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Le Roi se meurt, Eugène Ionesco
Fiche de lecture

Contexte

Le Roi se meurt est une tragédie en un acte d’Eugène Ionesco produite en 1962. Texte puissant, teinté d’influence shakespearienne, il confronte l’homme avec l’une de ses plus grandes angoisses : la mort.

Elle rencontre un large succès. La critique est unanime. Certains (ceux qui n’avaient pas apprécié ses œuvres précédentes) pensent d’ailleurs que ce n’est pas du Ionesco ! L’auteur entra à l’Académie française en 1970.

Eugène Ionesco

1962

Le Roi se meurt

Genre

Théâtre

Personnages

Bérenger Ier : Le roi.

La reine Marguerite : Première épouse du roi Bérenger Ier. Elle représente la Mort.

La reine Marie : Deuxième épouse du roi Bérenger Ier. Elle représente la Vie.

Le Garde : Il représente l’armée au service du roi.

Juliette : Femme de ménage, femme de chambre, infirmière. Elle représente le peuple.

Le médecin : Médecin qui est également chirurgien, bourreau, bactériologue et astrologue.

Thèmes

La réthorique : Ionesco n’utilise pas dans Le Roi se meurt un langage désarticulé et heurté comme il aimait le faire jusqu’à présent. Il a eu pour souhait de faire de la rhétorique.

L’homme universel : Le prénom du héros, Bérenger, est celui des héros de certaines autres de ses œuvres (comme Rhinocéros). Pour l’auteur, il représente l’homme universel. Tout homme est une sorte de roi au centre de l’univers, univers qui lui appartient jusqu’au moment où tout s’écroule (la mort) : Bérenger disparaît et tout disparaît avec lui.

La mort : La mort est le thème central du Roi se meurt. L’Homme a conscience de la mort qui le menace. C’est une angoisse qui hante l’auteur. Ionesco a donc souhaité que cette pièce soit une sorte de libération de cette angoisse.

Lorsque Bérenger apprend qu’il va mourir, il passe par différentes émotions : il n’y croit pas, il s’effraie, est en colère, vexé, puis la peur se mêle à la résignation et à la nostalgie. Petit à petit, il abandonne son royaume et les siens. Dépouillé de tout, il peut mourir…

Dans la pièce, Bérenger est bigame. Pour l’auteur, tout le monde a deux femmes : la vie et la mort.

Le médecin bourreau représente la conscience collective et objective. Ce médecin, la servante et le garde sont le chœur du théâtre antique et classique.

Résumé

Cette tragédie en un acte raconte les derniers instants du roi Bérenger Ier qui va mourir.

Au lever du rideau, la cour est annoncée solennellement par le Garde. Le roi Bérenger Ier entre, suivi de ses deux reines, de Juliette et du Médecin.

Sale et inconfortable, la salle est baignée de froid, si bien que les murs du palais se dégradent. La reine Marie se lamente de cet état, et la reine Marguerite lui reproche cette frivolité.

Il faut annoncer au roi que la fin de son règne est proche. Marie refuse cette constatation et pense qu’il pourra échapper à son destin. Marguerite est plus lucide et fataliste : le château est en mauvais état, l’armée n’a plus de poids, la population vieillit et le roi est malade. Pour le médecin, l’affaire est faite : on ne peut plus opérer le roi, le drame est donc inévitable.

Bérenger entre les pieds nus et se plaint de l’état de l’Univers, du Royaume et de sa santé. Son médecin ne lui laisse aucun espoir, mais le roi refuse d’admettre l’évidence. Il veut mourir quand il l’aura décidé, quand il l’aura accepté. Il refuse, se révolte, et finit par accepter son destin.

Seule la reine Marie va dans son sens. Toute la cour lui explique que son déclin est irréversible. La reine Marguerite lui annonce alors le compte à rebours, il va mourir dans une heure vingt-cinq. Le garde explique que la cérémonie va commencer.

Le décor disparait peu à peu jusqu’à sa disparition complète : c’est le symbole de la mort du roi.

Citation

« Il n’est pas naturel de mourir, puisqu’on ne veut pas. Je veux être. »

« Des milliards de morts. Ils multiplient mon angoisse. Je suis leurs agonies. Ma mort est innombrable. Tant d’univers s’éteignent en moi. »

« Mon chéri, mon Roi, il n’y a pas de passé, il n’y a pas de futur. Dis-le-toi, il y a un présent jusqu’au bout, tout est présent ; sois présent. Sois présent. »

« Pourquoi suis-je né si ce n’était pas pour toujours ? »