Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
Marianne

Conforme au programme
officiel 2018 - 2019

Des Souris et des Hommes, John Steinbeck
Fiche de lecture

Contexte

John Steinbeck publie son cinquième roman, Des Souris et des Hommes, en 1937. Après avoir abandonné ses études, Steinbeck a occupé beaucoup d’emplois différents, dont celui d’ouvrier agricole. Cette expérience a influencé l’écriture de son roman. Quant au titre, il provient d’un vers du poète Robert Burns « The best laid schemes o’mice an’men gang aft a-gley » : « Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

Le roman reçoit un accueil enthousiaste. Poussé par ce succès, Steinbeck en réalise une adaptation théâtrale, représentée la même année.

John Steinbeck

1937

Des Souris et des Hommes

Genre

Roman

Personnages

George Milton : Ami d’enfance de Lennie qu’il protège car ce dernier est légèrement attardé mental. Il est vif, adore les jeux de cartes et de hasard et rêve de posséder une petite exploitation.

Lennie Small : Malgré son nom qui signifie tout le contraire, Lenny est immense et possède une grande force physique. Il est légèrement attardé, très naïf, a des réactions d’enfant mais peut aussi se montrer très violent.

Curley : Fils du patron de l’exploitation sur laquelle travaillent George et Lennie, c’est un ancien boxeur qui aime se battre. Pensant pouvoir tirer son autorité du fait de son lien avec le patron, il est grossier et désagréable.

Slim : Considéré comme le chef des hommes du ranch, il travaille comme roulier. Il est calme et posé mais parvient à se montrer autoritaire, notamment avec Curley.

Candy : Homme le plus vieux du ranch, il a perdu une main au travail. Son seul compagnon est un vieux chien malade.

Carlson : Employé de la ferme, c’est un homme robuste et corpulent.

La femme de Curley : Très belle, elle rêvait de devenir actrice et a cru voir son rêve se réaliser grâce à un homme qui s’est révélé être un menteur. Elle rencontre ensuite Curley et l’épouse. Provocante, elle a besoin de séduire.

Crooks : Palefrenier noir, il vit à l’écart des autres hommes de l’exploitation du fait de la ségrégation et du racisme de l’époque.

Thèmes

La fatalité : Dans sa construction divisée en six chapitres, le roman reprend les codes de la tragédie en six actes. Comme une tragédie, il prend pour thème la fatalité. L’issue dramatique semble inévitable et annoncée dès le départ. La première et la dernière partie, qui encadrent le récit, se font écho. Le récit prend fin où il a commencé. La menace du drame plane dès le début, notamment dans les consignes insistantes de George qui semble anticiper avec justesse l’issue dramatique.

L’amitié : Le lien qui unit George et Lennie est particulièrement fort. Même si le premier se plaint parfois de devoir dépendre de Lennie et de son comportement souvent inapproprié, il veille sur lui comme un frère et construit avec lui ses projets d’avenir. La scène finale n’en est que plus dramatique.

La dénonciation des discriminations : L’auteur dénonce le traitement réservé aux Noirs (symbolisés par Crooks) et aux déficients mentaux dans les années 1930.

Le monde agricole : Steinbeck a travaillé comme ouvrier agricole, ce qui lui donne de la matière pour son roman. Dans les années 1930, la situation des ouvriers était particulièrement difficile du fait de la Grande Dépression, une crise économique majeure. Les ouvriers effectuent des travaux difficiles pour un salaire très bas. Pour supporter ces difficultés, les ouvriers trouvent souvent du réconfort dans l’alcool, le jeu et les femmes. Des distractions dangereuses qui les poussent à dépenser leur argent durement gagné.

Résumé

Chapitre 1

Deux hommes, Lennie et George, vêtus de la même manière mais en tous points opposés physiquement, marchent sur le chemin de Soleidad à la recherche d’un travail saisonnier dans un ranch. Ils ont dû fuir Weed, où ils travaillaient, à cause des agissements de Lennie. Ce dernier a voulu innocemment toucher le tissu de la robe d’une fille qui a cru à une agression. Lennie est un peu lent d’esprit et a souvent des réactions d’enfant. George se plaint de devoir s’occuper de lui et de ne pouvoir mener une vie normale. Lennie garde avec lui une souris morte qu’il aime caresser. George lui demande de s’en débarrasser. On devine malgré tout une grande amitié entre les deux hommes. George rassure Lennie et évoque avec lui leur rêve de s’acheter une petite maison pour y élever des lapins. George donne ses dernières directives à Lennie : il doit désormais bien se comporter, ne pas dire un mot lorsqu’ils se présenteront au ranch, et ne pas avoir d’ennuis avec les filles.

Chapitre 2

George et Lennie arrivent au ranch. Ils se présentent au patron et s’installent dans le baraquement où se trouvent déjà d’autres ouvriers : Candy, Curley (le fils du patron), et Slim. Candy les prévient que la femme de Curley est une fille légère et que Curley peut se montrer très agressif si on s’approche trop près de sa femme. George prévient Lennie qu’il doit se méfier de Curley et ne pas s’approcher de sa femme. Cette dernière fait son entrée, très aguicheuse. Un autre ouvrier, Carlson, arrive et propose à Slim de se débarrasser du vieux chien malade de Candy maintenant que sa chienne va avoir des petits. George promet à Lennie qu’il pourra avoir un chiot.

