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Les grandes réformes administratives et sociales de la Révolution et de l’Empire

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Introduction :

Sous l’Ancien Régime, la France était une monarchie absolue de droit divin. Son modèle de société reposait sur la division de trois ordres : le tiers état, la noblesse et le clergé. Ce cours va porter sur les grandes réformes administratives et sociales mises en œuvre sous la Première République et le Premier empire.
Le peuple en tant qu’entité politique nait de la Révolution. Il fera donc l’objet de notre première partie. Nous élargirons ensuite notre réflexion pour nous intéresser à la société française et à ses transformations principales. Enfin, nous n’oublierons pas d’évoquer les exclus de la Révolution et de l’Empire, à savoir les femmes, les esclaves et dans une certaine mesure les classes populaires.

Le peuple entre 1789 et 1804

Le peuple révolutionnaire

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À retenir

La Révolution française a introduit une rupture fondamentale dans l’exercice du pouvoir.

Pour la première fois, la souveraineté du peuple était proclamée, autrement dit, c’était au peuple que revenait le droit de choisir ses représentants.

Il s’agit d’un acte révolutionnaire puisque depuis des siècles, le pouvoir était détenu par le Roi, entouré par le clergé et la noblesse. Le peuple, qui s’apparente en fait au tiers état, a obtenu le droit d’exercer le pouvoir.

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Définition

Tiers état :

Les personnes qui ne font ni partie de la noblesse ni du clergé.

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À retenir

La séparation des pouvoirs et l’affirmation de la souveraineté du peuple constituent donc la première rupture profonde introduite par la Révolution.

À l’intérieur du peuple français, il existe toutefois des divisions. La bourgeoisie urbaine et marchande est généralement modérée, tandis que les sans-culottes sont des révolutionnaires radicaux.

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Rappel

Les sans-culottes étaient appelés ainsi car ils ne portaient pas la culotte du noble, mais un simple pantalon.

Alt Sans-culottes, Émile Wattier, 1842 Sans-culottes, Émile Wattier, 1842

Les sans-culottes ont été des soutiens sans faille de la Révolution française, et le bras armé de la Révolution. Au niveau politique, les sans-culottes sont soutenus par les Montagnards (dont le plus célèbre est Robespierre), tandis que les révolutionnaires modérés sont soutenus par les Girondins.

Au sein même des révolutionnaires, il existe donc des tendances différentes. Autrement dit, il ne s’agit pas d’opposer la noblesse au peuple mais de faire attention aux différentes tendances politiques et sociales au sein même du peuple.

Le peuple contre-révolutionnaire

Tous les Français n’étaient pas révolutionnaires : une bonne partie de la France, surtout dans l’Ouest, était favorable à la monarchie. En 1793, les Vendéens et les Chouans se révoltent contre les levées d’hommes et manifestent leur attachement à la monarchie ainsi qu’à la religion catholique.

  • La période révolutionnaire fut donc une période violente, sanglante et répressive.
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À retenir

Au cours des années 1790, on parle de guerre civile pour évoquer la lutte qui oppose partisans de la monarchie et révolutionnaires.

Le peuple sous l’Empire

En prenant le pouvoir, Napoléon ne renie pas tous les acquis révolutionnaires. À bien des égards, il maintient et approfondit certaines avancées. Par exemple, l’égalité devant la loi, de manière indépendante au degré de richesse ou à la classe sociale est garantie par le Code civil, publié en 1804.

Alt Code civil, 1804 Code civil, 1804

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À retenir

Napoléon parvint à pacifier la France, notamment en signant le Concordat de 1801, qui permit d’établir un accord entre l’État et la religion catholique, mais c’est également lui qui pardonne aux royalistes vendéens.

Le peuple français, qui avait acquis le droit de choisir ses représentants, lui donne, par plébiscite, le consulat à vie.

  • Napoléon a donc obtenu le pouvoir personnel et à vie de façon démocratique !

Néanmoins, Napoléon cherche à domestiquer le peuple. Il réduit drastiquement la liberté d’expression, un des acquis fondamentaux de la Révolution. Il instaure aussi comme moyen administratif de contrôle social le Livret ouvrier qui permet aux autorités de distinguer les ouvriers nomades des vagabonds.

