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Tracer des frontières : approche géopolitique

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Des frontières pour se protéger : le limes rhénan au temps de l’Empire romain

  • Le limes romain désigne les zones de délimitations du territoire l’Empire romain :
  • ces délimitations sont mouvantes, dynamiques, et se situent dans les régions de confins de l’Empire romain (les marches) ;
  • ces délimitations peuvent être des lignes de front (stratégie militaire de défense et d’offensive), autant que zone de contact entre les peuples (dimension culturelle et économique).
  • Le limes rhénan est une partie du limes située entre le Rhin et le Danube. Il sépare les territoires romains des terres non soumises à Rome et peuplées par les Germains :
  • c’est un exemple de limes fortifié (palissades, fossés, tours…), une zone de surveillance, de patrouille (fonction militaire) et une délimitation entre ce que les Romain considèrent comme le monde « civilisé » et le monde « barbare » (fonction symbolique) ;
  • c’est aussi un lieu d’échanges commerciaux et humains (marchés, construction de voies romaines) qui participe à la prospérité et à la diffusion de la culture romaine (fonction économique).
  • Même si les frontières dans l’Antiquité sont encore floues, le limes met en lumière la distinction d’un « intérieur » et d’un « extérieur » du territoire, ainsi que l’expression d’une certaine affirmation d’autorité sur le territoire ainsi délimité (défense des peuples soumis à Rome).

Des frontières pour se partager des territoires : la conférence de Berlin et le partage de l’Afrique

  • Progressivement, au Moyen Âge, l’État moderne se constitue : celui-ci nécessite la reconnaissance d’un territoire précis, sur lequel le pouvoir s’exerce.
  • Les traités de Westphalie consacrent la souveraineté de l’État et renforcent ainsi l’importance de tracer et de protéger des frontières extérieures bien délimitées.
  • Au XIXe siècle, le continent africain est considéré par les puissances occidentales comme une terra nullius, c’est-à-dire un territoire n’appartenant à aucun État : c’est ce principe qui sous-tend les visées coloniales et impérialistes des pays occidentaux en Afrique.
  • Avec la colonisation du continent africain, la frontière devient une marque d’appropriation, de possession de territoires.
  • La conférence de Berlin (1884-1885) organise le partage de l’Afrique entre les grandes puissances coloniales européennes, sans concertation avec les populations africaines.
  • L’objectif est de facilité l’exploration et l’exploitation du continent africain (liberté de navigation et de commerce) en limitant les rivalités entre les puissances coloniales (définition de règles d’appropriation des territoires).
  • Les modalités du partage de l’Afrique suivent notamment le principe de la primauté d’installation à partir du littoral. L’idée est de progresser dans les terres depuis le littoral afin de créer des unités de territoires sous la domination d’une seule et même puissance coloniale.
  • Les résistances africaines sont nombreuses et les tensions entres puissances coloniales sont vives.
  • Les frontières africaines issues de la colonisation sont souvent des « frontières lignes » qui reflètent l’arbitraire colonial : elles ne prennent pas forcément en compte la réalité du terrain et le peuplement des territoires par différents groupes ethniques.
  • Toutefois, les États africain devenus ensuite indépendants affirment l’intangibilité des frontières (pas de remise en cause des frontières existantes) dans un souci de paix et de stabilité.

Des frontières pour séparer deux systèmes politiques : la frontière entre les deux Corées

  • La « frontière » entre les deux Corées est une cicatrice de la guerre froide : en 1945, les États-Unis utilisent le 38e parallèle pour établir une démarcation entre leur zone d’influence au sud, et celle de l’URSS au nord. Cette démarcation perdure et se renforce après la guerre de Corée (1950-1953) qui établit un statut quo.
  • La DMZ (zone coréenne démilitarisée) est une ligne de démarcation particulièrement étanche (surveillance constante, murs, barbelés). C’est une frontière idéologique symbolique qui vit au rythme des relations géopolitiques entres les deux Corées (tensions, rapprochements).
  • Comme il n’y a pas de reconnaissance mutuelle entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, ni l’un ni l’autre ne considère cette démarcation comme une frontière en tant que telle.
  • Au centre de la DMZ se trouve une zone de sécurité commune (Joint Security Area), placée sous le contrôle de l’ONU.
  • La péninsule coréenne se trouve au cœur de nombreuses rivalités entre la Chine (partenaire économique de la Corée du Nord), la Russie (choix de négociations avec la Corée du Nord pour apaiser le conflit), les États-Unis (soutien officiel de la Corée du Sud, entre pression et dialogue avec la Corée du Nord) et le Japon (relations tendues avec les deux Corées).