Chapitre 3

George et Slim discutent dans le baraquement. Slim accepte de donner un chiot à Lennie, ce dont George le remercie. Il lui raconte l’histoire de Lennie et l’incident de Weed. Lennie entre avec un chiot qu’il tente maladroitement de cacher. George lui rappelle que le chiot est trop jeune pour être séparé de sa mère. Carlson se plaint de l’odeur du vieux chien de Candy et propose de le tuer pour abréger ses souffrances. Il finit par obtenir l’autorisation de Candy. Carlson s’éloigne avec le chien et le tue.

Curley est à la recherche de sa femme.

Suite à la demande de Lennie, George raconte à nouveau leur rêve de s’établir sur leur propre terrain. Candy les écoute et propose de se joindre à leur projet. Il possède des économies de 350 dollars et serait d’accord pour les investir dans leur projet à condition qu’ils le prennent avec eux, ce que George accepte.

Slim, Curley, Carlson et Whit se disputent à propos de la femme de Curley. Ce dernier s’en prend à Lennie, le provoque et le frappe. Au départ, Lennie, ne sachant si George lui permet d’intervenir, se laisse faire. George lui dit de se défendre. Inconscient de sa force, Lennie brise la main de Curley. Il regrette son geste, car il a peur des conséquences et de voir leur rêve s’effondrer. Slim conseille à Curley de mentir sur l’origine de sa blessure et de ne pas dénoncer Lennie.

Chapitre 4

Lennie entre dans la sellerie et trouve Crooks seul. Ce dernier lui demande de partir mais Lennie insiste pour voir son chiot. Crooks lui parle du racisme dont il est victime car il est noir. On lui refuse de se mêler aux autres. Lennie confie à Crooks le projet de s’établir avec George et Candy. Crooks l’effraie en insinuant que George peut décider de l’abandonner. Il met Lennie dans une rage folle et préfère arrêter ses provocations. Candy entre, car il était à la recherche de Lennie. Candy et Lennie évoquent le projet d’une ferme à trois. Crooks propose de se joindre à eux. La femme de Curley apparaît. Elle comprend que Lennie est responsable de la blessure de son mari. Elle le remercie pour ça.

Chapitre 5

Lennie a accidentellement tué son chiot. Il est paniqué à l’idée que George, en découvrant ça, refuse de le laisser s’occuper des lapins dans leur future ferme. La femme de Curley vient vers lui. Il est effrayé, car il se souvient des consignes de George. Elle lui parle de son rêve de devenir actrice et des hommes qui lui ont fait des promesses sans jamais les tenir. Dans la conversation, Lennie lui parle de sa passion pour les jolies choses qu’il aime toucher et caresser. La femme de Curley lui fait alors caresser ses cheveux mais Lennie les serre trop fort et elle se met à hurler de peur. Lennie la secoue et, ne maîtrisant toujours pas sa force, lui brise la nuque. Il la cache sous le foin avant de disparaître.

Candy, le premier, découvre ce qui s’est passé et prévient George. Quand Curley l’apprend, il part chercher son revolver pour abattre Lennie. Carlson, lui, ne retrouve pas son arme et accuse Lennie.

Chapitre 6

Suivant les instructions de George, Lennie se réfugie au bord de la rivière Salinas. George, sachant que c’est ici qu’il pourra le trouver, le rejoint. À nouveau, suite à l’insistance de Lennie, il répète leur rêve de s’établir à leur compte. Mais, avec l’arme volée à Carlson, il abat son ami.

Citation

« George continua :
- Pour nous, c’est pas comme ça. Nous, on a un futur. On a quelqu’un à qui parler, qui s’intéresse à nous. On a pas besoin de s’asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu’on n’a pas d’autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s’en fout. Mais pas nous. Lennie intervint.
- Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que… parce que moi, j’ai toi pour t’occuper de moi, et toi, t’as moi pour m’occuper de toi, et c’est pour ça. Il éclata d’un rire heureux. »

Chapitre 1

« - Y a pas beaucoup de gars qui voyagent ensemble, dit-il d’un ton rêveur. J’sais pas pourquoi. Peut-être que les gens ont peur les uns des autres, dans ce sacré monde. »

Chapitre 2

« - C’est un brave type, dit Slim. Y a pas besoin d’avoir de la cervelle pour être un brave type. Des fois, il me semble que c’est même le contraire. Prends un type qu’est vraiment malin, c’est bien rare qu’il soit un bon gars. »

Chapitre 3

« J’ai vu des centaines d’hommes passer sur les routes et dans les ranches, avec leur balluchon sur le dos et les mêmes bobards dans la tête. J’en ai vu des centaines. Ils viennent et, le travail fini, ils s’en vont ; et chacun d’eux a son petit lopin de terre dans la tête. Mais y en a pas un qu’est foutu de le trouver. C’est comme le paradis. Tout le monde veut un petit bout de ce terrain. Je lis des tas de livres ici. Personne n’va jamais au ciel, et personne n’arrive à avoir de la terre. C’est tout dans leur tête. Ils passent leur temps à en parler, mais c’est tout dans leur tête. »

Chapitre 4