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Carmen, Prosper Mérimée
Fiche de lecture

Contexte

Carmen est une nouvelle de Prosper Mérimée, publiée en octobre 1845 dans la Revue des deux mondes.

Cette tragédie s’inspire de souvenirs de voyage et d’une recherche bibliographique ; elle symbolise la passion destructrice avec la jalousie amoureuse et l’amour non-réciproque.

Prosper Mérimée

1845

Carmen

Genre

Nouvelle

Personnages

Carmen : Cette jeune gitane séductrice est éprise de liberté et ne cesse d’affirmer son indépendance de corps et d’esprit. Sa beauté envoûte les hommes. Sans scrupule ni état d’âme, elle utilise les hommes pour parvenir à ses fins.

Don José : Don José (un militaire qui devient bandit, contrebandier et meurtrier) est le premier à tomber sous les charmes de la Carmencita. Il est incapable de lui désobéir. Ses sentiments ne sont pas partagés par cette dernière car elle reste une femme indépendante, incapable d’aimer. Don José finit par tuer Carmen.

Le narrateur : Il a (tout comme l’auteur) un goût pour les Antiquités et les fouilles archéologiques. Il décide alors de se rendre en Espagne. Il rencontre également Carmen, et est sauvé de cette dernière par José. Il est témoin du drame de Carmen.

Thèmes

L’amour : C’est avant tout l’amour passion qui est abordé ici. La passion est montrée comme destructrice avec la jalousie qu’elle entraîne. L’amour est peint avec des traits poussés, soulignant le côté négatif de son excessivité : l’amour rend aveugle, l’amour est avare, il n’aime pas l’indépendance quand il s’agit d’un amour possessif. Cet ensemble revêt un aspect tragique.

La femme : Carmen, figure de la femme indépendante et libre, est présentée comme une héroïne mythique. Elle fait figure d’envoûtement, de séduction, de ruse mais aussi de délicatesse.

Vie sociale et marginalité : Carmen symbolise une conception marginale de la vie. À travers elle, les valeurs et les principes du XIXe siècle remis en cause. Le récit présente une « tribu » qui ne porte aucun respect aux règles de la vie sociale ni même religieuse, préférant la liberté infinie et l’indépendance.

Résumé

Chapitre 1

Le narrateur, un archéologue, raconte sa rencontre en Espagne avec don José, un homme définit par son guide comme étant un bandit de grand chemin. Sa tête est mise à prix. À la nuit tombée, le narrateur surprend son guide qui part dénoncer don José à la police. Il décide alors de prévenir le bandit, ce qui lui permet de s’échapper.

Chapitre 2

Quelques jours plus tard, durant un séjour à Cordoue, le narrateur rencontre la gitane Carmen qui l’emmène chez elle pour lui dire la bonne aventure. Don José intervient et sauve son ami de Carmen qui lui a volé sa montre, et qui voulait le faire tuer.

Lorsque le narrateur revient à Cordoue plusieurs mois plus tard, il apprend que don José est arrêté pour meurtre. Il lui rend visite en prison, et après lui avoir proposé son aide, qu’il refuse, il écoute le récit de ses aventures.

Chapitre 3

On en apprend sur le passé de Don José et sa rencontre avec Carmen.

Don José est basque de naissance, et il est brigadier de cavalerie, de service dans une manufacture de tabac à Séville. C’est là qu’il rencontre Carmen. Cette dernière lui parle pour l’embêter, et lui jette une fleur qu’il conserve. Peu après, une bagarre éclate entre deux femmes : l’une est blessée au visage, et l’autre est Carmen. Don José est chargé de l’emmener en prison. Sur le chemin, elle use de ses charmes, lui fait croire qu’elle aussi est basque, et finit par le persuader de la laisser s’enfuir. Don José est arrêté, envoyé en prison, et rétrogradé au rang de simple soldat. En prison, Carmen lui fait parvenir un pain contenant une lime et de l’argent, afin de s’évader. Il est heureux de ce geste, mais préfère purger sa peine jusqu’au bout, plutôt que de déserter. Au sortir de prison, il est redevenu simple soldat. Il passe une journée et une nuit avec Carmen, qui le laisse amoureux. Elle le manipule, afin qu’il ferme les yeux sur des trafics. Elle disparait finalement, et il finit par la retrouver au bras d’un officier. Suite à une bagarre, don José tue l’officier, et Carmen l’aide à s’échapper.

Il quitte Séville, et rejoint une troupe de contrebandiers, dirigée par le Dancaïre. Il y apprend que Carmen est en fait mariée à Garcia, un des contrebandiers. Jaloux, don José finit par tuer Garcia. Le Dancaïre est tué dans une embuscade dans laquelle José est blessé. Il est soigné par Carmen, mais cette dernière le rend extrêmement jaloux, principalement à cause d’un picador nommé Lucas. Don José la somme de partir avec lui en Amérique, mais elle refuse. Fou de jalousie, il la tue de deux coups de couteaux. Après l’avoir enterré, il va se rendre à la police.

Chapitre 4

Le chapitre 4 rompt totalement avec l’histoire, car il s’agit d’observations et d’analyses sur les gitans d’Espagne. Le narrateur utilise un point de vue scientifique, voire encyclopédique.

Citation

« Je vis cette Carmen que vous connaissez, chez qui je vous ai rencontré il y a quelques mois. Elle avait un jupon rouge fort court qui laissait voir des bas de soie blancs avec plus d’un trou, et des souliers mignons de maroquin rouge attachés avec des rubans couleur de feu. Elle écartait sa mantille afin de montrer ses épaules et un gros bouquet de cassie qui sortait de sa chemise. Elle avait encore une fleur de cassie dans le coin de la bouche, et elle s’avançait en se balançant sur ses hanches comme une pouliche du haras de Cordoue. Dans mon pays, une femme en ce costume aurait obligé le monde à se signer. À Séville, chacun lui adressait quelque compliment gaillard sur sa tournure ; elle répondait à chacun, faisant les yeux en coulisse, le poing sur la hanche, effrontée comme une vraie bohémienne qu’elle était. »

Chapitre 3

« J’entendais les castagnettes, le tambour les rires et les bravos ; parfois j’apercevais sa tête quand elle sautait avec son tambour. Puis j’entendais encore des officiers qui lui disaient bien des choses qui me faisaient monter le rouge à la figure. Ce qu’elle répondait, je n’en savais rien. C’est de ce jour-là, je pense, que je me mis à l’aimer. »

Chapitre 3

« Prends garde, me dit-elle ; lorsqu’on me défie de faire une chose, elle est bientôt faite! »

Chapitre 3

« Je me hais pour t’avoir aimé. »

Chapitre 3