Auteur
Louis-Ferdinand Céline
Biographie

Crédit photo : Agence de presse Meurice, BNF, 1932

Céline naît à Courbevoie en 1894 dans une famille de la classe moyenne. Il passe son enfance à Paris et s’engage dans l’armée dès l’âge de 18 ans. En 1914, il participe aux combats dans les Flandres. Blessé lors d’une mission, il est décoré de la croix de guerre et met fin à sa carrière militaire.

En 1916, il séjourne au Cameroun, où il est chargé de surveiller une plantation. Après la guerre, il s’installe en Bretagne, où il épouse Édith Follet et entame des études de médecine. Son pessimisme grandit, et il fustige tant le capitalisme que le communisme.

Dans les années 30, il se rapproche de l’extrême droite française et publie des écrits antisémites qui le poussent à l’exil au Danemark après la victoire des Alliés. Il est condamné pour collaboration en 1950, mais amnistié en 1951, année qui marque le retour de Céline en France. Il meurt dans sa maison de Meudon en 1961.

Bibliographie sélective

Voyage au bout de la nuit - (1932)
Mort à crédit - (1936)
Bagatelle pour un massacre - (1937)
D’un château l’autre - (1957)

Œuvre

Céline a marqué la littérature française par un style puissant et reconnaissable, à la fois très oral et très littéraire. Son roman le plus connu demeure probablement son premier, Voyage au bout de la nuit. Les aventures de Ferdinand Bardamu, figure de antihéros littéraire, sont fortement inspirées par la vie de Céline à l’armée et par ses voyages en Amérique et dans les colonies. Ce premier roman remporte un franc succès, notamment dans les milieux de gauche.

Quelques années plus tard, Céline publie Mort à crédit, qui se vend beaucoup moins bien. De nombreux éléments autobiographiques y apparaissent aussi. Plus cru et malsain que Voyage au bout de la nuit, écrit dans un style qui emprunte largement au parler populaire, le livre est vilipendé par les critiques.

Ses romans dépeignent le monde de la première moitié du vingtième siècle avec un profond pessimisme, et une misanthropie radicale.

Écrivain controversé en raison de ses prises de position antisémites, Céline demeure une figure majeure de la littérature. Il a influencé de nombreux auteurs, parmi lesquels Patrick Modiano et l’auteur de romans policiers Frédéric Dard.

Citations

« […] je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir. »
Voyage au bout de la nuit , 1932

« Nous deux, nous ne pleurions pas. Nous n’avions nulle part, nous, où prendre des larmes. »
Voyage au bout de la nuit , 1932

« Dans le noir, derrière la tante, derrière son fauteuil, y avait tout ce qui est fini, y avait mon grand-père Léopold qui n’est jamais revenu des Indes, y avait la Vierge Marie, y avait Monsieur de Bergerac, Félix Faure et Lustucru et l’imparfait du subjonctif. Voilà. »
Mort à crédit , 1936

« Encore mes rancœurs !… vous m’excuserez d’un peu de gâtisme… mais pas tellement que je vous lasse !… moi et mes trois points !… un peu de discrétion !… mon style, soi-disant original !… tous les véritables écrivains vous diront ce qu’il faut en penser !… et ce qu’en pense Brottin !… et ce qu’en pense Gertrut ! mais l’épicier ce qu’il en pense ?… voilà l’important !… voilà ce qui me fait réfléchir !… »
D’un château l’autre , 1957