’humanité de l’autre.
  • Lorsqu’on a identifié les éléments du programme qui pourront être traités dans les parties, et qu'on a déterminé la structure de notre plan, il faut chercher les arguments qui vont nous permettre de soutenir chacune des réponses du développement.
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Attention

Avec l'habitude, ces étapes en apparence successives deviennent simultanées : on perd l'habitude de penser une réponse sans imaginer immédiatement les raisons qui nous permettent de la tenir pour vraie. Le paragraphe argumenté devient alors plus que jamais l'espace où s'articule notre raisonnement au complet.

Les paragraphes argumentés

Qu’est-ce qu’un argument ?

Un argument est une raison pour laquelle on peut juger crédible une idée, une réponse à une question.
Il en existe de plusieurs sortes, et pour réaliser chaque paragraphe argumenté de la partie essai, il faudra réunir trois types d’argument différents :

  • l’argument théorique, qui consiste en la définition des notions au programme ;
  • l’argument par le fait, qui correspond à l’exemple, la preuve concrète qui soutient la réponse proposée ;
  • l’argument d’autorité légitime, qui désigne la référence à un auteur que l’on convoque en soutien de la réponse proposée.

Ces types d’arguments sont tous interdépendants : l’argument d’autorité n’est légitime qu’en présence d’un argument théorique, qui reste une simple idée sans fondement quand il n’est pas lui-même accompagné d’un argument de fait. Quant à l’argument de fait, sans les autres, il n’est plus l’illustration d’un phénomène, mais un cas particulier sans valeur argumentative.

  • Une véritable partie argumentée a donc besoin de ces trois éléments pour être complète.
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Astuce

Vous n’avez pas les trois types d’argument nécessaires pour justifier les moyens que vous avez choisi ?
Il y a peut-être d’autres éléments du programme qui peuvent être mobilisés, et pour lesquels vous avez toutes les notions de cours en main, même s’ils vous plaisent moins.
N’oubliez pas que deux parties complètes valent mieux que davantage qui seraient moins bien soutenues !

Exemple d’application

Question : « La figure du monstre dans la littérature et les arts ne sert-elle qu’à faire peur ? »

Ce sujet présente une question fermée, le plan le plus pertinent est donc le plan dialectique, c'est-à-dire un plan dans lequel la seconde réponse nuance la première. Chacune de ces réponses constituera un paragraphe argumenté.

Exemple de plan dialectique :

  • Réponse 1 (Partie 1)
    La figure du monstre dans la littérature et les arts sert à faire peur, pour dénoncer les apparences trompeuses et prévenir les dangers. Elle vise à transmettre ce de quoi il convient de se méfier pour se protéger ou pour développer un jugement plus prudent et plus averti.
  • MAIS $\rightarrow$ Réponse 2 (Partie 2)
    Parfois la figure du monstre dans la littérature et les arts fascine et provoque malgré tout de l’empathie. Elle peut même nous interroger sur notre propre monstruosité, nous poussant alors à éviter de représenter nous-mêmes un danger, et entraînant ainsi une remise en question.

Exemple de paragraphe argumenté de la réponse de partie 1 :

  • Définition des notions au programme – L’argument théorique

Dans la littérature, la figure du monstre représente un individu ou une créature dont l'apparence ou le comportement interroge, il ne ressemble pas aux autres et n’est pas conforme aux normes de la société. Sa première fonction dans l’histoire de la littérature fut d’inspirer la peur pour dissuader le lecteur de s’écarter lui aussi des normes de la société, par sécurité.
Conclusion de la sous-partie 1 :
Dans la littérature, la figure du monstre sert donc à faire peur, pour prévenir des dangers.

  • L'exemple – L’argument par le fait

Le monstre, dans la société, c’est par exemple celui qui profite de la naïveté d’un enfant pour le détourner de son chemin en faveur de ses propres intérêts.
Conclusion de la sous-partie 2 :
La littérature peut effectivement représenter sous des formes imagées ce type de dangers, pour faire peur aux enfants et les protéger.

  • La référence – L’argument d’autorité légitime

Dans le conte de Charles Perrault, la figure du monstre est représentée par le loup, qui détourne le Petit Chaperon rouge de son chemin, et le trompe pour le manger. De nombreux dangers auxquels les enfants sont exposés sont représentés dans ce conte, pour les dissuader par la peur de prendre un certain nombre de risques.
Conclusion de la sous-partie 3 :
La figure du monstre, dans la littérature et les arts, sert donc en priorité à faire peur.

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Astuce

Pour éviter le hors-sujet, chacun de ces éléments argumentatifs (notion définie, exemple, référence) doit pouvoir être clôturé par la réponse à la question du sujet.

  • Un hors-sujet, c'est être dans le thème, mais avoir oublié l'objectif : soutenir la réponse à la question du sujet.
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Attention

Dans un paragraphe argumenté d’essai littéraire, l’exemple doit toujours être extrait d’une œuvre. Utiliser un exemple de situation concrète sans qu’il ne soit tiré d’une œuvre n’est possible que dans un paragraphe argumenté d’essai philosophique.

