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Mutations économiques et sociales des sociétés

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Introduction :

On ne travaille pas de la même façon au XIXe siècle et au début du XXIe siècle. Nous allons voir que les différents secteurs de l’économie, le temps de travail, mais aussi le travail lui-même, ont profondément changé. Ces évolutions économiques et sociétales entraînent des mutations démographiques profondes auxquelles nous nous intéresserons également.

Les secteurs économiques

Les mutations économiques s’accompagnent de mutations profondes des sociétés, notamment dans les différents secteurs où travaillent la population active.

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Définition

Population active :

La population active correspond aux personnes ayant un emploi ou en cherchant un. Sont donc exclus de la population active les retraités et les étudiants par exemple.

Définitions

Traditionnellement, on distingue trois secteurs d’activités :

  • le secteur primaire qui extrait la matière première. On y trouve l’agriculture, les mines, la pêche et l’exploitation des forêts ;
  • le secteur secondaire, qui transforme et valorise les produits issus du secteur primaire. On y trouve l’industrie et le bâtiment ;
  • et le secteur tertiaire, consacré aux services comme les transports, le commerce, le tourisme, mais aussi le fonctionnariat avec entre autre l’éducation, les soins, etc.

Évolutions et mutations

Le secteur primaire

D’un point de vue historique, le secteur primaire a vu sa population active s’effondrer. Avant la révolution industrielle, 85 % des Français travaillaient dans ce secteur. Mais les transformations opérées par la révolution industrielle sur la société ont fait reculer ce secteur, qui ne crée désormais que peu d’emplois.

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À retenir

Dès la première révolution industrielle, l’exode rural a débuté. Après 1945, avec la généralisation de la mécanisation et le développement des technologies, l’agriculture se met à produire sur le même modèle que l’industrie. Le monde paysan disparaît progressivement, faisant place à une agriculture productiviste fortement assistée par la technologie.

Mais l’agriculture n’est pas le seul secteur à avoir subi de lourdes transformations :

  • l’industrie minière était le secteur clé de la première révolution industrielle. Son déclin s’est amorcé dès les années 1960. La dernière mine française s’est arrêtée en Moselle le 23 avril 2004, marquant la fin d’une époque et d’un pan entier de l’activité primaire ;
  • concernant la pêche, les petits artisans disparaissent au profit de la pêche industrielle. Même chose pour l’exploitation forestière. Finis les bûcherons, le secteur s’est mécanisé et emploie peu de main-d’œuvre.
  • Il résulte de ces différentes transformations qu’en France, le secteur primaire n’emploie désormais plus que 3 % de la population active.

Le secteur secondaire

La part de la population active travaillant dans le secteur secondaire s’est accentuée jusqu’aux années 1970. Depuis, ce secteur est en déclin, et on parle aujourd’hui de désindustrialisation de la France. Cette désindustrialisation s’explique en partie par les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, les délocalisations et les nouvelles techniques de production.

  • Ce secteur ne représente plus que 17 % de la population active contre plus de 40 % à la fin des années 1960.

Le secteur tertiaire

En revanche, le secteur tertiaire connait la plus forte progression, et est à la source des grandes mutations de la société française. Depuis le milieu du XIXe siècle, le niveau de vie des Français a progressé. L’éducation, la culture, le tourisme et l’accès aux transports se sont démocratisés. La société de consommation de masse est née en France après 1945 pendant les Trente Glorieuses.

  • Aujourd’hui, le secteur des services représente 80 % de la population active. On qualifie les pays ayant opéré cette transformation de sociétés postindustrielles.
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À retenir

Le travail des femmes a également été l’objet de mutations importantes. Elles sont devenues plus présentes dans le monde du travail grâce au développement du salariat féminin dans l’industrie et le tertiaire. Le nombre de femmes dans la population active ne cesse de croître.

Évolutions du travail

Le temps de travail

Le temps de travail a largement diminué depuis le milieu du XIXe siècle. De 15 heures par jour, nous sommes passés à 35 heures par semaine en 2000. Le temps des congés s’est allongé. Les premiers congés payés en France datent de 1936. À cette époque, les quinze jours de congés accordés aux ouvriers ont constitué une grande révolution. Aujourd’hui, nous avons 5 semaines de congés payés.

Les métiers

Les métiers en eux-mêmes se sont également transformés. Par exemple, le développement du taylorisme dans l’industrie a multiplié le nombre de personnes intervenant sur une seule pièce.

