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La mise en place du système socialiste soviétique en URSS de Lénine à Staline

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L’URSS : la naissance de la Russie soviétique

  • Novembre 1917 : Lénine prend le pouvoir et annonce les objectifs de sa politique communiste : paix avec l’Allemagne, suppression de la propriété individuelle et mise en place de la dictature du prolétariat.
  • Cette politique radicale mécontente les bourgeois et propriétaires agricoles (les Russes blancs) qui se voient dépourvus de tout bien. Ils s’organisent alors pour lutter contre le gouvernement bolchévique de Lénine (la Russie rouge).
  • La guerre civile s’installe en Russie dès 1917 et se poursuit entre blancs et rouges jusqu’en 1920.
  • À la tête de l’armée rouge, Léon Trotski repousse les Russes blancs qui trouvent refuge dans les pays occidentaux.
  • Débarrassé de toute opposition politique, Lénine décide de réformer la Russie en profondeur. Le pays est en retard sur les autres puissances et son économie est au bord de l’effondrement (marché noir dans tous les secteurs et sur l’ensemble du territoire).
  • L’une des premières mesures de Lénine est la nationalisation des terres. Leur réquisition forcée permet à Lénine de contenter les paysans qui réclamaient une réforme agraire en profondeur.
  • Mars 1921 : Lénine met fin à la politique dite du communisme de guerre (en vigueur depuis la Révolution d’octobre pour combattre les Russes blancs) et lance la NEP. Elle consiste à assouplir les mesures restrictives de la liberté d’entreprise (pour faciliter la création de petites entreprises), et d’encourager l’essor des koulaks.
  • La NEP entraîne le développement du secteur agricole et la relance de l’économie russe.
  • En interne, ces mesures sont critiquées car considérées comme un retour au socialisme d’État et comme une trahison de l’idée communiste. Trotski regrette que la priorité ne soit pas de développer l’industrialisation de la Russie.
  • 30 décembre 1922 : la Russie bolchévique devient l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques). L’objectif : revendiquer l’aspect communiste du gouvernement russe aux yeux du monde. La capitale est déplacée de Saint-Pétersbourg à Moscou.
  • Le pays est gouverné par le Politburo.
  • Au cours des années 1920, les mesures radicales des bolchéviques permettent de moderniser la société soviétique : des millions d’hôpitaux et d’écoles sont ouverts pour favoriser les politiques de santé au niveau national et combattre l’analphabétisme.
  • La culture communiste permet une émancipation des femmes, car elle souhaite rompre avec les valeurs traditionnelles et favoriser l’essor du prolétariat. Les figures de l’ouvrière et de la paysanne sont glorifiées.
  • La religion est abolie par les bolchéviques (l’opium du peuple).
  • Pour s’opposer aux valeurs traditionnelles, les soviétiques favorisent l’expérimentation artistique et l’émergence de nouveaux courants artistiques (constructivisme).
  • Après une longue maladie, Lénine meurt en 1924, sans avoir pris soin d’assurer sa succession.
  • À l’intérieur du Politburo, plusieurs clans s’affrontent pour prendre la direction de l’Union Soviétique. Trotski souhaite internationaliser la lutte, et Staline souhaite au contraire créer un État communiste modèle en Russie pour que celui-ci serve de référence pour les révolutionnaires communistes de l’étranger.
  • Staline parvient à éliminer ses rivaux et à se débarrasser de Trotski, qu’il fait exiler. Alors qu’il conquiert progressivement le pouvoir en interne, il poursuit la politique proposée par Lénine qui permet à la Russie de se moderniser.

Les composantes du totalitarisme stalinien

  • Afin de moderniser l’URSS le plus rapidement possible, Staline impose une politique de planification de l’économie (plans quinquennaux).
  • Cette modernisation forcée passe par la suppression de la NEP et par une brutale campagne de collectivisation des terres agricoles, pour mettre en place l’économie communiste.
  • Cette collectivisation passe par la dékoulakisation : les koulaks, favorisés sous Lénine, perdent leurs terres au profit des kolkhozes.
  • La collectivisation forcée entraine de piètres résultats agricoles et une famine considérable en Ukraine (Holomodor : famine entre 1932 et 1933 qui a tué entre 2,5 et 6 millions de paysans).
  • Staline s’efforce de doter l’immense URSS d’infrastructures modernes (barrages, canaux, etc.), essentielles pour développer l’intérieur de l’URSS.
  • Il prévoit une modernisation rapide du secteur industriel, sur l’industrie lourde, notamment d’armement.
  • Les résultats sont spectaculaires et un second plan quinquennal est reconduit pour 1933-1938, permettant à l’URSS une autosuffisance économique totale.
  • Les résultats à atteindre sont parfois irréalistes. Lorsqu’ils ne sont pas atteints, on cherche des coupables et des traitres, accusés de saboter la production.
  • Staline gouverne l’URSS en exerçant la terreur. Les supposés traitres sont jugés de manière expéditive, condamnés à mort ou à la déportation dans les goulags. Ces derniers accueillent des opposants politiques, des koulaks récalcitrants aux collectivisations, ou des citoyens dénoncés sur des motifs politiques.
  • À partir de l’été 1936, décidé à se débarrasser de tous les rivaux potentiels et souhaitant façonner une société de citoyens obéissants à la peur, Staline organise les procès de Moscou. Les accusés sont arrêtés par le NKVD sans même connaitre le motif de leur inculpation.
  • Ces purges staliniennes deviennent systématiques et répondent à des quotas. Sur un million et demi de personnes arrêtées, la moitié a été exécutée et l’autre moitié a été déportée au goulag.
  • Cette politique permet à Staline de régner par la terreur et sans partage dans un pays où la peur et les comportements paranoïaques sont omniprésents.
  • La politique de terreur de Staline, le Petit Père des peuples, lui permet d’imposer un culte de la personnalité. Il est l’objet d’éloges publiques en URSS et son entourage n’ose pas le critiquer, de peur d’être condamné à mort.
  • Staline se sert de cette image de modernisateur incontesté pour rayonner à l’international. L’URSS est devenue sous son gouvernement un pays industriel et moderne.
  • Il se sert de la Troisième Internationale ouvrière (Kominterm) comme d’un relai pour glorifier les progrès de l’URSS à l’étranger. Il utilise les partis communistes, qui prennent leurs ordres de Moscou et tentent d’influencer les politiques nationales de leurs pays vers l’URSS.
  • Lorsqu’éclate la guerre d’Espagne en 1936, Staline se sert du Parti communiste espagnol comme d’un relai extérieur de sa politique. Il alimente le camp des Républicains en armes soviétiques.
  • Souhaitant faire de ce conflit une guerre de procuration entre fascistes et communistes, il envoie même des combattants aux côtés des communistes espagnols. Ceux-ci essayent dès lors de marginaliser les autres groupes de combattants républicains au profit exclusif des communistes, contribuant à la défaite du camp républicain.
  • En 1939, constatant les dangers croissants de la politique belliqueuse de Hitler et ne se sentant pas prêt à l’affronter, Staline signe contre toute attente avec l’Allemagne nazie un pacte de non-agression et de division de la Pologne : le pacte Molotov-Ribbentrop.