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Le Lys dans la vallée, Honoré de Balzac
Fiche de lecture

Contexte

Le Lys dans la vallée a été écrit par Balzac entre 1834 et 1836, pendant la Monarchie de Juillet (1830-1848).

Le Lys dans la vallée est un roman d’initiation sentimentale sous forme de confession épistolaire, écrit par Honoré de Balzac. Le philosophe Alain résumait ainsi l’œuvre : « c’est l’histoire des Cent Jours vus d’un château de la Loire ». Le texte est partiellement paru en 1835 dans la Revue de Paris, puis en 1836 aux éditions Werdet. Il fera également partie de la Comédie humaine (1841) dans la section des Études de mœurs, dans sa dernière série intitulée Scènes de la vie de la campagne.

Honoré de Balzac

1835

Le lys dans la vallée

Genre

Roman

Personnages

Le comte Félix de Vandenesse : C’est le personnage principal du roman.

La comtesse Blanche-Henriette de Mortsauf : Elle est le « Lys » dans la vallée de l’Indre. Elle incarne la pureté. Félix en est éperdument amoureux.

Le comte de Mortsauf : Il est l’époux violent et égoïste de la comtesse de Mortsauf.

Jacqueline et Madeleine de Mortsauf : Ce sont les enfants du comte et de la comtesse.

Lady Arabelle Dudley : Jeune noble anglaise dont le portrait la place à l’opposé de la comtesse de Mortsauf. Maîtresse de Félix de Vandenesse.

Thèmes

Romantisme et réalisme : Le Lys dans vallée s’inscrit dans le courant du réalisme qui se développe à la moitié du XIXe siècle. Le réalisme ambitionne d’écrire la vie telle qu’elle est. Néanmoins, dans la Comédie humaine de Balzac, comme chez Flaubert ou Stendhal, romantisme et réalisme ne s’excluent pas mutuellement : ces deux courants coexistent dans leurs œuvres et se sont réciproquement enrichis. Dans Le Lys dans la vallée, c’est dans une union mortuaire (la mort de la comtesse de Mortsauf) que se fondent romantisme et réalisme.

La Touraine balzacienne : La Touraine est la région natale de Balzac, qui né à Tours en 1799. Plusieurs de ses romans se déroulent en Touraine, comme Eugénie Grandet ou le Lys dans la vallée. Dans le Lys dans la vallée et à travers la comtesse de Mortsauf, la Touraine incarne la beauté et la sensualité.

Cent-jours : La période dite des Cents-jours caractérise le retour de Napoléon entre son retour de l’île d’Elbe (le 20 mars 1815) où il est exilé et sa deuxième abdication le 22 juin 1815, juste après la défaite française de Waterloo.

Résumé

Le roman raconte les histoires d’amours impossibles entre le comte Félix de Vandenesse et les femmes : en premier lieu, celle d’un amour filial insatisfait, et plus tard, celle d’une relation platonique et tragique avec la comtesse Henriette de Mortsauf. Le Lys dans la vallée présente la particularité d’être chargé d’éléments autobiographiques (le désamour d’une mère, les amours de Balzac…) tout en relatant un évènement historique en arrière-plan de la trajectoire amoureuse du narrateur : celle des Cent-Jours.
Le Lys dans la vallée s’ouvre avec une lettre signée « Félix » à « Madame la comtesse Natalie de Manerville ». Cette lettre annone le roman et la confession de Félix à celle qu’il « aim[e] plus qu’elle ne [l’]aime », celle-ci l’ayant interrogé sur son passé et les « soudaines et brusques rêveries qui [l]e saisissent parfois en plein bonheur ». Félix est prêt à lui révéler son passé et ses amours contrariés, ceux du fils et de l’homme qu’il fut avant de la connaître, implorant sa rédemption.

« Les deux enfances »

La première partie de l’ouvrage, intitulée « les deux enfances », raconte l’enfance malheureuse de Félix, malaimé et délaissé par sa mère. La rencontre avec la comtesse de Mortsauf au bal du duc d’Angoulême lui offre une mère de substitution : Henriette incarne la femme mal mariée, et elle est mère de deux enfants sur lesquels elle reporte toute son affection (« Je sentais en moi-même ce regard, il […] avait fait retentir en mon âme les harmonies que contient l’O filii, o filiae ! de la résurrection pascale »). Félix se rend alors en Touraine, dans la vallée de l’Indre, auprès de cette dernière. Il logue à Frapesle chez M. de Chessel, près de Clochegourde où réside la comtesse de Mortsauf.

« Les premières amours »

Félix découvre la vie de la famille Mortsauf et voit se déployer sa passion platonique pour la comtesse. Il se lie d’amitié avec le comte pour se rapprocher de la comtesse, mais le vrai visage violent et égoïste du comte de Mortsauf ne tarde pas à se révéler. Félix et la comtesse entretiennent une romance secrète. Les mois passent et Félix doit rentrer à Paris. Grâce aux lettres de recommandation de la comtesse de Mortsauf, Félix entre au service du roi. Lorsqu’il revient à Clochegourde, le comte est malade, mais la comtesse se refuse à Félix, enserrant le jeune homme dans une relation platonique.

« Les deux femmes »

De retour à Paris, Félix poursuit sa carrière politique et mondaine et fait la rencontre de la voluptueuse Arabelle Dudley, une noble anglaise. La comtesse de Mortsauf apprend sa liaison et se laisse mourir.

« À Monsieur le comte de Vandenesse »

Suite à la confession de Félix de Vandenesse, la comtesse Natalie de Manerville lui répond… et l’éconduit. Elle lui explique qu’il aurait mieux valu lui mentir que de lui livrer la vérité : « Il fallait me tromper ; plus tard, je vous aurais remercié ».

Citation

« À quel talent nourri de larmes devrons-nous un jour la plus émouvante élégie, la peinture des tourments subis en silence par les âmes dont les racines tendres encore ne rencontrent que de durs cailloux dans le sol domestique, dont les premières frondaisons sont déchirées par des mains haineuses, dont les fleurs sont atteintes par la gelée du moment où elles s’ouvrent ? »

« Déjà déshérité de toute affection, je ne pouvais rien aimer et la nature m’avait fait aimant ! »

« La campagne, cet éternel remède des affections auxquelles la médecine de connaît rien. »

« Ne me demandez plus pourquoi j’aime la Touraine ! je ne l’aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert ; je l’aime comme un artiste aime l’art ; […] sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus. »

« Je renonce à la gloire laborieuse de vous aimer : il faudrait trop de qualités catholiques ou anglicanes, et je ne me soucie pas de combattre les fantômes. Les vertus de la Vierge de Clochegourde désespèreraient la femme la plus sûre d’elle-même, et votre intrépide Amazone décourage les désirs les plus hardis de bonheur. »