Le développement

Le développement, c’est un raisonnement qui justifie l’existence de plusieurs réponses différentes à la même question. C’est parce que plusieurs réponses sont possibles qu’un développement doit compter plusieurs parties.
Chaque partie étant un paragraphe argumenté, chacune d’elle est aussi composée de plusieurs éléments de réponses – plusieurs types d’arguments, afin de justifier chaque nouvelle réponse, alors qu’il en existe déjà une, tout aussi solide.
En somme, on peut dire que le développement, c’est un plan détaillé rédigé au propre.

L'introduction

Même si elle est présentée en premier dans un essai, l’introduction se construit toujours en dernier dans le travail au brouillon, car elle a deux fonctions :

  • amener la question du sujet en montrant que la littérature se contredit à ce sujet – ou le réel, si, dans le cadre d’un essai philosophique, on a choisi des situations réelles pour évoquer une contradiction. Le but étant de montrer que la réponse à la question n’est pas évidente, et qu'elle nécessite un travail de fond (c'est l’amorce) ;
  • présenter les étapes du raisonnement, celles qui nous font passer d’une réponse à une autre (c’est l'annonce du plan).

Le correcteur va en tout premier lieu comparer le plan présenté en introduction et le développement qui est vraiment réalisé, pour voir s’il remplit bien sa fonction d’annonce. Il faut donc toujours construire son introduction après avoir terminé son plan détaillé, pour annoncer des parties conformes à celles qui seront développées.

Annoncer le plan

  • À quoi ça sert ?

L’annonce du plan sert à faire savoir au correcteur vers quel but le raisonnement chemine, afin qu’il puisse mieux le comprendre, et éventuellement neutraliser les confusions éventuelles dans votre expression.

  • Comment construire l’annonce du plan ?

Annoncer le plan, c’est présenter les différentes réponses qui vont être soutenues dans le développement, et l’ordre dans lequel elles vont être amenées, sans les argumenter d’aucune manière encore – on n’argumente que dans le développement.
Il faudra également expliciter pourquoi on ne peut pas se satisfaire d’une seule réponse argumentée :

  • soit parce qu’une réserve doit être apportée à la première – dans le cas d’un plan dialectique ;
  • soit parce qu’une seule réponse n’est pas suffisante – dans le cas d’un plan thématique.
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Astuce

Expliciter la raison pour laquelle on ne se satisfait pas d’une seule réponse quoiqu’elle soit solide, c’est ce qu’on appelle problématiser.

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Exemple

Exemple de problématisation + annonce du plan

Question : « Comment résiste-t-on à la déshumanisation ? »

[…] Si la déshumanisation répond à un seul principe, elle peut prendre plusieurs formes. Il y a donc également plusieurs façons de lui résister. Parmi elles, nous retiendrons d’abord l’histoire, même si sa mémoire ne suffit pas à enrayer le phénomène. Alors nous verrons que l’art et la littérature sont d’un secours certain pour mener cette résistance. Mais au-delà du passé et de la fiction, nous montrerons que l’expérience concrète de l’humanité de l’autre est un moyen puissant de lutte contre la déshumanisation. »

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Attention

L'annonce du plan n’est pas un moment pour argumenter, mais pour annoncer les étapes du développement de la réflexion. Il faut donc garder ses arguments pour nourrir ses futures parties, et ne pas les utiliser dans l’introduction.

Construire l’amorce

Une amorce, dans un exercice argumentatif, c’est la première étape de l’introduction. Elle sert à proposer des éléments qui conduisent naturellement à se poser la question à traiter. En effet, les éléments choisis mènent chacun à penser des choses différentes de la même question, ce qui fait naître une contradiction qui introduit la question du sujet.

Une amorce, c’est donc la véritable introduction de l’introduction : elle amène la question du sujet et l’intérêt de se la poser.

Une amorce se construit donc en trois temps :

  • Situation qui conduit à penser « ceci » de la question du sujet
  • Situation qui conduit plutôt à penser « cela » de la question du sujet
  • On aboutit sur une situation dans laquelle il est donc nécessaire de se poser la question du sujet pour déterminer quoi en penser vraiment.
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Attention

Mobiliser la relativité des points de vue n’est jamais une raison d’abandonner la réflexion, au contraire, c'est toujours une raison de nommer ces points de vue dans un plan, et de les développer au sein d’une réflexion complexe que l’exercice de l’essai requiert.

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Exemple

Exemple de construction d'amorce

Question : « Sommes-nous autre chose que ce que nous paraissons ? »

  • D’une part, on dit que l’habit ne fait pas le moine, que les apparences sont trompeuses, et que nous ne devons pas juger à partir des apparences, car ce que nous sommes ne s’y réduit pas.
  • Mais d’autre part, nous ne parvenons pas à nous détacher des apparences, et sommes au contraire très attachés à notre image, et à ne pas représenter par nos vêtements et nos apparats quelque chose que nous ne sommes pas.
  • Alors, sommes-nous vraiment autre chose que ce que nous paraissons ?

