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Comment la socialisation de l'enfant s'effectue-t-elle ?

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Introduction :

Si nous observons des enfants dans leur milieu d’origine, nous constatons qu’en fonction de la société dans laquelle ils évoluent, ils développent un comportement différent. Ainsi, en fonction de notre milieu d'origine, nous allons parler une certaine langue, avoir des manières différentes de manger, de rentrer en contact avec les autres hommes qui nous entourent ou encore de traiter nos proches ou les autres membres de la société.

Ce cours va nous permettre de comprendre comment l’interaction avec les autres membres de la société nous permet de nous construire en tant qu’individus sociaux, puis nous analyserons quels sont les agents qui contribuent à notre socialisation. Enfin, nous examinerons de quelle manière cette socialisation diffère en fonction du genre et du milieu social.

La socialisation : un processus qui permet la vie en société

Le milieu dans lequel l’enfant vient au monde et grandit lui transmet une série de normes et valeurs qui vont lui permettre de construire sa personnalité. De cette manière, les individus intériorisent des comportements qui sont directement liés au groupe social d’origine. Ainsi, notre manière de marcher, de nous tenir à table ou de manger nous est transmise par la société.

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Définition

Valeur :

Une valeur est un principe qu’un groupe considère comme un idéal, comme quelque chose de juste. Par exemple, le respect de la vie ou l’égalité sont des valeurs.

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Définition

Norme :

Une norme définit les comportements qu’il faut impérativement respecter ou les comportements qui sont interdits. Par exemple, céder la place aux personnes âgées dans les transports en commun ou manger avec des couverts.

Les valeurs et les normes changent en fonction des sociétés : par exemple manger avec des couverts n’est une norme que dans certaines sociétés, comme en France, tandis que dans d’autres sociétés, les repas peuvent être pris avec les doigts. Elles évoluent également au cours du temps : par exemple, les normes concernant le mode de vie ou les préférences sexuelles, ont évolué dans un sens plus libéral. Ainsi, il est aujourd’hui possible en France pour un couple du même sexe de se marier.

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Définition

Socialisation :

Le processus au travers duquel les individus intériorisent les valeurs et les normes d’une société est appelé la socialisation. La socialisation permet à un individu de s’intégrer dans la société et de créer des liens sociaux.

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Définition

Socialisation primaire :

La socialisation primaire commence dès la naissance et permet à l’enfant d’intérioriser les normes et valeurs de sa société.

Lors de la socialisation primaire, les « autrui significatifs » transmettent les normes et valeurs que l’enfant va intérioriser. Les « autrui significatifs » sont, pour l’enfant, la famille, le personnel de la crèche puis les professeurs des écoles.

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À retenir

Lors de la socialisation primaire, l’enfant intègre les normes et valeurs d’une société en devenant progressivement capable d’extrapoler : il comprend que les attentes de ses proches à son encontre correspondent aux attentes de l’ensemble du groupe à son égard.

Pour que ce processus soit efficace, il faut que l’enfant soit capable d’interpréter correctement ce qui est attendu de lui. Par exemple, si cet apprentissage passe par la sanction et la répétition de la sanction à l’encontre d’un même comportement, l’enfant doit être capable d’analyser que la réaction de ses proches est révélatrice de celle de tous les membre de la société : il transforme la situation « maman me sanctionne chaque fois que je fais cela » en « on ne doit pas faire cela ». Le « on » inclut alors tous les membres de la société.

Lors de cette socialisation sont également transmises les pratiques culturelles, comme par exemple le temps passé à regarder la télévision ou le temps dédié à la lecture.

Ainsi, S. Octobre et Y. Jauneau, sociologues, montrent dans « Tels parents, tels enfants ? Une approche de la transmission culturelle » que plus les parents lisent, plus les enfants lisent aussi : 79 % des enfants dont les deux parents lisent le font également, contre seulement 57 % des enfants dont aucun des parents ne s’adonne à la lecture.

