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Les enjeux géopolitiques de la conquête spatiale

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Les enjeux géopolitiques de la course à l’espace

La course à l’espace : un enjeu symbolique majeur de la guerre froide

  • Le 4 octobre 1957, l’URSS réalise un exploit technologique et scientifique : la mise en orbite du Spoutnik, premier satellite artificiel de l’histoire.
  • Les dirigeants communistes font de leur programme spatial la clé de voûte de la propagande soviétique, donnant du même coup l’impulsion à la course à l’espace qui opposa l’URSS aux États-Unis pendant une grande partie de la guerre froide.
  • L’année suivant la mise en orbite du Spoutnik, les États-Unis créent la NASA (National Aeronautics and Space Administration), l’agence spatiale américaine.
  • L’URSS est encore avance dans le domaine spatial, et le prouve le 12 avril 1961 avec Youri Gagarine qui est le premier homme à faire le tour de la Terre à bord d'une capsule placée en orbite.
  • Aux yeux du monde, l’URSS affirme sa suprématie dans le domaine scientifique, tandis que les États Unis paraissent un temps déclassés.
  • Pour la première fois, les États-Unis ont le sentiment d’un déclin. Le président Kennedy (1961-1963) décide alors de lancer le programme Apollo, dont la conquête de la Lune serait le point d’orgue.
  • Huit ans plus tard, le 21 juillet 1969, l’astronaute Neil Armstrong réalise le premier pas de l’homme sur la Lune. Les États-Unis s’affirment progressivement comme la première puissance spatiale au monde devant l’URSS, même si cette dernière conserve un fort potentiel scientifique.
  • La course à l’espace est la vitrine de la puissance politique et idéologique des nations en jeu, leur permettant de justifier aux yeux du monde la position dominante de chaque modèle politique et social (surtout pendant la guerre froide) mais c’est aussi plus simplement la vitrine de la puissance économique et matérielle d’un État.

De l’exploration à l’exploitation des ressources de l’espace

  • L’espace regorge de matières précieuses, principalement de minerais et de terres rares mais aussi de fabuleuses ressources énergétiques.
  • Les acteurs engagés aujourd’hui dans l’exploration spatiale voient dans l’espace une nouvelle frontière à conquérir, un nouveau front pionnier riche en ressources.
  • Sur Mars, par exemple, on trouve du cuivre, du nickel, du platine et du fer. La Lune présente d’importants gisements de matières énergétiques comme l’hélium 3.
  • Le traité de l’espace, adopté en 1967 régit les activités des États en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes.
  • Dans les faits, le traité de l’espace interdit à un État de s’arroger le contrôle ou la propriété d’un corps céleste, et donc implicitement des ressources qu’il recèle. Concrètement cependant, les principes qu’il énonce n’ont pas toujours été respectés par les principales puissances signataires, qui profitent ainsi d’un certain flou juridique.
  • Aux État-Unis la loi « Space Act » ouvre donc la voie à l’appropriation des ressources spatiales par des acteurs privés ou étatiques du domaine spatial. De facto, elle ouvre alors également la voie à la colonisation (occupation et peuplement) de l’espace.
  • Il existe de nombreux projets de colonisation de l’espace. La NASA, les agences spatiales russe, chinoise, européenne et japonaise ambitionnent de renvoyer un homme sur la Lune. Seule la Chine envisage d’installer une base habitée permanente sur notre satellite dans un avenir proche.
  • Les projets plus avancés à ce jour liés à la colonisation de la planète Mars sont ceux d’Elon Musk, PDG de Tesla. Ce dernier a pour objectif d’envoyer un homme sur Mars au cours de la décennie 2020 et d’y établir une colonie humaine d’ici la fin du siècle. Plus prudente, la NASA se fixe comme objectif d’envoyer une mission d’exploration humaine sur la planète rouge en 2033.