Transition entre l’amorce et l’annonce du plan

L'amorce révèle une contradiction qui entraîne la question du sujet. Cette contradiction témoigne de la complexité des choses et justifie de proposer une réponse tout aussi importante, complexe, multiple. C'est la raison pour laquelle annoncer un plan est nécessaire : on présente les différentes réponses et les relations entre elles.

Cette étape de l'introduction qui relie la fin de l'amorce à l'annonce du plan, c'est ce que l'on appelle la problématique. Elle consiste à expliciter que répondre la question supposera des étapes.

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Exemple

Fin de l'amorce (= question du sujet) :
Alors, sommes nous vraiment autre chose que ce que nous paraissons ?

Problématique :
La réponse à cette question dépend du point de vue qu’on adopte pour y répondre. C’est la façon dont nous nous représentons ce qu’est « le moi » qui détermine s’il s’exprime vraiment par les apparences. Il y aura donc plusieurs façons de répondre à la question.

Annonce du plan :
En effet, s’il on considère d'abord que…

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Rappel

Les éléments qui construisent l’amorce d’un essai littéraire doivent eux-aussi être extraits d’une œuvre, à défaut de quoi l’essai n’appartient plus au champ de la littérature à proprement parler.

Exemple
Question : « Le savoir nuit-il à la sensibilité ? »

  • Dans l’œuvre de Mary Shelley, le créateur du monstre de Frankenstein est mu par un désir de connaissance qui l’isole, le déshumanise, et l’éloigne de toute conscience morale au nom de la quête de cette connaissance. On pourrait donc penser que le savoir conduit naturellement à prendre de la distance avec la sensibilité.
  • D’un autre côté, il fallait savoir que si Albus Dumbeldore est mort de la main de Severus, c’est parce qu’il s’agissait d’une entente loyale entre les deux personnages de la saga de J. K. Rollings, Harry Potter. Sans savoir cela, les apparences trompent les spectateurs, et ne permettent pas de développer toute la compassion que méritent les responsabilités si ingrates que Severus a dignement choisi de porter. Ici, ne pas savoir inhibe tout sentiment humain à son égard.
  • Alors, le savoir nuit-il à la sensibilité ?

Étapes d’une introduction d’essai

  • Amorce : minimum deux éléments de réponse différents à la question
  • Question du sujet
  • Problématisation (annoncer une réponse problématique car multiple)
  • Annonce du plan (pour organiser cette multiplicité, par thème ou de façon dialectique)

La conclusion

Du point de vue de la forme, une conclusion se traite un peu comme une introduction, à ceci près que du point de vue du fond, elle n’a pas la même fonction :

  • l’introduction annonce un raisonnement à venir ;
  • la conclusion récapitule un raisonnement achevé.

Étapes de la conclusion :

  • Rappel des éléments confondants – ceux de l’amorce
  • Rappel de la question qu’ils ont fait naître
  • Rappel de la difficulté de répondre simplement à cette question (problématisation)
  • Récapitulatif de nos éléments de réponses (ceux du plan)

À cette étape du travail, chacun des éléments contenus dans la conclusion ont déjà été traités et avancés, c’est donc la seule étape qui n’a pas essentiellement besoin d’être structurée au brouillon avant la rédaction, si le temps commence à manquer.

Les étapes de l'essai au complet

INTRODUCTION

  • Amorce :
  • Élément de réponse à la question du sujet
  • Élément de réponse différent du premier pour cette même question
  • Question du sujet
  • Problématisation
  • Annonce du plan

DÉVELOPPEMENT

PARTIE 1 :
Thème 1 / Réponse 1

  • Définition de la notion
  • Exemple
  • Référence
  • Réponse à la question

PARTIE 2 :
Thème 2 / Réponse 2

  • Définition de la notion
  • Exemple
  • Référence
  • Réponse à la question

PARTIE 3 éventuelle :
Thème 3 / Réponse 3

  • Définition de la notion
  • Exemple
  • Référence
  • Réponse à la question

CONCLUSION

  • Rappel des éléments confondants – Amorce
  • Rappel de la question engendrée
  • Rappel du problème
  • Rappel du plan pour le résoudre
  • Réponse à la question du sujet
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Rappel

Il ne faut pas oublier que dans un tel travail de composition, aucune partie ne saurait être annoncée par un titre, ou un numéro : seules l’annonce du plan en introduction, les indications en début et en fin de partie, ainsi que la gestion des espaces sur la copie doivent permettre de se repérer dans le développement.
Par convention, les espaces sur la copie se présentent ainsi :

  • Un alinéa au début de chaque paragraphe (introduction, parties, conclusion) ;
  • Un saut de ligne entre l'introduction et la première partie ;
  • Un saut de ligne entre la fin de la première partie et le début de la deuxième ;
  • Un saut de ligne entre la dernière partie et la conclusion.