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Les Rayons et les Ombres, Victor Hugo
Fiche de lecture

Contexte

Victor Hugo compose le recueil Les Rayons et les Ombres entre 1830 et 1840, date de sa publication. À cette époque, Hugo se focalise sur le théâtre, se faisant dramaturge, ce qui ne l’empêche pas de publier quatre recueils de poèmes dont celui qui nous intéresse. Il ouvrira d’ailleurs son propre théâtre, le théâtre de la Renaissance, avec le soutien d’Alexandre Dumas. Il montera un grand nombre de pièces, avec des succès divers de 1828 à 1843. 1830 est l’année d’un affrontement autour d’une de ses pièces, Hernani, qui créera un clivage entre romantiques et classiques autour du théâtre et de la classification des genres. Hugo y est, bien entendu un des chantres du romantisme.

Les Rayons et les Ombres est le huitième recueil de poésie de Hugo. Il s’agit d’un de plus célèbres et importants de son immense bibliographie.

Victor Hugo

1840

Les Rayons et les Ombres

Genre

Poésie

Thèmes

La fonction du poète : Dans sa longue ode d’introduction, Hugo donne sa vision du rôle du poète, être élu, sorte de lien entre les hommes et les dieux qui doit éclairer les ténèbres et apporter la connaissance à l’humanité. C’est une profession de foi essentielle dans l’œuvre de Victor Hugo en général et ce recueil en particulier. L’ambition du recueil est d’offrir la poésie à tous, au delà des clivages religieux et politiques habituels.

Vie personnelle d’Hugo : Certains poèmes sont tout simplement issus de la vie de leur auteur. « Ce qui se passait aux Feuillantines, vers 1813 » nous conte son enfance et la perte de son innocence, « Le sept août mil huit cent vingt-neuf » et « Au roi Louis-Philippe après un arrêt de mort » évoquent son rôle de confident de Louis-Philippe… Encore une fois, la figure centrale du poète est un prétexte pour évoquer les expériences de Hugo.

Les Ombres : Les poèmes entrant dans cette catégorie sont purement romantiques. Les sentiments y sont exacerbés, la perte, le deuil, les regrets et la nostalgie sont le cœur de ces ombres qui ne sont qu’une manifestation de l’ignorance que le poète doit éclairer et sublimer.

Les Rayons : Ces poèmes sont résolument tournés vers l’avenir et sont l’incarnation de l’idéalisme de Hugo, de sa foi en un futur radieux. Le passéisme en est absent et il apparaît clairement qu’ils représentent l’objectif que doit atteindre le poète.

Résumé

Les Rayons et les Ombres est donc un recueil composé de 44 poèmes. Comme son titre l’indique, il oscille toujours entre les « Rayons » (joie, allégresse, souvenir des jours heureux) et les « Ombres » (tristesse, mort, héros oubliés). Cette oscillation constitue l’essence même de l’existence. Dans certains cas, tous sentiments cohabitent dans le même texte, « Ce qui se passait aux Feuillantines, vers 1813 » par exemple. On a donc une alternance entre poèmes sombres et lumineux, parfois sur le même thème (« Matelots ! matelots ! vous déploierez les voiles » et « Oceano nox »). On trouve des récurrences dans les sujets traités comme le poète et son rôle, les pièces autobiographiques…

Citation

« Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
Ô flots, que vous savez de lugubres histoires ! »

« Oceano nox »

« Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
Il est l’homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C’est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
Comme une torche qu’il secoue,
Faire flamboyer l’avenir ! »

« Fonction du poète »

« La gloire est vite abattue ;
L’envie au sanglant flambeau
N’épargne cette statue
Qu’assise au seuil d’un tombeau.
La prospérité s’envole,
Le pouvoir tombe et s’enfuit.
Un peu d’amour qui console
Vaut mieux et fait moins de bruit. »

« Quand tu me parles de gloire »

« Tout nous manque, hormis la peine !
Le bonheur, pour l’homme en pleurs,
N’est qu’une figure vaine
De choses qui sont ailleurs. »

« À cette terre, où l’on ploie »