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Les territoires de la mondialisation

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Introduction :

Avec l’amélioration des moyens de communications et de transports, la planète fonctionne maintenant comme un véritable réseau interconnecté où transitent les capitaux, les marchandises et les Hommes. Nous allons nous intéresser ici aux territoires concernés par cette mondialisation.

Nous verrons d’abord que tous les pays ne sont pas égaux face à la mondialisation. Puis nous étudierons le rôle clé des espaces maritimes dans la circulation des biens et des personnes. Nous nous pencherons enfin sur l’étude de cas d’une ville mondiale : Shanghai.

Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation

Les villes-mondes sont au cœur de la mondialisation. Elles concentrent souvent toutes les formes de pouvoirs : politiques, économiques, technologiques, financiers, culturels. On y prend les décisions qui vont façonner la planète. New York, Londres, Paris, Tokyo et Shanghai en sont les exemples les plus frappants.

  • Elles dominent les échanges mondiaux et imposent leur loi aux villes plus petites.
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Attention

Il existe des inégalités à l’intérieur même des villes-mondes. Manhattan n’est pas le Bronx, tout comme le quartier de la Défense à Paris ou la City à Londres sont bien séparés des banlieues de ces mêmes villes.

Ces inégalités existent aussi à l’échelle des pays du Nord que l’on dit intégrés à la mondialisation.

  • Certains États des États-Unis sont moins impliqués dans la mondialisation, comme certaines régions françaises ou allemandes. Ce facteur dépend de la position géographique et des atouts que possèdent ou non les États ou régions face à la demande des marchés mondiaux.

Les pays émergents, pays dits « ateliers », trouvent aussi leur place dans la mondialisation. Ils utilisent leurs sous-sols et leurs énergies, leur main-d’œuvre souvent mal payée, ou encore leur agriculture performante.

Les pays pétroliers, qui possèdent des énergies et des matières premières stratégiques, s’intègrent aussi aux marchés mondiaux. Ils représentent une importance géostratégique majeure pour tous les pays du Nord.

Les pays pauvres, dits « en voie de développement », ne sont que peu intégrés dans la mondialisation, si ce n’est à travers leur main-d’œuvre sous payée.

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Attention

Même dans les pays en développement, il y a des « poches » urbaines où une certaine mondialisation existe. C’est le cas par exemple dans les villes portuaires, qui permettent un meilleur échange de marchandises, ou par internet, outil principal des échanges d’informations.

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Astuce

Dans un devoir, il est donc bien vu de faire une analyse à diverses échelles. On peut partir d’une analyse planétaire et finir par une analyse d’un quartier de New York ou inversement. Ces analyses sont très prisées des correcteurs qui y voient une maîtrise globale des phénomènes de mondialisation.

Les espaces maritimes : enjeux de la mondialisation

80 % des marchandises transportées dans le monde le sont par voies navigables. Les mers et océans sont devenus de véritables autoroutes navigables essentielles à l’économie mondialisée.

  • Les principales routes maritimes relient les plus grosses régions productrices et consommatrices du monde.
  • Les canaux de Suez et de Panama ainsi que les détroits d’Ormuz et de Malacca sont devenus des points stratégiques planétaires.
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À retenir

La triade, c’est-à-dire l’Union européenne, l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud-Est, concentre les principaux flux de marchandises et donc les principales façades maritimes du monde.

  • Les États-Unis possèdent deux façades maritimes : l’une tournée vers l’Est et l’Union européenne et l’autre vers l’Ouest et l’Asie.
  • L’Asie du Sud-Est a, elle, une très grande façade maritime avec les ports japonais, chinois, coréens et vers Singapour.
  • L’Union européenne possède elle aussi une façade maritime qui part de Dunkerque et arrive jusqu’à Hambourg, nommée la Northern Range, la « rangée des ports ». Rotterdam est un des plus grands ports du monde.

Les ports sont les véritables lieux des échanges liés à la mondialisation. Tous ont connu des extensions considérables, soit en amont du fleuve qui baigne le port, comme c’est le cas à Rotterdam en amont du Rhin, soit l’élargissement s’est fait sur les côtes et très souvent des polders ont été créés pour agrandir des ports internationaux déjà gigantesques. Les polders sont des constructions sur mer, soit par remblais, soit sur pilotis.

  • Les Japonais et les Chinois sont les principaux utilisateurs de cette méthode d’extension.
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À retenir

Les ports internationaux comportent des terminaux spécialisés en fonction des matières transportées (pétroliers, méthaniers, céréaliers).

Photo de porte-conteneurs Photo de porte-conteneurs - ©Buonasera - CC-BY-SA-3.0

Symboles de la mondialisation, les porte-conteneurs transportent des caisses métalliques aux normes mondialisées, qui peuvent être déplacées par bateau, camion, péniche, train ou avion.

Les ports sont de véritables centres mondialisés où des milliers d’employés travaillent nuit et jour pour la manutention, l’administration, les transports et les douanes. Les centres de logistique des transports y sont souvent implantés.

  • Ainsi, pour faire transiter des téléphones fabriqués en Chine et vendus sur la planète entière, il faut prévoir à l’échelle planétaire tous les moyens de transport que va emprunter la marchandise. Ce sont les plus grandes compagnies maritimes qui se partagent le marché.

Les espaces maritimes sont aussi des espaces convoités par la pêche mondiale industrielle. Certaines zones sont atteintes de surpêche et de nombreuses espèces sont menacées par les filets dérivants.

Les fonds marins regorgent aussi d’hydrocarbures, que de nouvelles techniques permettent de prospecter de manière très fiable. Le pôle Nord, la mer de Chine et bien d’autres espaces sont convoités par de nombreux pays.

