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Les espaces exposés aux risques majeurs

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Introduction :

En avril 2015, un terrible séisme d’une magnitude de 7,8 a frappé le Népal, provoquant la mort de 7 000 personnes et de terribles dégâts matériels. En 2010, c’est au Chili qu’un séisme de 7,8 a eu lieu, provoquant la destruction de plusieurs immeubles et la mort de centaines de personnes. En 2011, un séisme frappe au large du Japon, provoquant à son tour un tsunami dévastateur. Encore une fois, des milliers de morts sont à déplorer.

La liste des catastrophes naturelles qui ponctuent notre monde est longue, et il n’est pas question ici d’en faire le catalogue. Mais il s’agit de rappeler que nos sociétés sont soumises à de nombreux risques, qu’ils soient technologiques ou naturels.

Tous les pays ne sont pas égaux face aux risques : non seulement certaines parties du globe sont plus vulnérables que d’autres, mais les degrés de développement conditionnent l’adaptation des pays aux catastrophes.

Dans ce cours, nous allons présenter les espaces exposés aux risques majeurs et les solutions et adaptations qu’ils proposent. Pour cela, nous étudierons dans une première partie l’exemple du Japon, un pays qui est soumis régulièrement aux séismes. Dans une deuxième partie, nous tenterons de comprendre l’origine de ces catastrophes à l’échelle de la planète. Nous terminerons par une analyse des alternatives durables qui permettent d’anticiper et de s’adapter aux conséquences.

Géographie des catastrophes naturelles

L’exemple du Japon : le 11 mars 2011

Le 11 mars 2011, au large des côtes de l’île de Honshu, à 300 km de Tokyo, un séisme d’une magnitude très importante a eu lieu. Ce séisme a provoqué un tsunami, dont certaines vagues ont atteint trente mètres de haut.

Les dégats causés par le séisme et le tsunami au Japon en 2011 Les dégats causés par le séisme et le tsunami au Japon en 2011

Le tsunami est à l’origine de la plupart des victimes à déplorer : presque 20 000 morts. Mais il est aussi responsable de l’une des plus grandes catastrophes nucléaires de notre temps :

  • l’accident de la centrale de Fukushima.

Le tsunami a en effet provoqué l’arrêt des réacteurs, entraînant des dommages structurels à l’origine de fuites radioactives.

Ce tremblement de terre, d’une magnitude maximale, n’a finalement provoqué que peu de dégâts. En comparaison avec le tremblement de terre du Népal qui a couté la vie à 7 000 personnes, peu de personnes et peu d’infrastructures ont été touchées par le tremblement de terre.

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À retenir

Les pays ne sont pas égaux face aux risques.

Le Japon étant l’un des pays les plus sismiques au monde, il possède des infrastructures modernes et adaptées aux séismes.

  • Les conséquences financières de la catastrophe du 11 mars sont de l’ordre de 210 milliards de dollars, selon un rapport de l’ONU. Les pertes liées à la diminution du tourisme ainsi qu’aux conséquences industrielles et agricoles de la catastrophe expliquent ce chiffre.
  • Les impacts environnementaux sont, eux-aussi, très importants, bien qu’encore difficiles à évaluer. Les sols ont été touchés par les premières retombées nucléaires, tandis qu’une quantité importante de produits chimiques a été déversée dans l’océan Atlantique. Sachant que les courants marins permettent de relier toutes les parties du globe, il est très possible que les côtes américaines aient par exemple été touchées par une contamination importante.
  • Le nombre de cancer de la thyroïde a également explosé depuis 2011, même si les autorités restent prudentes à ce sujet.

Géographie des catastrophes naturelles

L’exemple du Japon permet de comprendre ce que l’on définit par « catastrophe ».

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Définition

Catastrophe naturelle :

Une catastrophe naturelle est un événement brutal d’origine climatique, sismique ou astronomique, provoquant de nombreux dégâts humains et matériels.