La transmission culturelle ses première La transmission culturelle

Les modes et les instances de socialisation

Plusieurs acteurs interviennent dans la socialisation des enfants : les parents, l’école, les amis, les médias, etc. En fait, tout acteur qui entre en interaction directe ou indirecte avec l’enfant peut servir de transmetteur de valeurs et de normes. Les différents acteurs peuvent avoir des attentes différentes, qui peuvent donc entrer en contradiction, mais tous participent à la création de l’identité sociale de l’enfant et déterminent son comportement individuel.

Cependant, tous les acteurs n’ont pas la même influence sur l’enfant :

  • les parents sont la source principale de socialisation ; ils ont une légitimité particulièrement forte aux yeux de l’enfant ;
  • les amis ou groupes de pairs jouent également un rôle très important, car le non respect des règles du groupe peut exposer l’enfant à des sanctions négatives difficiles à supporter ;
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Définition

Pairs :

Les pairs sont les personnes qui occupent la même position sociale, par exemple les collègues de classe ou les enfants de même âge.

  • l’école : c’est une instance de socialisation très importante pour l’enfant. L’école permet également de légitimer et de classer les pratiques culturelles. Ainsi, sont valorisés à l’école le langage soutenu, les références culturelles légitimes, notamment en ce qui concerne la littérature ou l’art, et les connaissances scientifiques.

Cependant, au sein de l’école interviennent différents acteurs, souvent en provenance de milieux sociaux différents, et qui transmettent des valeurs différentes. Par exemple, la sociologue M. Darmon montre que dans les classes moyennes diplômées, auxquelles appartiennent les instituteurs, sont valorisés l’activité, la participation, l’abstraction et le raisonnement alors que dans les classes populaires peu diplômées, auxquelles appartiennent certains ASEM (agent spécialisé des écoles maternelles), est plutôt valorisé le respect des règles. De ce fait, dans le milieu scolaire, l’enfant est confronté à des exigences contradictoires en fonction de la personne avec laquelle il interagit.

Les médias transmettent des modèles de comportement qui peuvent comporter une certaine légitimité du fait de leur ressemblance avec le monde des adultes.

Comme nous l’avons déjà évoqué, ces différents agents de socialisation peuvent rentrer en contradiction. Notamment, la socialisation entre les pairs, qui se fait de manière horizontale, peut neutraliser les hiérarchies culturelles traditionnelles transmises par les parents et l’école de manière verticale.

En effet, l’école et la famille transmettent des valeurs qui peuvent être différentes de celles transmises par les pairs ou les médias, comme par exemple les codes vestimentaires, les codes de langage ou les sources légitimes de transmission des savoirs (internet occupe une place de plus en plus importante pour les jeunes au détriment des livres ou des savoirs transmis à l’école).

  • Ne pas se conformer aux codes de leurs pairs expose les jeunes à être exclus de leur groupe, ce qui peut les amener à refuser certains codes ou valeurs transmis par leur famille.

Selon le sociologue B. Lahire, trois grandes modalités de la socialisation peuvent être distinguées :

  • par la répétition d’activités : dans la famille, entre les pairs, à l’école, les individus se socialisent en participant à des activités récurrentes, comme par exemple participer à mettre et débarrasser la table ;
  • par l’agencement implicite des situations ou des espaces : il s’agit d’une « socialisation silencieuse » car elle est faite de manière suggestive au travers de l’agencement ou de l’organisation d’une situation. Par exemple, le fait que les toilettes ou encore les activités sportives fassent l’objet d’une ségrégation par le sexe « réaffirme de façon continue les différences sociales entre les sexes » selon B. Lahire dans Portraits sociologiques. Dispositions et variations individuelles ;
  • par inculcation de principes : il s’agit des normes culturelles diffusées par différents types d’institutions (famille, école, médias) qui montrent des personnages dans des rôles, des situations, avec des attitudes spécifiques. Les rôles représentent les comportements qu’un individu devrait respecter dans le cadre de sa position sociale ; par exemple on attend d’un élève certains comportements comme une attitude sérieuse en classe.

Des socialisations différenciées selon le genre et le milieu social

Une socialisation différenciée selon le genre

Que nous soyons fille ou garçon, nous ne sommes pas socialisés de la même manière. Les valeurs transmises et les attitudes valorisées ne sont pas les mêmes. Nous construisons donc notre identité de genre de manière différente.