  • De l’ouvrier qui maîtrisait son savoir et intervenait de bout en bout sur une création, on est passé à une division du travail et au remplacement de certains ouvriers par des machines.

Jusqu’aux années 1970, les emplois étaient relativement stables, le chômage assez rare, et plutôt de courte durée. Les périodes de crise, elles, étaient sévères mais relativement courtes.

Les années 1970 ont vu l’apparition et l’augmentation d’un chômage de masse et de longue durée. Ce phénomène s’est accompagné du développement de l’usage de contrats de travail à durée déterminée, du travail temporaire, à mi-temps voire à quart temps. C’est la flexibilité de l’emploi : elle est due à l’ouverture des frontières et à la mondialisation. Plusieurs activités sont délocalisées, et certains biens ne sont plus consommés, donc plus produits. Évidemment, l’arrêt des activités est très problématique pour les salariés.

La pauvreté

Toutes ces mutations ont eu de grands impacts sur l’évolution de la pauvreté en France. Sur le long terme, la pauvreté n’a cessé de reculer jusqu’aux années 1980. Les Trente Glorieuses l’ont notamment fait baisser de manière conséquente. Mais, depuis les années 1980, on assiste à sa recrudescence : plus de 8 millions de personnes vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté. Alors que les « Restos du cœur » ne devaient ouvrir que pour un hiver en 1986, plus de 30 ans plus tard, les associations caritatives ne peuvent plus faire face à toutes les demandes d’aide.

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À retenir

Face à l’absence totale de revenus de certaines personnes, les députés ont voté en 1988 la loi du RMI, le revenu minimum d’insertion, remplacé en 2009 par le RSA, le revenu de solidarité active.

Mutations démographiques

La France, depuis le milieu du XIXe siècle et jusqu’en 1945, a connu des difficultés démographiques par rapport à ses voisins. On parle de la France malthusienne. Malthus, un économiste anglais du XIXe siècle, prédisait que si l’on continuait à progresser sur le plan démographique, on allait à la catastrophe car il n’y aurait jamais assez de production alimentaire pour nourrir ces nouvelles populations. La solution était donc de restreindre les naissances.

  • Le comportement malthusien et la catastrophe de la guerre de 1914-1918 ont affaibli la France sur le plan démographique.

Mais à partir de 1945, et jusqu’au milieu des années 1970, a lieu le baby-boom, une période de très forte croissance démographique. Le baby-boom a néanmoins été suivi d’un déclin jusqu’au début des années 2000. Depuis, la France a retrouvé une croissance de 2 enfants par femme en âge de procréer, et possède la meilleure démographie européenne. Mais cela reste insuffisant pour assurer le renouvellement des générations, puisqu’il faut un indice de 2,1 enfants par femme en âge de procréer.

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À retenir

Le chômage de masse et de longue durée, les crises économiques à répétition, l’espérance de vie qui s’allonge, toutes ces mutations se répercutent sur l’édifice social français. L’équilibre du système des retraites devient ainsi un problème majeur car sans croissance économique, les cotisations ont du mal à compenser les pensions des retraités qui seront de plus en plus nombreux avec le départ des baby-boomers à la retraite.

Conclusion :

Le secteur primaire (agriculture, pêche, exploitation forestière…) n’est plus pourvoyeur d’activité depuis les exodes ruraux massifs et la fin du monde paysan. Seul 3 % de la population active travaille dans ce secteur, qui se gère désormais comme l’industrie.

Le secteur secondaire, qui a dominé en France à l’époque de la révolution industrielle, est désormais marginalisé, entraînant une désindustrialisation de tous les pays riches et de la France en particulier. C’est alors l’essor du tertiaire et l’émergence du concept de société postindustrielle.

Le monde ouvrier tel qu’on le concevait il y a 50 ans n’existe plus, et les personnes peu qualifiées sont de plus en plus en proie au chômage de longue durée. En parallèle, la place des femmes dans la société a largement évoluée, et plus de 50 % de la population active est féminine.

L’arrivée des congés payés a fortement modifié la société : les temps de repos et de loisirs n’ont rien à voir avec ceux des précédentes générations. Ces mutations ont été très rapides. Il faut pourtant réfléchir au paradoxe de la pauvreté qui progresse, alors même que la société crée toujours plus de richesses.