Si le tsunami a été dévastateur, c’est aussi en raison de la concentration des personnes sur les littoraux. D’une manière globale, la littoralisation, c’est-à-dire l’installation des hommes à proximité des littoraux, est une tendance qui s’intensifie sur toute la planète.

  • Dans le cas japonais, l’attractivité des littoraux s’explique par des facteurs géologiques, car l’intérieur des terres est très montagneux, mais aussi économiques, du fait de l’importance des activités portuaires.

Nombre de catastrophes naturelles par pays de 1976 à 2005 Géographie seconde Nombre de catastrophes naturelles par pays de 1976 à 2005

On peut voir sur cette carte la répartition des catastrophes naturelles dans le monde, avec en rouge, les régions les plus touchées, et en jaune, les moins touchées. Comme le montre cette carte, aucune région n’est épargnée par les catastrophes naturelles, même s’il y a des zones plus touchées que d’autres.

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À retenir

Le continent asiatique est particulièrement touché par les catastrophes, de même que l’Australie et l’Amérique du Nord. L’Europe, l’Afrique de l’Ouest et le continent sud-américain ne sont pas épargnés.

Les seules zones relativement peu touchées sont l’Afrique de l’Ouest, le Groenland, l’Europe du Nord et une partie de l’Asie centrale.

Risques, aléas et catastrophes

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Attention

On peut être surpris de voir que l’Afrique apparaît sur la carte comme un continent moins touché que les autres par les catastrophes naturelles. En effet, même si l’on parle régulièrement de la sécheresse qui provoque des dégâts humains et matériels importants, cette dernière est considérée comme un aléa, et non comme une catastrophe.

  • Ce n’est donc pas une erreur sur la carte, mais bien un problème de typologie, c’est-à-dire de vocabulaire.
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Définition

Aléa :

Un aléa se définit comme étant le facteur physique, industriel ou technologique à l’origine du risque.

La catastrophe est donc la réalisation du risque, la concrétisation du danger, qui est lui-même créé par l’aléa.

La notion de risque est liée à l’installation humaine : la sécheresse importerait peu si les hommes ne s’installaient pas dans des zones sèches. C’est l’installation des hommes sur des zones à risques qui pose problème et qui est remise en question.

À cela, s’ajoute la notion de vulnérabilité : il existe en effet des zones plus sensibles, plus vulnérables que d’autres. La côte ouest du continent américain, située sur une faille sismique est, par exemple, un endroit particulièrement vulnérable.

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À retenir

Le développement durable prend désormais en compte les risques propres aux territoires avant d’envisager une installation humaine sur le long terme. Cependant, cette prise en compte des risques est récente, et la plupart des habitats implantés dans des zones dangereuses aujourd’hui le sont depuis longtemps, avant que les mesures de protections ne soient jugées nécessaires.

À l’origine des catastrophes naturelles

Différents types d’aléas

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Définition

Aléas telluriques :

On appelle aléas telluriques les aléas liés aux mouvements de la tectonique des plaques : les séismes, les éruptions volcaniques, mais aussi les tsunamis. La cordillère des Andes, qui se situe sur une plaque tectonique, est particulièrement touchée par ces aléas.

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Définition

Aléas climatiques :

On parle d’aléas climatiques pour désigner les cyclones, les tempêtes, les tornades, mais aussi la sécheresse.

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Attention

Il ne faut pas confondre ces termes : un ouragan est un cyclone qui dépasse 118 km/h.

On parle d’aléas technologiques lorsqu’ils ne sont pas liés à un facteur naturel, mais bien à l’activité humaine.

  • La catastrophe nucléaire de Tchernobyl est un exemple parfait d’aléa technologique, l’explosion d’un réacteur nucléaire ayant provoqué la libération massive d’éléments radioactifs dans l’air et la mer.

En 2010, l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon avait provoqué une fuite de pétrole dans l’océan : c’est ce que l’on appelle une marée noire. Les impacts environnementaux de cette marée ont été particulièrement dévastateurs.

Explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon Explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon

Des facteurs économiques

Un séisme d’une magnitude équivalente ne provoque pas les mêmes dégâts d’un côté à l’autre de la planète.