Vers une nouvelle ère spatiale entre coopérations et rivalités

Les nouveaux acteurs dans la conquête spatiale

  • Avec la fin de la guerre froide en 1991, de nouveaux acteurs étatiques et privés de la conquête spatiale sont apparus dont l’intérêt est attisé par la possibilité d’exploiter des ressources minérales et énergétiques considérables.
  • La Chine revendique désormais le statut de seconde puissance spatiale derrière les États-Unis.
  • L’Inde est parvenue à construire un programme spatial ambitieux en partant de zéro en 1972.
  • Alors que l’agence spatiale émiratie n’a été créée qu’en 2014, les Émirats arabes unis ont envoyé un astronaute, Hazza Al Mansouri, dans l’espace en 2019 et ambitionnent de placer une sonde en orbite autour de Mars en 2021.
  • Une grande partie des acteurs étatiques sont des puissances émergentes qui désirent affirmer leur puissance.
  • De nombreux États investissent dans le domaine spatial afin de ne plus dépendre des États-Unis, en particulier en ce qui concerne les satellites de télécommunications et de géolocalisation.
  • La majeure partie des États du monde dépend aujourd’hui dans ce domaine du GPS américain, ce qui assure pour le moment aux États-Unis un avantage technologique et militaire décisif.
  • C’est une volonté d’indépendance qui a incité les Russes, les Européens et les Chinois à créer leurs propres alternatives au GPS, avec respectivement GLONASS, Galileo et Beidou.
  • De plus en plus d’acteurs privés rattachés à des firmes transnationales (FTN) émergent dans le domaine spatial, notamment aux États-Unis où leur essor est fortement encouragé et subventionné par l’État via la NASA.
  • SpaceX (dont le PDG est Elon Musk), ambitionne d’être le premier à créer une base habitée permanente sur Mars.
  • Jeff Bezos, PDG d’Amazon, envisage de permettre à la NASA d’envoyer à nouveau des astronautes sur la Lune d’ici 2024 grâce à un projet d’alunisseur développé par sa société spatiale Blue Origin.
  • Boeing développe avec la NASA la capsule spatiale Starliner, destinée à convoyer des astronautes à bord de la station spatiale internationale (ISS) dès 2020.
  • One Space, une société privée chinoise, procède à des tirs de fusées et espère envoyer des touristes dans l’espace à partir de 2025.

La station spatiale internationale : un exemple de coopération pour développer la recherche

  • La station spatiale internationale (ISS) est le plus grand objet artificiel en orbite terrestre, elle mesure 110 mètres de long pour 74 mètres de large et 30 mètres de haut, et avoisine un poids de 400 tonnes.
  • À l’origine, ce projet de station spatiale occupée en permanence par un équipage international est initié par la NASA en partenariat avec l’Europe, le Japon et le Canada et a alors pour objectif de promouvoir la coopération scientifique dans le domaine spatial.
  • En 1993, lorsque la Russie est officiellement invitée à devenir un membre majeur du projet, l’ISS devient alors un symbole d’espoir et de paix dans le contexte de fin de la guerre froide.
  • La construction et l’assemblage dans l’espace des différents modules constituant l’ISS ont lieu entre 1998 et 2011.
  • Concrètement, des équipages de 6 astronautes de différentes nationalités occupent continuellement la station spatiale avec pour mission d’effectuer une série d’expériences en physique, physiologie, science des matériaux et étude de l’espace.
  • L’enthousiasme du grand public et du monde scientifique est aujourd’hui retombé, notamment du fait de son coût, jugé disproportionné par rapport aux résultats obtenus et des inimitiés croissantes entre les États-Unis et la Russie, qui en sont les principaux bailleurs de fonds ; et l’ISS ne devrait pas avoir de remplaçante.
  • La Chine, en revanche, commence à assembler une nouvelle station spatiale, baptisée Tiangong 3 (« palais céleste »), dont la mise en orbite débutera en 2020.