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D’un monde bipolaire à un monde multipolaire : un regard historique

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Ce cours est en cours de création par nos équipes et il sera prêt pour la rentrée 2019 💪

Introduction :

Alors que la Seconde Guerre mondiale s’achève, le monde espère enfin un retour de la paix.
Toutefois, l’après-guerre marque le début d’une période caractérisée par des tensions idéologiques entre les deux grandes puissances qui sont sorties vainqueurs de la guerre, à savoir les États-Unis et l’URSS.

Afin d’analyser les dynamiques des puissances internationales de 1945 à nos jours, nous aborderons dans un premier temps l’ordre mondial bipolaire instauré par la guerre froide, puis nous verrons comment les États-Unis s’imposent comme hyperpuissance après la chute de l’URSS.

La Guerre froide : l’affrontement de deux superpuissances

Une rivalité à distance

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS sont deux superpuissances.

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Définition

Superpuissance :

État qui surpasse en importance les autres puissances mondiales.

En 1945, les États-Unis se lancent dans une politique d'intervention.
Ils participent très activement à la mise en place de l’ONU, dont le siège est à New York, en reprenant le principe de la Société des Nations.
D’autre part, le plan Marshall permet, entre 1948 et 1952, de financer la reconstruction de l’Europe.

La division de l’Allemagne en zones d’occupation tend les relations entre les États-Unis et l’URSS.

En 1947, la doctrine Truman puis la doctrine Jdanov créent entre ces deux superpuissances une opposition idéologique et géopolitique.

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Définition

Doctrine Truman :

Mise en place par le président Harry Truman, cette doctrine axe la politique extérieure des États-Unis sur l’endiguement de la progression des idées communistes.
Elle prévoit notamment d’aider les pays qui le souhaitent à lutter contre l’expansion soviétique, désignant donc l’URSS comme un agresseur de ce que Truman appelle « le monde libre ».

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Définition

Doctrine Jdanov :

Mise en place par le secrétaire de l’Union soviétique Andrï Jdanov, cette doctrine répond à la doctrine Truman en actant le fait que le monde est ainsi divisé en deux camps, celui de l’URSS désigné comme démocratique et anti-impérialiste, et celui des États-Unis désigné comme anti-démocratique et impérialiste.
La politique de l’URSS s’appuie sur les partis communistes européens, ainsi que sur des mouvements ouvriers et mouvements d’émancipation dans les pays colonisés.

Cette opposition entre les États-Unis et l’URSS ouvre une période de tension et d’hostilité qualifiée « guerre froide ».

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À retenir

L’ordre international devient ainsi bipolaire à partir de 1947.

En 1945, la conférence de Yalta puis la conférence de Postdam entérinent le principe d’élections libres dans les pays libérés.
Toutefois, des gouvernements communistes sont mis en place de manière autoritaire en Tchécoslovaquie en 1948 et dans d’autres États occupés par l’armée soviétique.

En 1948-1949 a lieu la première crise de Berlin avec un blocus soviétique finalement vaincu par un pont aérien allié.

À partir de 1950, la guerre froide s’étend dans le monde.

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  • La guerre de Corée (1950-1953) oppose indirectement les États-Unis et l’URSS dans le soutien qu’ils apportent respectivement à la Corée du Sud et à la Corée du Nord.
    Ce conflit majeur provoque une course aux armements : l’URSS détient à son tour l’arme nucléaire et accroît ainsi sa puissance.

  • La deuxième crise de Berlin donne naissance au mur de Berlin (13 août 1961) et cristallise le conflit entre l’Est et l’Ouest en Europe.

  • En ce qui concerne la décolonisation, les États-Unis et l’URSS y sont tous deux favorables mais ils ne soutiennent pas les mêmes gouvernements.
    En 1962, la crise de Cuba est proche de les voir s’opposer directement.

Commence alors une phase de détente ambigüe qui voit le ralentissement de la course aux armements, la course à l’espace, la guerre du Vietnam (1963-1975) et un contrôle plus strict des pays du bloc de l’Est par l’URSS.
Les contestations et dissidences se multiplient à l’Ouest comme à l’Est.

La chute de l’URSS

En 1985 arrive au pouvoir en URSS Mikhaïl Gorbatchev.

Il met en œuvre une politique de transparence (Glasnost) et de reconstruction (Perestroïka).

Par ailleurs, l’URSS est confrontée à une série d’événements qui la fragilisent : la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (1986), le retrait de l’Afghanistan (1988), la chute du mur de Berlin et des régimes communistes d’Europe de l’Est (1989) et la réunification de l’Allemagne (1990).

Le 25 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev démissionne, ce qui met fin à l’URSS.
Le rôle international de cette dernière est repris par la Russie.

