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Ésope
Auteur

Biographie

Crédit image : Diego Velázquez, musée du Prado, 1638

Il n’existe aucune source fiable sur la vie d’Ésope. L’historien Hérodote nous livre les écrits les plus anciens sur la biographie de l’auteur. Bien plus tard, au Moyen Âge, un érudit byzantin du nom de Maxime Planude écrit une Vie d’Ésope en croisant diverses sources antiques. La légende le dépeint comme un homme très laid, longtemps esclave avant d’obtenir sa liberté et d’effectuer de nombreux voyages en Orient. La Fontaine reprendra ces éléments biographiques dans la préface à son propre recueil de fables.

L’histoire raconte qu’il amusait son maître Xanthos par ses nombreux traits d’esprits. Une fois affranchi, il aurait diverti la cour du roi de Babylone par ses énigmes, puis raconté des fables aux Delphiens, qui l’avaient condamné à mort pour avoir volé des objets sacrés.

620 av. J.-C. (env.) - 564 av. J.-C. (env.)

Status

Fabuliste

Genres

Fable

Bibliographie sélective

Fables VIe siècle av. J.-C.

Œuvre

Ésope était déjà très populaire à l’époque de l’antiquité classique. La tradition orale transmettait ses fables, connues de Socrate et de Platon. Socrate aurait même mis en vers certaines des histoires d’Ésope au cours de ses derniers jours en prison.

Ésope est considéré comme le père du genre littéraire de la fable. En réalité, Ésope n’en a probablement raconté aucune, et le genre existait déjà. Mais la popularité de ses récits oraux a permis de les transmettre, jusqu’à ce qu’un recueil de fables attribuées à Ésope voit le jour aux environs de 325 av. J.C. sous la plume de Démétrios de Phalère. Cette source primaire permettra à de nombreuses nouvelles versions de voir le jour. On se base aujourd’hui sur une collection manuscrite intitulée Augustana, datant du Ier siècle. On peut y lire environ 500 fables en prose. Le recueil n’est traduit en français qu’au XVIIe siècle par Isaac Nevelet. C’est dans cette version que La Fontaine puise son inspiration et les fables qu’il réécrira ou réinterprétera, comme « Le Corbeau et le renard », ou « Le Lièvre et la tortue ». D’autres fabulistes antiques comme Babrius et Phalère s’inspireront d’Ésope, donnant ses lettres de noblesse au genre de la fable.

Citations

« Un corbeau, ayant volé un morceau de viande, s’était perché sur un arbre. Un renard l’aperçut, et, voulant se rendre maître de la viande, se posta devant lui et loua ses proportions élégantes et sa beauté, ajoutant que nul n’était mieux fait que lui pour être le roi des oiseaux, et qu’il le serait devenu sûrement, s’il avait de la voix. »

« Le Corbeau et le Renard » Fables

« Pendant l’hiver, leur blé étant humide, les fourmis le faisaient sécher. La cigale, mourant de faim, leur demandait de la nourriture. Les fourmis lui répondirent :
“Pourquoi en été n’amassais-tu pas de quoi manger ?
- Je n’étais pas inactive, dit celle-ci, mais je chantais mélodieusement.” Les fourmis se mirent à rire.
“Eh bien, si en été tu chantais, maintenant que c’est l’hiver, danse.” »

« La Cigale et les Fourmis » Fables

« […] l'amour des honneurs trouble la raison et ferme les yeux sur l'imminence du danger. »

« Le Lion, le Renard et le Cerf » Fables

« Il en est ainsi des hommes : ceux qui abandonnent leurs propres occupations pour se mêler d'affaires qui ne les regardent pas, tombent naturellement dans le malheur. »

« Le Crabe et le Renard » Fables