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D’un monde clos à l’univers infini

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Le principe de la révolution scientifique

  • On attribue l’origine de la révolution scientifique à Copernic (Kant, au XVIIIe siècle, parle de « révolution copernicienne ») grâce à sa théorie de l’héliocentrisme.
  • Cette révolution est initialement méthodologique et non idéologique.
  • Pour Kant, cette révolution (au sens de nouvelle manière d’envisager les choses) doit constituer un modèle pour la philosophie (Critique de la raison pure).
  • Il faut, en philosophie comme en science, adopter une démarche qui ne se plie pas à ce que les phénomènes naturels semblent nous imposer ou nous dire, mais, au contraire, aborder les phénomènes en ayant préalablement connaissance des outils et des facultés que nous utilisons pour y accéder.
  • En science, il s’agit notamment du calcul mathématique.
  • En philosophie, il s’agit de la raison.
  • En cherchant à connaître les choses à partir de nous-même, de nos propres règles de connaissance, en ayant conscience du fonctionnement de la raison comme de celui de nos outils d’observation, nous parvenons à trouver dans le réel une logique :

« Celle-ci [la raison] doit se présenter à la nature tenant d’une main ses principes, qui seuls peuvent donner à des phénomènes concordants l’autorité de lois, et de l’autre les expériences qu’elle a instituées d’après ces mêmes principes. »

Kant

Les changements de paradigme et leur danger mortel

  • Ces révolutions sont des changements de paradigme (modèle de pensée, cadre théorique de référence).
  • Thomas Kuhn a étudié la notion de paradigme et de changement paradigmatique dans son livre La Structure des révolutions scientifiques.
  • Un paradigme définit les normes dans lesquelles un fait peut être étudié, la « science normale » pour un objet d’étude donné. Il n’est pas universel : il est retenu pour son efficacité par rapport à un autre.
  • L’histoire des sciences n’est pas une évolution cumulative mais un ensemble de révolutions, de ruptures et de corrections.
  • Mais la science s’est souvent heurtée aux idéologies dominantes, politiques et religieuses de l’époque (Galilée sera contraint de renier ses théories pour ne pas mourir sur le bûcher).
  • Dans la théorie de l’héliocentrisme, la Terre et l’Homme n’occupent plus une place centrale dans l’ordre des choses, idée qui entrait en contradiction avec les dogmes chrétiens qui dominaient encore la vie intellectuelle et scientifique.

Quels infinis ?

  • Dans le modèle géocentrique comme dans le modèle héliocentrique, une même question se pose : l’univers est-il fini et clos ou infini et ouvert ?
  • Toute chose finie implique nécessairement une limite qui vient le borner, et vient donc relancer la question : qu’y a-t-il au-delà de cette limite ?
  • Le fini et l’infini sont des notions permettant de comprendre la différence entre, respectivement, Dieu (infini) et l’Homme (fini), ou entre l’esprit métaphysique (infini) et la matière physique (finie).
  • Dans les Pensées, Pascal réfléchit sur l’idée de deux infinis :
  • l’infiniment grand,
  • et l’infiniment petit.
  • Ces deux infinis se confrontent au sentiment philosophique de finitude que nous éprouvons.
  • D’un côté, l’infini vers la grandeur me dépasse complètement et me fait perdre l’idée même qu’il y ait un centre physique dans l’univers.
  • Mais, d’un autre côté, l’infini vers le plus petit me montre qu’il y a, même pour l’insecte le plus microscopique, une multitude de mondes qui nous échappent et vivent pourtant sous nos pieds.
  • L’homme conscient et savant sait qu’il vit entre deux univers, deux abîmes infinis, face auxquelles notre finitude nous donne le sentiment du néant.