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À retenir

Avec la disparition de l'URSS, les États-Unis n’ont plus de concurrent à leur taille à la tête du l’ordre mondial.

Depuis 1991 : les États-Unis, hyperpuissance mondiale

L’hégémonie des États-Unis

Les États-Unis deviennent alors une hyperpuissance peu contestée dans ce nouvel ordre mondial au sein duquel ils entendent jouer le rôle de leader, voire de « gendarme du monde » selon les propos du président George Bush.

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Définition

Hyperpuissance :

Nation dont l'influence mondiale ne peut être contestée dans la plupart des domaines considérés (économique, technologique, financier, militaire, géopolitique, diplomatique, culturel, médiatique).

Les États-Unis sont également le pays le plus influent dans la mondialisation, que ce soit économiquement ou socialement.

Cette gouvernance mondiale affirmée s’illustre lors de la guerre du Golfe (1990-1991) lorsque le gouvernement américain regroupe une vaste coalition d'États avec l’accord de l’ONU pour combattre l'Irak qui vient d'envahir le Koweït.
Cette politique d’interventions se poursuit pendant les années 1990, en Somalie (1993), en Haïti (1994), en Bosnie (1995) puis au Kosovo (1999).

Par ailleurs, la diplomatie américaine est très active, obtenant la signature d’accords entre Palestiniens et Israéliens en 1993 (les accords d’Oslo) et entre Serbes, Croates et Bosniaques en 1995 (les accords de Dayton).

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À retenir

Dans les années 1990, les États-Unis influencent le monde, tant par la diffusion de leur culture et leur hégémonie économique, que par leur politique extérieure interventionniste.

Les années 2000 remettent en cause la toute puissance américaine.
Les attentats du 11 septembre amènent une « guerre contre le terrorisme » avec un volet antiterroriste et des guerres préventives, dont celle en Irak (de 2003 à 2011) menée sans l’accord de l’ONU.

L’élection de Barack Obama amène progressivement à un désengagement militaire américain et à une gouvernance mondiale plus partagée, malgré la poursuite de bombardements dans certains pays (exemple : le Pakistan depuis 2006).

La transition vers un monde multipolaire ?

Sur le plan économique, la montée en puissance des BRICS et, en particulier de la Chine, est une réalité actuelle.

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Définition

BRICS :

Ensemble de pays constitué du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud.

La Chine, pays le plus peuplé du monde (1,4 milliard d’habitants), déjà deuxième puissance économique mondiale, est présente dans toutes les organisations internationales.
Si sa croissance était de 6 % en 2018, son PIB est encore largement inférieur à celui des États-Unis (14 217 milliards de dollars contre 21 345).
Par ailleurs, si le pays présente plusieurs des caractéristiques d’une superpuissance, il souffre aussi de faiblesses : les inégalités entre les régions littorales et les villes d’un côté et les campagnes de l’autre lui font courir des risques d’explosion sociale et le nombre important d’agriculteurs oblige à classer la Chine parmi les pays en voie de développement.
Enfin, le pays demeure dépendant de l’étranger pour sa technologie comme pour ses exportations et les approvisionnements en énergie et les conséquences de la croissance sur l’environnement ne sont pas encore maîtrisés.

L’Union européenne demeure également une puissance économique considérable.
Avec ses 511 millions d’habitants en 2017, elle est la première exportatrice de biens et de services, devant les États-Unis et la Chine. De plus, l’euro est la deuxième monnaie mondiale.
Toutefois, l’Union européenne joue un rôle négligeable sur la scène internationale. Il n’existe d’ailleurs pas de politique étrangère européenne.

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À retenir

Aussi, si les années 2000 sont une période de remise en cause de la toute puissance américaine, ce déclin reste encore à relativiser eu égard notamment aux puissances capables de remettre en question la place des États-Unis en tant que première puissance mondiale.

Conclusion :

L’ordre mondial a été chamboulé par les deux conflits majeurs de la première moitié du XXe siècle. Le traumatisme de cette période amène les vainqueurs de la guerre à prendre de nouvelles dispositions pour préserver la paix.
Néanmoins, la deuxième moitié du XXe siècle se caractérise par les tensions entre les deux nouvelles superpuissances qui dominent le monde : les États-Unis et l’URSS. L’affrontement reste toutefois indirect, les deux pays agissant surtout par des jeux d’alliances et d’influences et par le renforcement de leur puissance, notamment sur le plan technologique, économique, ou encore diplomatique.

La chute de l’URSS change de nouveau la donne mondiale en confortant les États-Unis dans leur position d’hyperpuissance.

Cependant, le début du XXIe siècle voit l’émergence de nouvelles puissances la scène internationale. Bien que l’hégémonie des États-Unis soit toujours d’actualité, ces nouvelles dynamiques posent la question d’une transition vers un nouvel ordre mondial, qui serait alors multipolaire.