  • Au Népal, le séisme de 7,8 a causé 7 000 décès.
  • Au Chili, le séisme de 7,8 a causé le décès de 550 personnes.
  • Au Japon, les décès n’ont pas été provoqués par le séisme mais par le tsunami.
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À retenir

Il est donc clair que les infrastructures et le niveau économique ont un rôle à jouer dans l’atténuation de la catastrophe  : la vulnérabilité d’un espace est liée à son développement économique.

Les réponses des sociétés face aux risques

Des politiques de prévention

Afin de faire face à la vulnérabilité des espaces habités, les sociétés ont mis en place des politiques de prévention des risques. Cela passe par la mise en place de normes de construction adaptées aux aléas.

Au Chili et au Japon par exemple, il est tellement fréquent d’être soumis à un séisme que les nouveaux immeubles doivent nécessairement respecter des normes antisismiques. En 2010, les immeubles qui se sont écroulés lors du séisme chilien ne répondaient pas aux normes antisismiques, révélant, au-delà de la tragédie humaine, un problème de corruption des entrepreneurs.

  • L’anticipation est donc le maître mot de la prévention des risques.
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À retenir

Aujourd’hui, une enquête sur les risques technologiques est indispensable avant toute nouvelle installation industrielle.

Une réflexion sur les modes de vie humains

Depuis quelques décennies, on a l’impression que les catastrophes naturelles se sont multipliées. Si cela n’est pas tout à fait confirmé, car il faudrait posséder les registres géologiques de plusieurs millénaires pour pouvoir confirmer une telle hypothèse, on peut toutefois remarquer que le nombre de catastrophes liées à la montée des eaux a été multiplié par six entre 1950 et 2015.

Il est possible de voir un autre exemple de catastrophe liée aux installations humaines :

  • en 2001, l’usine chimique AZF a explosé à proximité du centre-ville de Toulouse.

Pour quelles raisons cette explosion n’a-t-elle pas été anticipée ?
Il semblerait que les autorités n’aient pas pris en compte le phénomène de l’étalement urbain et par conséquent de la mise à proximité des activités industrielles et quotidiennes.

Dans cette perspective, une réflexion sur la durabilité de nos sociétés, c’est-à-dire sur sa préservation à long terme, doit nécessairement être menée, afin de limiter les risques. Le phénomène de littoralisation, qui entraîne une concentration d’activités diverses sur un territoire étroit doit, par exemple, être pensé et réorganisé. Le GIEC, (groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) estime également que les inondations devraient se multiplier dans les prochaines décennies, augmentant ainsi les risques de catastrophes pour les populations littorales.

Pays du Nord, pays du Sud : mêmes dangers, différents budgets

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À retenir

La notion de développement durable prend également en compte une réflexion sur les inégalités Nord/Sud.

Cette réflexion est tout à fait liée à la gestion des risques, puisque les pays du Sud n’ont pas les mêmes possibilités d’adaptation et de prévention que les pays du Nord.

  • En Afrique par exemple, la désertification liée à la sécheresse est due en grande partie aux pratiques agricoles des populations, à travers le surpâturage notamment.

Certains pays, par ailleurs, ne possèdent pas la technologie suffisante pour anticiper les séismes ou les éruptions volcaniques.

Conclusion :

L’ensemble de la planète est soumis à des risques naturels. Ces risques se sont cependant intensifiés en raison du réchauffement climatique, qui entraîne la multiplication de tempêtes et d’inondations, mais aussi en raison des activités humaines, qui ne sont pas toujours pensées dans un modèle de durabilité.

Les pays ne sont pas tous touchés de la même manière par ces aléas, car les pays du Nord ont souvent les moyens d’anticiper et de prévenir les catastrophes, tandis que les pays du Sud se trouvent souvent isolés face à ces risques. Pourtant, une réflexion est à mener sur les modes de vie occidentaux, et notamment le phénomène de la littoralisation, qui provoquent d’importants dégâts naturels.