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Capitale de la douleur, Paul Éluard
Fiche de lecture

Contexte

Capitale de la douleur constitue le premier recueil de poèmes de Paul Éluard. Composé de quatre parties, il évoque des thèmes variés comme l’amour, l’art, le rêve… Depuis le début des années 20, Paul Éluard appartient au mouvement surréaliste dirigé par André Breton, à qui l’on doit notamment le Manifeste du surréalisme. D’abord passé par le dadaïsme, qui propose une remise en question radicale des codes artistiques, Éluard puise dans le mouvement surréaliste une esthétique décalée, basée sur l’association d’idées et les analogies audacieuses.

Le recueil est dédicacé à la muse d’Éluard, sa femme Gala, qui finira par le quitter pour épouser le peintre Salvador Dalí.

Paul Éluard

1926

Capitale de la douleur

Genre

Poésie

Personnages

Thèmes

Le désir : Dans l’œuvre d’Éluard, la femme et son corps figurent comme une image centrale. Elle est l’objet du rêve, et une source d’inspiration sans fin pour le poète.

« Ta chevelure d’oranges dans le vide du monde
Dans le vide des vitres lourdes de silence
Et d’ombre où mes mains nues cherchent tous tes reflets. »

Le bonheur : La poésie d’Éluard est souvent lumineuse. Même si le bonheur et la joie semblent éphémères et sont nuancés par d’autres sentiments, ils font partie intégrante de l’univers du poète. Les images de l’aube et de l’oiseau, très présentes, symbolisent ces émotions positives.

La solitude : Si l’amour constitue une thématique importante du recueil, il n’est pas étonnant d’y trouver également l’évocation de la solitude. Le vide, l’ennui, le chagrin et le sentiment d’absurdité qui surviennent au départ de l’être aimé sont évoqués dans de nombreux poèmes.

Résumé

Capitale de la douleur est un recueil constitué de poèmes en vers et en prose, et divisé en quatre parties : « Répétitions », « Mourir de ne pas mourir », « Les petits justes », et « Nouveaux poèmes ». Le recueil comprend de nombreux poèmes portant le titre de divers artistes contemporains de Paul Éluard comme Max Ernst, Pablo Picasso, ou encore Georges Braque. Il aborde les thèmes de l’amour, la sensualité et le désir, et met en avant le bonheur comme d’autant plus précieux qu’il est sans cesse menacé par la maladie et la mort.

Première partie : Répétitions

Cette partie du recueil est essentiellement composée de poèmes courts, dont certains ne dépassent pas trois vers, comme « La Rivière ».

« La rivière que j’ai sous la langue,
L’eau qu’on n’imagine pas, mon petit bateau,
Et, les rideaux baissés, parlons. »

Deuxième partie : Mourir de ne pas mourir

Dédicacée à André Breton, cette partie du recueil comporte des poèmes de formes très variées. Certains sont écrits en vers libres, d’autres comptent un nombre précis de syllabes à chaque vers. D’autres poèmes encore sont en prose. Cette diversité témoigne d’un refus des règles de la poésie classique, et d’une recherche artistique qui passe par l’exploration libre des différentes formes poétiques.

« Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire. »

« L’Amoureuse »

Troisième partie : Les petits justes

Il s’agit d’un poème divisé en 9 parties très courtes. On y évoque une femme, l’amour, le désir, et la douleur de la perte.

« Inconnue, elle était ma forme préférée,
Celle qui m’enlevait le souci d’être un homme,
Et je la vois et je la perds et je subis
Ma douleur, comme un peu de soleil dans l’eau froide ».

Quatrième partie : Nouveaux poèmes

Similaire à la deuxième partie, ce dernier volet offre de nombreux poèmes de formes très diverses. On y retrouve toute la verve surréaliste du poète, qui aime créer des rapprochements surprenants et incongrus d’où surgit la poésie, au mépris de la logique.

« Au plafond de la libellule
Un enfant fou s’est pendu,
Fixement regarde l’herbe,
Confiant lève les yeux :
Le brouillard se lèche comme un chat
Qui se dépouille de ses rêves. »

« Le plus jeune »

Citation

« Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel. »

« L’Amoureuse », Mourir de ne pas mourir

« Autour de la bouche
Son rire est toujours différent,
C’est un plaisir, c’est un désir, c’est un tourment,
C’est une folle, c’est la fleur, une créole qui passe. »

« Raison de plus », Répétitions

« La nature s’est prise au filet de ta vie.
L’arbre, ton ombre, montre sa chair nue : le ciel.
Il a la voix du sable et les gestes du vent
Et tout ce que tu dis bouge derrière toi. »

« VII », Les petits justes

« Au soir de la folie, nu et clair,
L’espace entre les choses a la forme de mes paroles
La forme des paroles d’un inconnu,
D’un vagabond qui dénoue la ceinture de sa gorge
Et qui prend les échos au lasso. »

« Ne plus partager », Nouveaux poèmes