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Les Plaideurs, Jean Racine
Fiche de lecture

Contexte

Les Plaideurs est la seule comédie (en trois actes et en vers) de Racine, principalement auteur de tragédies telles qu’Andromaque. Il l’a écrite en quelques mois, pour répliquer à une pièce qui parodiait méchamment Andromaque, La Folle Querelle, d’un certain Subligny, que jouait Molière. S’inspirant des Guêpes du grec Aristophane, Racine s’attaque au monde de la justice.

Jean Racine

1668

Les Plaideurs

Personnages

Dandin  : Dandin est un juge.

Léandre : Léandre est le fils du juge. Il souhaite épouser Isabelle.

Chicanneau : Chicanneau est un bourgeois qui se querelle avec la comtesse de Pimbesche.

La comtesse de Pimbesche : La comtesse de Pimbesche est une comtesse qui se querelle avec Chicane.

Isabelle : Isabelle est la fille de Chicanneau.

Petit-Jean : Petit-Jean est le portier de Dandin.

L’Intimé : L’Intimé est le secrétaire de Dandin.

Thèmes

La satire de la justice : Racine se dénonce le zèle de certains juges et se moquent du jargon et du pédantisme des hommes de loi. Les citoyens et les plaideurs sont aussi montrés du doigt pour leur manie de recourir à la justice dès que l’occasion se présente : ils se révèlent aussi procéduriers que les juges eux-mêmes.

L’amour contrarié : L’intrigue inclut un thème classique de la comédie, celui de l’amour contrarié : deux jeunes gens qui s’aiment voient leurs projets de mariage empêchés par leurs pères. C’est par la ruse que les amoureux parviennent à leurs fins.

La farce : On retrouve dans la pièce les ressorts comiques de la farce : extravagances du juge, déguisements, coups de bâton, quiproquos et rebondissements…

Résumé

Dans une ville de Basse-Normandie, un juge ne veut plus s’arrêter de juger, au point que son fils doit le retenir chez lui. Un bourgeois et une comtesse, qui entament des procès pour un oui ou pour un non, réclament justice devant sa porte. Léandre, le fils du juge, amoureux de la fille du bourgeois, devra faire preuve de ruse pour réussir à obtenir sa main.

Acte I

Léandre tient enfermé à la maison son père afin de le ramener à la raison. En effet, celui-ci, nommé Dandin, est atteint d’une passion sans limite pour les procès. Par ailleurs, Léandre souhaite épouser Isabelle, mais craint que le père de la jeune fille, Chicanneau, qui n’aime pas les juges, la lui refuse. Ce dernier se rend néanmoins au domicile du juge Dandin pour obtenir audience à propos d’une querelle qui l’oppose à la comtesse de Pimbesche, qui s’est déplacée elle aussi. Tous deux se disputent devant la maison.

Acte II

Léandre et le secrétaire de son père, l’Intimé, déguisés en commissaire et en homme de loi, parviennent à faire signer à Chicanneau une promesse de mariage en lui faisant croire qu’ils lui présentent un procès-verbal lié à son affaire avec la comtesse. Quant à Dandin, il obtient de son fils de pouvoir rendre à nouveau justice : il jugera son chien Citron pour avoir dévoré un chapon.

Acte III

Le procès du chien se déroule, avec le secrétaire et le portier de Dandin dans le rôle des avocats. Le juge condamne dans un premier temps l’animal aux galères mais finit par le gracier. Léandre va pouvoir épouser Isabelle, la promesse de mariage signée par Chicanneau étant déclarée valide par Dandin.

Citation

« PETIT-JEAN
Ma foi, sur l’avenir bien fou qui se fiera :
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. »

Acte I, scène 1

À propos de Dandin :
« PETIT-JEAN
Il fit couper la tête à son coq, de colère,
Pour l’avoir éveillé plus tard qu’à l’ordinaire ;
Il disait qu’un plaideur dont l’affaire allait mal
Avait graissé la patte à ce pauvre animal. »

Acte I, scène 1

« LA COMTESSE
Mais vivre sans plaider, est-ce contentement ? »

Acte I, scène 7

« ISABELLE
Hé ! monsieur, peut-on voir souffrir des malheureux ?

DANDIN
Bon ! cela fait toujours passer une heure ou deux. »

Acte III, scène 4