Fiche de lecture
La Marmite, Plaute
Contexte

La Marmite, aussi intitulée L’Aululaire (à partir de son titre latin Aulularia) est une comédie de l’auteur latin Plaute. Le théâtre de cet auteur représente pour nous les débuts de la littérature latine. Molière s’en inspirera beaucoup, notamment dans L’Avare.

Personnages

Lyconide : Lyconide est un jeune homme amoureux de Phédrie.
Phédrie : Phédrie, fille d’Euclion, est promise à Mégadore.
Euclion : Euclion, un vieil avare, est le père de Phédrie.
Eunomie : Eunomie est la mère de Lyconide et la sœur de Mégadore.
Mégadore : Mégadore est un vieil oncle de Lyconide qui doit épouser Phédrie.
Staphyla : Staphyla est la vieille esclave de la famille d’Euclion.
Strobile : Strobile est l’esclave de Lyconide.

Thèmes

L’avarice : Le personnage d’Euclion incarne l’avarice. Il se dit pauvre, au point de refuser d’offrir une dot et un beau mariage à sa fille unique, alors qu’il possède un trésor. Ce trésor l’obsède et le rend méfiant envers tout le monde. On retrouve ce thème au cœur de la pièce de Molière intitulée L’Avare.
L’amour : C’est l’autre thème principal de la pièce. Deux hommes aiment la même jeune fille : Lyconide et son oncle Mégadore. Ce dernier s’apprête à l’épouser sans dot quand il comprend qu’elle sera plus heureuse avec un jeune homme, son neveu, à qui il laisse finalement la place de bon cœur.
Les sources du comique : Le comique de la pièce repose sur différents procédés. Le comique de caractère est présent à travers le personnage d’Euclion qui, voulant dissimuler son trésor, le révèle malgré lui. S’y ajoute un comique de situation, comme dans le quiproquo final entre Euclion et Lyconide.

Résumé

Un jeune homme, Lyconide, de milieu aisé, a abusé, lors des fêtes de Cérès, d’une jeune fille, Phédrie, laquelle n’a pas reconnu son agresseur. L’accouchement est imminent, mais seule la vieille nourrice, Staphyla, est au courant. Lyconide ne demande qu’à réparer sa faute et, avant de faire sa demande officielle au père, Euclion, il demande conseil à sa mère Eunomie, qui ignorait tout de la situation. Deux circonstances font obstacle aux projets de Lyconide : la méfiance d’Euclion qui vit misérablement et qui, venant de découvrir un trésor chez lui, caché dans une marmite, tremble qu’on découvre son secret ; l’intention de Mégadore, oncle de Lyconide et voisin d’Euclion, d’épouser Phédrie. Mais grâce à la diplomatie d’Eunomie, à la sagesse de Mégadore et à la fourberie de l’esclave Strobile, la pièce connaît un heureux dénouement.

Prologue

Le dieu Lare (divinité particulière à chaque famille, qui la protège) de la famille d’Euclion expose la situation : il a fait découvrir à Euclion le trésor laissé par un de ses ancêtres et il espère qu’il servira à la dot de Phédrie, la fille d’Euclion.

Acte I

Euclion craint de se faire voler son trésor, caché dans une marmite. Staphyla, son esclave, appréhende l’accouchement imminent de Phédrie, qui a été violée par Lyconide, ce que personne ne sait et ce qu’il regrette.

Acte II

Mégadore, l’oncle de Lyconide, demande Phédrie en mariage. Euclion accepte, mais sans dot.

Acte III

Euclion craint que son trésor ne soit volé par les cuisiniers envoyés chez lui par Mégadore pour le mariage. Il déplace sa marmite.

Acte IV

Strobile, l’esclave de Lyconide, vole la marmite. Lyconide confie à sa mère son désir d’épouser Phédrie et d’empêcher le mariage de celle-ci avec Mégadore. Pendant ce temps, Euclion se plaint d’avoir perdu son trésor et reproche cette perte à Lyconide. Celui-ci croit qu’il parle du sort de sa fille : il se déclare coupable. Mégadore renonce à épouser la jeune fille.

Acte V

Lyconide ordonne à son esclave de rendre la marmite. La pièce, dont la fin ne nous est pas parvenue, se termine probablement par le mariage des deux jeunes gens.

Citation

« LE DIEU LARE
Aussi est-ce à cause d’elle que j’ai fait découvrir le trésor par son père Euclion, afin que, s’il voulait la marier, cela lui devînt plus facile. »

Prologue


« MÉGADORE
Ne me sermonne pas, ma sœur. Je sais ce que tu vas dire : "elle est pauvre" ; cette fille pauvre me plaît. »

Acte II, scène 1


« EUCLION
Quand on est prodigue les jours de fête, on manque du nécessaire les autres jours. »

Acte II, scène 7


« EUCLION
Chacun se pare selon sa fortune et faire figure selon ses moyens. »

Acte III, scène 6