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À retenir

Chaque pays côtier possède une ZEE, zone économique exclusive, partie maritime qui s’étend jusqu’à 370 kilomètres du pays côtier. Les eaux internationales sont en proie aux revendications de nombreux pays qui estiment y avoir un droit d’exploitation. Ce sont des espaces stratégiques convoités, car là où il y a des ressources, il y a des rapports de force, et l’analyse géopolitique intervient.

  • Pour des raisons de sécurité et de fluidité du commerce international, les flottes de guerre américaine, russe et chinoise naviguent autour des points maritimes sensibles.

Alt texte Carte des routes maritimes

Cette carte présente les routes maritimes, les points de passages stratégiques, comme les canaux ou les détroits, les façades maritimes et les principaux ports.

Shanghai, une nouvelle ville-monde

Une ville-monde est une ville qui possède de nombreux atouts économiques et pôles de décisions politiques, et qui a donc une fonction stratégique à l’échelle mondiale. Les villes-mondes ont très souvent sur leur sol les pouvoirs politiques, économiques, financiers, technologiques et même culturels. Ce sont des villes très cosmopolites, situés pour la plupart au Nord : New York, Londres, Tokyo ou Paris. Mais c’est vers le Sud, et la Chine, que nous allons nous tourner pour cette étude de cas.

  • En quoi Shanghai est-elle en passe de devenir une ville-monde ?

Shanghai fut une ville très prisée au XIXe siècle, parce que très accueillante et très ouverte sur le monde. Les difficultés de la Chine et la période communiste maoïste qui s’est poursuivie jusqu’au début des années 1980 l’ont pourtant laissée dans une certaine stagnation.

Tout change dans les années 1980 avec l’ouverture économique vers les autres pays. Le libéralisme économique prôné par les nouveaux dirigeants chinois a redonné à Shanghai une place prépondérante dans la Chine elle-même, en Asie mais aussi sur le plan international.

Quelques chiffres

  • 19 millions d’habitants, dont près de 7 millions de migrants chinois.
  • 1er rang pour le PIB/habitant de la Chine.
  • 1er port mondial pour le vrac et 2e port mondial pour les conteneurs.
  • 430 transnationales ont un siège à Shanghai et 40 000 sociétés étrangères y ont ouvert des bureaux.
  • 6e rang mondial pour sa place boursière.
  • Centre universitaire de rang mondial.
  • Centre touristique mondial avec plus de 4 millions de touristes étrangers par an.

Au niveau des transports, la ville monde chinoise n’est pas en reste : 400 kilomètres de métro en 2014, le double de Paris, et 780 kilomètres prévus pour 2020. Deux aéroports internationaux qui accueillent plus de 50 millions de passagers par an ont été aménagés.

Pour devenir une ville monde à part entière, de grands travaux sont conduits dans la vieille ville. Des quartiers entiers ont été détruits.

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À retenir

On assiste à une gentrification (un embourgeoisement) de Shanghai, c’est-à-dire que les populations les plus pauvres laissent place aux classes moyennes et supérieures qui bénéficient le plus de la mondialisation.

Photo du quartier des affaires de Pudong en plein cœur de Shanghai Photo du quartier des affaires de Pudong, en plein cœur de Shanghai - ©PierreSelim - CC-BY-3.0

  • Des quartiers d’affaires, des espaces tertiaires liés à l’enseignement et à la recherche se développent. Tourisme, enseignement, recherche, industrie : tous ces espaces ont été réorganisés au détriment des vieux quartiers.
  • L’exposition universelle de 2010 a accéléré le développement des infrastructures, notamment de transport.

Le trafic est tel que le port de Shanghai, pourtant déjà gigantesque, a subi de très nombreuses extensions, toutes insuffisantes. Il a fallu créer un nouveau port au large, le port de Yanshan, relié à la ville par un pont de 32 kilomètres de long.

Alt texte Photo du port de Yanshan en construction - ©YHBEST1 - Domaine public

Shanghai reçoit de plus en plus d’investissements étrangers dans les domaines industriel et tertiaire.

  • Il ne fait aucun doute que quel que soit le domaine, Shanghai est devenue une ville-monde très attractive.

Grand prix de Formule 1 automobile, exposition universelle, festival international du cinéma, le côté sportif et culturel est également présent.

Shanghai occupe une place de choix dans la façade maritime chinoise, très bien placée comme interface asiatique et mondiale. Shanghai s’appuie sur un hinterland, arrière-pays très dynamique et très performant. Il faut donc inscrire Shanghai dans son territoire chinois.

Les revers de cette réussite sont :

  • une ségrégation sociale accentuée ;
  • la pollution de l’air et de l’eau ;
  • les problèmes d’engorgement de la circulation sont de plus en plus aigus ;
  • des mouvements de populations et des revendications que le pouvoir autoritaire chinois contrôle difficilement.

Conclusion :

Tous les pays ne sont pas égaux face à la mondialisation : certains profitent davantage des retombées économiques offertes par l’ouverture de nouveaux marchés. Les villes-mondes sont un excellent exemple de territoires pleinement inscrits dans la mondialisation. Elles regroupent à la fois pouvoirs économiques, politiques et culturels.

La mondialisation fonctionne aussi grâce au développement de façades maritimes qui connectent principalement les pays de la Triade. Union européenne, Amérique du Nord et Asie du Sud-Est concentrent la majorité des échanges mondialisés.

Symbole à la fois d’une ville-monde et d’une façade maritime hyper-connectée, Shanghai se développe à très grande vitesse, au détriment parfois de ses habitants les plus pauvres, victimes de la gentrification.