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Le Hussard sur le toit, Jean Giono
Fiche de lecture

Contexte

Le Hussard sur le toit est un roman d’aventures qui ouvre le « cycle du Hussard », bien qu’il n’ait pas été le premier tome à être publié. L’objectif de ce projet inachevé (trois tomes paraissent sur les dix prévus) est de mettre en scène la vie d’Angelo Pardi (qui commence au XIXe siècle) et celle de sa descendance.

L’ouvrage présente un nouvel aspect de Jean Giono : les thèmes du monde rural et du passé perdu sont supplantés par une succession de péripéties à Manosque et dans ses environs. Angelo Pardi est un officier hussard italien qui ignore tout de la vie : sur fond d’épidémie de choléra, il se confronte à la réalité et acquiert de véritables valeurs.

Jean Giono

1951

Le Hussard sur le toit

Genre

Roman

Personnages

Angelo Pardi : C’est un bel et jeune officier hussard italien dont le titre a été acheté : il ne connaît rien des champs de bataille. Contraint de fuir le Piémont après avoir tué en duel un officier autrichien, le baron Schwartz, il se réfugie en Provence, à Manosque et ses environs, où les hameaux sont infectés par la mort et le choléra. Sa confrontation à la réalité va l’élever de façon initiatique.

Pauline de Théus : Jeune habitante courageuse de Manosque, elle héberge Angelo à son arrivé. Elle est la figure de la fidélité, de l’amour et du respect. Lorsqu’elle se lance sur les routes à la recherche de son mari, Angelo accepte de l’aider.

Thèmes

Le choléra : Le choléra est caricaturé dans le roman, il devient le symbole de la lâcheté humaine et de l’égoïsme. C’est la peur de la maladie qui rend les hommes méchants et qui les tue : le choléra dévoile le véritable tempérament des hommes.

La quête du bonheur : Le bonheur, dernier mot du roman, annonce le prochain ouvrage du cycle. Dans l’ouvrage, l’auteur montre que le bonheur se confronte parfois au devoir.

Résumé

Au moment du récit, toute la Provence est victime d’une épidémie de choléra. L’histoire se déroule durant la monarchie de Juillet, en 1832.

Chapitre I

Angelo est obligé de fuir le Piémont, sa région, et arrive en Provence où une épidémie de choléra est installée. Il s’arrête à la ville de Banon.

Chapitre II

Dès le lendemain, Angelo reprend la route. Mais lors de sa traversée d’Omergues, l’odeur des cadavres en putréfaction le surprend. On lui apprend que la Provence est envahie par le choléra.

Chapitre III

Poursuivant son voyage, Angelo constate que ce sont les soldats qui enterrent les morts. Une fois arrivé au Château de Ser, il découvre que le lieu est vidé de ses habitants. Il continue et s’arrête à Sisteron. Là, il discute avec l’homme chargé de garder le bûcher où l’on jette les cadavres.

Chapitre IV

Le héros ne peut rien faire d’autre que d’assister aux morts qui se multiplient. Sa rencontre avec une femme et deux enfants, chassés, l’amène à Peyruis. Là, on les met en quarantaine, mais la femme ne survit pas. Angelo ne supporte plus cette épidémie et ses morts. Il s’enfuit et trouve finalement refuge dans une auberge.

Chapitre V

Cette auberge est pleine de vie et se présente comme un lieu de débauche où l’alcool coule à flot et où les femmes dépravées sont nombreuses. Cela n’est pas pour plaire à Angelo qui est dégoûté. Il veut rejoindre à nouveau Peyruis mais ce ne sont que des cadavres qui l’accueillent. Alors de retour à l’auberge, il ne découvre là aussi que des morts. Epuisé, il repart et arrive à Manoque.

Chapitre VI

Angelo se lave à la fontaine de la ville. On commence par l’accuser d’empoisonner l’eau. Une fois libéré, il part à la recherche d’un compatriote du Piémont, Guiseppe. Sa route continue de le confronter aux cadavres, puis à un lynchage. Angelo, excédé, ne veut plus voyager par le sol et il décide de tenter de continuer sa route par les toits. Il finit par être accueilli par une jeune femme, chez elle.

Chapitre VII

Dès le lendemain, Angelo retrouve le sol et se met à aider une nonne à rassembler les cadavres de la ville et donne des soins.

Chapitre VIII

Angelo apprend que Guiseppe a quitté la ville pour un campement. Il cherche à le rejoindre.

Chapitre IX

Les malades et leurs proches sont rejetés. Or, le choléra arrive jusqu’aux collines du campement de Giuseppe qui quitte les lieux.

Chapitre X

Lors de son périple, Angelo retrouve la jeune femme de Manosque, Pauline. Il l’accompagne chez sa sœur à Théus.

Chapitre XI

Ils sont mis tous les deux en quarantaine par des gardes mais ils réussissent à s’échapper.

Chapitre XII

Les deux jeunes gens s’installent dans un petit village mais les habitants se méfient d’eux. À nouveau, ils fuient et se réfugient dans une maison abandonnée. Là, ils se confient l’un à l’autre et partagent leurs souvenirs. Angelo parle de sa mère, une duchesse italienne à la fois très romantique et révolutionnaire, et Pauline parle de son enfance et de son mari, de quarante ans plus vieux qu’elle, mais qu’elle aime.

Chapitre XIII

De nouveau sur les routes, une averse les surprend et un médecin les accueille.

Chapitre XIV

Pauline est atteinte du choléra. Angelo fait tout pour la soigner. Elle finit par guérir. Ils arrivent alors ensemble au Château de Théus où Pauline retrouve son mari. Quant à Angelo, il repart en direction de l’Italie.

Citation

« L’aube surprit Angelo béat et muet mais réveillé. La hauteur de la colline l’avait préservé du peu de rosée qui tombe dans ce pays en été. Il bouchonna son cheval avec une poignée de bruyère et roula son porte-manteau.

Les oiseaux s’éveillaient dans le vallon où il descendit. Il ne faisait pas frais même dans les profondeurs encore couvertes des ténèbres de la nuit. Le ciel était entièrement éclairé d’élancements de lumière grise. Enfin, le soleil rouge, tout écrasé dans de longues herbes de nuages sombres, émergea des forêts. »

Chapitre I

« Sur les talus brûlés jusqu’à l’os quelques chardons blancs cliquetaient au passage comme si la terre métallique frémissait à la ronde sous les sabots du cheval. Il n’y avait que ce petit bruit de vertèbre, très craquant malgré le bruit du pas assourdi par la poussière et un silence si total que la présence des grands arbres muets devenait presque irréelle. La selle était brûlante. Le mouvement des sangles faisait mousser de l’écume. La bête suçait son mors et, de temps en temps, se raclait le gosier en secouant la tête. La montée régulière de la chaleur bourdonnait comme d’une chaufferie impitoyablement bourrée de charbon. Le tronc des chênes craquait. »

Chapitre I

« Angelo n’avait jamais eu l’occasion de se trouver sur un champ de bataille. […] Il s’était dit souvent : “Quelle figure ferais-je à la guerre ? J’ai le courage de charger, mais aurais-je le courage du fossoyeur ? Il faut non seulement tuer mais savoir regarder froidement les morts. Sans quoi, l’on est ridicule. Et, si on est ridicule dans son métier, dans quoi sera-t-on élégant ?” »

Chapitre II

« Avouez que vous aviez peur pour lui. On n’avoue jamais ces choses-là de façon franche et c’est dommage, mais ceci est affaire de compromis habituels, de demi-teintes, de demi-tons, de bémols et de dièses. »

Chapitre XIII