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Définition

Genre :

Le genre représente l’ensemble des traits communs caractérisant un groupe. En sciences sociales, ce concept est utilisé pour caractériser les différences non biologiques entre les femmes et les hommes.

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À retenir

Selon la sociologue Ann Oakley, le genre est une identité construite par les individus : il s’agit d’attributs psychologiques et culturels issus du processus de socialisation de l’individu.

Plusieurs agents de socialisation influent sur notre genre.

  • La famille : la répartition des tâches à la maison entre le père et la mère et leurs attitudes transmettent aux enfants les attitudes que doivent suivre les filles et les garçons. Ces attitudes marquent durablement le comportement attendu en fonction du sexe de l’enfant.
  • Les jouets et la télévision : ils contribuent à imposer une image stéréotypée des tâches et comportements attendus des filles et des garçons. Ces moyens contribuent à renforcer le rôle de genre que les enfants voient dans la famille.
  • L’école : les enseignants, de manière inconsciente, transmettent également une image de ce qui est attendu des filles et des garçons, et renforcent la différence entre les sexes. Ainsi, il est plus facilement admissible pour un garçon d’intervenir de manière spontanée. Inconsciemment également, les garçons reçoivent plus d’attention de la part des maîtres et professeurs, ils sont plus souvent interrogés et plus souvent gratifiés d’encouragement, ou reçoivent plus souvent des critiques. De plus, les enseignants imaginent que les garçons ont plus de capacités que ce que montrent leurs performances effectives. S’ils réussissent, leur succès sera attribuée à leurs capacités, à la différence des filles dont la réussite sera d’abord attribuée au travail et non à leurs capacités, et dont on considère généralement que les capacités ne leur permettent pas d’aller au-delà de leurs performances.

Les agents de socialisation influant sur le genre ses première Les agents de socialisation influant sur le genre

Une socialisation différenciée selon le milieu social

En fonction du milieu social dans lequel évolue l’enfant, il recevra des valeurs et des normes différentes. Cela le conduira à adopter certains comportements différents de ceux des enfants d’autres milieux. Un regard plus attentif à deux milieux de socialisation permet de mieux identifier l’influence sociale dans la socialisation des enfants.

  • La haute bourgeoisie et l’aristocratie : dans ce milieu certains parents organisent des rallyes qui sont des réunions d’enfant âgés entre 10-13 ans et 20 ans. Ces réunions procurent en théorie des loisirs aux enfants, mais en ne fréquentant que des personnes du même milieu, les enfants intériorisent des valeurs et des normes particulières ainsi que les rôles attendus dans ce milieu. Ces réunions permettent aux jeunes d’enrichir leurs connaissances et leur culture générale, éléments qui seront valorisés dans le milieu scolaire.
  • Les milieux défavorisés : dans son ouvrage Un capital social handicapant : les antagonismes d’une socialisation en cité et d’une insertion professionnelle et scolaire, M. Epstein analyse les effets sur la socialisation des jeunes de deux valeurs, transmises principalement par les pairs : la « déconne » et l’honneur. Ainsi, la « déconne » est le fait de ne pas se prendre au sérieux, de s’amuser. Quant à l’honneur, il se transmet au travers de certaines normes comme par exemple ne pas accepter d’être insulté, méprisé, même si cela peut conduire à la violence. Ces valeurs peuvent entrer en contradiction avec l’attitude attendue à l’école. La « déconne » peut s’opposer à l’importance des résultats, du progrès. L’école valorise le raisonnement et les mots, alors que l’honneur valorise l’action physique et les gestes.

Conclusion :

L’enfant devient un être social grâce à l’interaction avec les autres membres de la société. La famille, l’école, les groupes de pairs, ainsi que d’autres agents, vont transmettre à l’individu les normes et valeurs de la société dans laquelle il va évoluer. Cela va lui permettre de construire son identité, notamment de genre. Ces différents agents peuvent transmettre des valeurs et des normes différentes et l’individu, en hiérarchisant ces sources, construira ainsi sa personnalité.