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La Métamorphose, Franz Kafka
Fiche de lecture

Contexte

Franz Kafka rédige La Métamorphose entre le 17 novembre et le 7 décembre 1912. Il travaille alors laborieusement sur un autre manuscrit, celui de son « roman américain », qu’il nomme aussi Le Disparu et qui restera à l’état de fragments à sa mort. L’auteur vit une période de sa vie assez difficile. Des difficultés matérielles et financières l’obligent à vivre chez ses parents et la cohabitation est parfois compliquée. Sur le plan sentimental, Kafka a rencontré quelques mois plus tôt Felice Bauer. Il est partagé entre son désir de l’épouser et sa vocation littéraire, indissociable pour lui de l’aspiration à la solitude.

Kafka confie son texte à René Schickele, directeur de la revue Die Weißen Blätter. La Métamorphose est publié dans la revue en octobre 1915. La même année, en décembre, le livre est publié dans la collection Der jüngste Tag, chez Kurt Wolff Verlag.

Franz Kafka

1915

La Métamorphose

Genre

Roman

Personnages

Gregor Samsa : Personnage principal du récit, Gregor Samsa est représentant de commerce, célibataire, et subvient aux besoins de sa famille. Il se réveille un matin et découvre qu’il est métamorphosé en un monstrueux insecte.

Madame Samsa : La mère de Gregor est bouleversée par la métamorphose. L’apparence de son fils la dégoûte au plus haut point, mais on devine qu’elle est une mère aimante et dévouée.

Monsieur Samsa : Père de Gregor, devenu paresseux depuis qu’il est au chômage, il vit grâce au travail de son fils mais il est obligé de reprendre le travail suite aux événements. Il se méfie de son fils et a une réaction de rejet face à sa métamorphose.

Grete : La petite sœur de Gregor est celle qui témoigne au départ le plus d’affection pour son frère métamorphosé. Mais elle se lasse peu à peu et l’abandonne.

Thèmes

La métamorphose : Le thème de la métamorphose est issu d’une longue tradition littéraire. C’est notamment un thème fréquemment utilisé dans la littérature antique, en particulier chez Ovide. Contrairement à ses prédécesseurs, Kafka ne s’attarde pas sur le processus de métamorphose, mais sur le résultat.

L’absurdité : Dès les premières pages, le lecteur est confronté à une situation absurde. Cela est renforcé par le fait que Kafka n’apporte aucune justification à la métamorphose. Le personnage de Gregor semble être un personnage tout à fait responsable et sérieux avant sa transformation. Malgré des réactions excessives, la famille ne s’interroge elle-même jamais sur la cause de la métamorphose.

L’aliénation / La perte d’identité : La métamorphose éloigne Gregor de sa famille mais aussi du reste de l’humanité. Le sentiment de rejet qu’elle provoque l’oblige à se cloîtrer dans sa chambre et à s’éloigner des autres êtres humains. Incapable de communiquer ou de montrer par un quelconque moyen ses sentiments, il est coupé du monde.

La portée autobiographique : La relation conflictuelle entre le fils métamorphosé et son père renvoie à l’histoire familiale de Kafka et à ses relations difficiles avec son propre père.

Résumé

Chapitre 1

Un matin, Gregor Samsa tente de se lever pour se rendre à son travail de commis voyageur, mais il découvre que, durant la nuit, il s’est métamorphosé en un « monstrueux insecte ». Il s’aperçoit qu’il est très en retard, mais, couché sur le dos, il est incapable de bouger. Sa mère, son père et sa sœur Grete s’inquiètent de ne pas le voir se lever. À travers les murs de sa chambre, dont les trois portes d’accès sont verrouillées, Gregor tente de les rassurer. Le fondé de pouvoir de son employeur s’inquiète à son tour et se rend chez lui pour connaître la raison de son retard inhabituel. Gregor parvient avec difficultés à ouvrir sa porte. À sa vue, le fondé de pouvoir prend peur et s’enfuit. Sa mère s’évanouit. Le père, fou de rage, chasse violemment son fils dans sa chambre.

Chapitre 2

Enfermé dans sa chambre, il ne reçoit que la visite de sa sœur Grete qui, chaque jour, vient le nourrir et nettoyer sa chambre. Sa mère ne peut dépasser son dégoût. Le jour où elle entre dans la chambre pour aider Grete à la vider de ses meubles, elle s’évanouit une nouvelle fois en voyant son fils. Le soir même, le père, qui apprend le malaise de sa femme, se trompe sur les intentions de son fils et, fou de rage, tente de le tuer mais il le blesse seulement.

Chapitre 3

Habituée à vivre grâce aux revenus de Gregor, toute la famille est désormais obligée de travailler et une partie de l’appartement est louée à trois locataires. La famille tolère désormais Gregor. Cependant, un soir, alors que sa sœur joue du violon, il ne peut résister à la musique et sort de sa chambre. Les locataires le voient et partent immédiatement sans payer. Grete est furieuse et propose de se débarrasser de Gregor. Ses parents sont d’accord mais ce ne sera pas nécessaire, car Gregor meurt le jour même : désespéré il ne s’alimentait plus depuis des jours.

Citation

« Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin, au sortir de rêves agités, il se trouva dans son lit métamorphosé en un monstrueux insecte. »

Chapitre 1

« "Tout de même se dit, se dit Gregor, quelle vie tranquille menait ma famille", et tout en regardant droit devant lui dans le noir il éprouvait une grande fierté d'avoir pu procurer à ses parents et à sa sœur une vie pareille dans un appartement aussi beau. »

Chapitre 2

« La grave blessure de Gregor, dont il souffrit pendant plus d'un mois, sembla – car la pomme demeura fichée dans la chair comme un souvenir tangible, personne n'osant l'enlever – avoir rappelé même au père que Gregor, malgré sa forme actuelle, triste et répugnante, était un membre de la famille que l'on n'avait pas le droit de traiter en ennemi, mais envers qui la famille avait le devoir absolu de ravaler son dégoût et de supporter, rien que supporter. »

Chapitre 3

« Il pensa à sa famille avec une tendresse émue. L'idée qu'il n'avait plus qu'à disparaître était, si possible, plus arrêtée encore dans son esprit que dans celui de sa sœur. Il resta dans cet état de méditation vide et paisible jusqu'au moment où l'horloge du clocher sonna trois heures. Il vit encore, devant sa fenêtre, le jour arriver peu à peu. Puis sa tête retomba malgré lui et ses narines laissèrent faiblement passer son dernier souffle. »

Chapitre 3