Les principales transformations de la société française

La naissance de la vie politique

Lorsque le principe de souveraineté populaire est proclamé, et que l’égalité entre les personnes est inscrite dans la Constitution, les Français peuvent s’exprimer sans peur.

  • C’est dans ce contexte que la vie politique apparaît en France.

Il existe différentes tendances politiques dès le début de la Révolution, et les hommes politiques doivent désormais prendre en compte l’opinion du peuple avant de prendre des décisions. Les Français s’expriment dans des journaux, mais aussi dans diverses réunions et clubs politiques.

La formation du citoyen

La Révolution et l’Empire vont créer une série d’institutions qui permettent de former les nouveaux citoyens. Une grande partie d’entre elles est toujours en vigueur de nos jours, comme la division du territoire en départements et en communes, dirigées par des maires. C’est aussi la création des lycées, destinés avant tout aux élites qui pourront passer à partir de 1808 le baccalauréat.

Vie quotidienne

La Révolution française n’a pas été faite que de violences. Les députés révolutionnaires ont travaillé nuit et jour afin d’élaborer un système égalitaire et ce dans tous les domaines. On leur doit notamment le système métrique, qui facilite le système de mesure. On parlera désormais en millimètre, centimètre, décimètre, mètre et kilomètre sur l’ensemble du territoire français.

Il faut également noter des avancées dans le domaine de la conjugalité, c’est-à-dire le mariage et le divorce. Le mariage ne doit plus obligatoirement se faire à l’église, mais peut être célébré à la mairie. En raison de la présence très forte de la religion catholique dans la vie quotidienne, le divorce était interdit sous l’Ancien Régime. C’est la Révolution puis l’Empire qui autorisent hommes et femmes à divorcer par consentement mutuel.

Les exclus de la Révolution et de l’Empire

La France n’a pourtant pas connu de transformations dans tous les domaines.

Les femmes

Malgré la proclamation de l’égalité de tous les êtres humains, la femme n’obtient pas plus de droits sous la Révolution et l’Empire. Certaines femmes ont pourtant tenté de faire entendre leur voix.

La révolutionnaire Olympe de Gouges par exemple défend l’idée que les femmes devraient avoir autant de droits que les hommes et, convaincue de l’importance de leur rôle, elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Affiliée aux Girondins et ouvertement opposée à Robespierre, Olympe de Gouges est guillotinée.

Alt Portrait d’Olympe de Gouges, Alexandre Kucharski , XVIII<sup>e</sup> siècle Portrait d’Olympe de Gouges, Alexandre Kucharski , XVIIIe siècle

Les esclaves et le colonialisme

Le principe de l’égalité ne parvient pas à remettre en cause l’esclavage.

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À retenir

À cette époque, l’esclavage était considéré comme un rouage essentiel du commerce international.

Abolir l’esclavage reviendrait, selon les révolutionnaires, à porter un coup de grâce au commerce et à la puissance française.

Les classes populaires

Malgré la proclamation du principe de souveraineté populaire, les plus démunis sont paradoxalement les classes populaires, tenues à l’écart des acquis révolutionnaires. La Révolution française est à bien des égards une révolution faite par et pour la bourgeoisie. D’ailleurs le vote n’est réservé qu’aux hommes de plus de 25 ans payant l’impôt. Il s’agit donc de ce qu’on appelle un suffrage censitaire, dont sont exclus les plus pauvres. Il faudra attendre 1848 pour que le suffrage universel masculin soit appliqué.

Conclusion :

La France a donc bien changé en l’espace de vingt ans. Elle est passée du roi à la nation et de la société d’ordre au peuple souverain. La Première République et l’Empire ont permis d’aboutir à de nombreuses réformes sociales, juridiques, administratives et territoriales. Pourtant, les notions de liberté et d’égalité, si chères aux révolutionnaires ne s’appliquent pas pour tous, et au terme de ce chapitre, on peut deviner les combats qui feront l’histoire des siècles suivants : le combat pour la dignité humaine, la lutte pour l’égalité des sexes et les revendications des classes populaires.