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L’Union européenne : entre inégalités territoriales et concurrence mondiale

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Une politique de cohésion pour renforcer la place de l’UE

  • Le continent européen, et par conséquent l’Union européenne, dispose de nombreux atouts. Il est cependant fragilisé par les inégalités entre les différents pays membres. La politique de cohésion tente de réguler ces inégalités et de valoriser les atouts européens.
  • Les atouts de l’UE sont à la fois naturels et économiques.
  • Le milieu européen est globalement tempéré et les risques climatiques sont rares. De ce fait, l’occupation humaine est naturellement favorisée.
  • Les reliefs peu contraignants et le réseau hydrographique dense favorisent les installations humaines et les échanges, sur le plan agricole entre autres. De même, l’Europe a des ouvertures sur d’autres continents par ses façades maritimes : la mer Méditerranée et l’Atlantique qui permettent des échanges privilégiés avec l’Afrique et l’Amérique.
  • Berceau de l’âge industriel au XIXe siècle, L’UE fait partie de la Triade et possède un Indicateur de développement humain (IDH) élevé. C’est un marché de 447 millions de consommateurs.
  • Ces atouts n’empêchent pas diverses inégalités territoriales de s’installer sur le territoire européen, que ce soit entre pays, régions ou villes.
  • Le PIB par habitant est plus faible dans les PECO (pays d’Europe centrale et orientale) et dans certains pays du Sud de l’UE (Grèce, Portugal).
  • Les IDH introduisent un classement entre les pays membres : Norvège en tête et Roumanie en dernière position.
  • L’Allemagne est symptomatique des inégalités qui peuvent subsister à l’échelle régionale d’un pays.
  • Ces inégalités sont le résultat de la guerre froide, lorsque le pays a été divisé en deux parties dès 1948 avec d’un côté l’Allemagne de l’Ouest (RFA) sous la gouvernance des pays occidentaux et de l’autre côté l’Allemagne de l’Est (RDA) sous la tutelle de l’URSS.
  • Entre la RFA et la RDA, s’opère un développement radicalement différent pendant 50 ans : l’Est est imprégné de l’idéologie communiste tandis que l’Ouest est mené par une politique capitaliste.
  • Lors de la réunification, l’ancienne RDA accuse un gros retard de développement. Malgré un plan de rattrapage de 900 milliards d’euros, ces anciennes régions de l’Est connaissent toujours des difficultés aujourd’hui. Le taux de chômage y est supérieur à 8 % contrairement aux 3,1 % de la moyenne nationale.
  • Enfin, à l’échelle urbaine, des quartiers sont connus pour être défavorisés par rapport à d’autres au sein d’une même ville.
  • Ces dernières années, les institutions de l’Union européenne ont mené une politique de cohésion pour valoriser les atouts et lutter contre les inégalités.
  • 352 milliards d’euros ont été concédés par l’UE à ces régions défavorisées entre 2014 et 2020 pour la construction d’infrastructures, la recherche, l’emploi, l’environnement et la formation des travailleurs.
  • Le but recherché par l’UE est la croissance économique de l’ensemble des régions pour garder une place stratégique dans la concurrence mondiale. Cette politique de cohésion représente aujourd’hui le 2e budget de l’UE, juste après la PAC.

Agir sur les territoires : la politique agricole commune (PAC)

  • La politique agricole commune (PAC) est souvent critiquée aujourd’hui par les agriculteurs français. Elle reste malgré tout un modèle d’intervention qui a maintenu une agriculture européenne compétitive.
  • La PAC date de 1962 et a été conçue comme une politique protectionniste dont l’objectif était de moderniser l’agriculture et l’autosuffisance du marché européen. L’agriculture productiviste s’est donc développée au sein de l’UE mais a entraîné une surproduction au sein de l’agriculture européenne.
  • Après plusieurs tournants dans les décisions de 1980 à 2010, une nouvelle PAC a été pensée pour durer de 2014 à 2020 avec de nouveaux critères à respecter dont l’environnement et le bien-être des animaux.
  • L’agriculture de l’UE a été obligée de s’ouvrir aux exportations des pays non-membres pour répondre aux exigences de l’OMC.
  • De plus, l’agriculture est insérée dans un plan global de développement rural, avec par exemple la prise en compte du « tourisme à la ferme ».
  • Pourtant, certains États membres estiment que le budget de la PAC pourrait être dépensé dans d’autres domaines.
  • Les grands pays agricoles exportateurs mondiaux, quant à eux, estiment que l’UE aide trop ses agriculteurs, ce qui va à l’encontre des règles de l’OMC.
  • La PAC est donc une politique de cohésion ciblée sur une activité productive.
  • Les réformes successives de la PAC ont par exemple accéléré la diminution du nombre d’exploitations et d’agriculteurs.
  • En 1960, les agriculteurs représentaient 20 % des actifs dans les six pays membres.
  • Ils représentent aujourd’hui 3,9 % en moyenne avec une baisse continue depuis 20 ans.
  • Des différences subsistent entre des pays comme la Roumanie (20 % des actifs) ou la Grèce (11,5 % des actifs) et la Belgique (1,1 % des actifs).
  • Dans le même temps, la taille des exploitations agricoles restantes a augmenté avec des disparités entre les pays membres, à savoir des exploitations souvent plus petites en Europe centrale et dans les pays du Sud qu’en Europe de l’Ouest.
  • Le modèle plébiscité par l’UE est bien celui des grandes exploitations, et parallèlement les rendements ont considérablement augmenté en raison de la garantie de prix élevés.
  • Face à ce productivisme qui transforme les territoires agricoles en de grandes exploitations, les moyennes et petites exploitations se sont tournées vers l’agriculture biologique (6,2 % de la surface agricole totale de l’UE).
  • Les autres solutions de rentabilité pour ces exploitations sont les circuits courts comme les AMAP en France c’est-à-dire l’intégration de filières synonymes de qualité.
  • L’agriculture urbaine se développe : à terme cette agriculture pourrait faire partie de la PAC.
  • Les résultats de la PAC depuis 1962 sur les paysages et les territoires cultivés est une agriculture européenne de plus en plus duale entre grandes exploitations productivistes et exploitations moyennes.