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Manon des sources, Marcel Pagnol
Fiche de lecture

Contexte

Manon des sources est le second tome du cycle « L’Eau des collines », diptyque (cycle formé de deux volets) de Marcel Pagnol publié en 1963. Le roman est adapté des films réalisés par Pagnol lui-même, tous deux en 1952 : Manon des sources et sa suite Ugolin.

En 1986, Claude Berri adapte Jean de Florette et réalise la suite Manon des sources avec les mêmes acteurs, Yves Montand et Daniel Auteuil. Emmanuelle Béart joue le rôle de Manon.

Marcel Pagnol

1963

Manon des sources

Genre

Roman

Personnages

Ugolin Soubeyran : Surnommé « Galinette », c’est un garçon un peu simplet. Il est le neveu du papet pour qui il représente le dernier espoir de la « race des Soubeyran ».

César Soubeyran : Surnommé « le Papet », c’est l’oncle d’Ugolin et un des deux derniers représentants des Soubeyran, une des plus riches familles du village.

Aimée Cadoret : Veuve de Jean de Florette et mère de Manon.

Manon Cadoret : Fille de Jean de Florette et Aimée Cadoret.

Bernard Olivier : Instituteur de 25 ans, il vient de la ville. Il devient ami avec Manon avant de l’épouser.

Philoxène de Clarisse : Maire du village.

Pamphile de Fortunette : Menuisier-charpentier-charron du village.

Casimir : Forgeron du village.

Anglade : Vieil homme, sage du village.

Ange : Fontainier du village

Eliacin : « Géant » du village.

Martial Chabert : Boulanger du village.

Méderic : Patron du bar du village.

Delphine : Vieille femme aveugle qui apprend la vérité au Papet. Elle est la tante d’Ange, le fontainier.

Le spécialiste du génie rural : Ingénieur contacté par la mairie pour expliquer la raison de l’arrêt de la fontaine.

Thèmes

La vengeance : Un désir de vengeance anime Manon, qui a vu son père souffrir et mourir à cause des Soubeyran. Le désir de vengeance se déclenche lorsqu’elle découvre que tout le village a laissé son père mourir sans rien lui dire de l’existence de la source. L’instituteur la ramène à la raison en lui rappelant que tous ne sont pas coupables et que les vrais coupables, les Soubeyran, sont déjà punis.

La mort : L’ombre de Jean de Florette plane encore sur tous les personnages. Ugolin s’adresse à lui quand il commence à perdre la tête. Manon ne se remet pas de sa disparition et tente de le faire vivre à travers elle (comme lui elle lit beaucoup, elle a un petit élevage de lapins etc.) Le suicide d’Ugolin découle de cette première mort, tout comme le décès du Papet.

Les non-dits : Ce qui détruit le village, ce sont les non-dits. Les villageois n’ont pas osé révéler la vérité à Jean de Florette par peur des Soubeyran, mais aussi selon l’idée reçue qu’il ne faut pas se mêler de la vie d’autrui. Les conséquences de ce secret sont dramatiques. Parfois les non-dits sont involontaires, comme c’est le cas avec la lettre de Florette jamais arrivée jusqu’au Papet. C’est sur ce non-dit originel que repose tout le drame de l’histoire.

Résumé

Chapitre 1

Attilio, l’ancien compagnon de chambre d’Ugolin lors de son service militaire, se rend dans la ferme tout juste acquise par ce dernier et constate la qualité de la source et de la terre. Il leur conseille pour commencer de s’assurer que pas un seul lapin ne reste de l’élevage de Jean de Florette, ce serait un drame pour la plantation des œillets. Ugolin travaille énormément à la réussite de son projet.

Chapitre 2

Le succès d’Ugolin fait beaucoup parler dans le village. Les villageois évoquent par des sous-entendus la mort de Jean de Florette.

Chapitre 3

Manon, sa mère et Baptistine vivent désormais dans la grotte du Plantier. Manon s’occupe d’un petit élevage de lapins. Elle devient bergère.

Chapitre 4

Un nouveau prêtre a rejoint le village, ainsi qu’un nouvel instituteur, Bernard Olivier, jeune homme de 25 ans. Passionné de minéralogie, il est très intéressé par les collines.

Chapitre 5

De ses collines, Manon observe l’instituteur. Elle est intriguée par cet homme qui semble venir de la ville et qui pourtant semble connaître la nature et les animaux. L’instituteur croise ensuite un vieux paysan qui lui parle de « la fille des sources ».

Chapitre 6

L’instituteur interroge Philoxène au sujet de la fille des sources. Les villageois, parmi lesquels Ugolin et le Papet, lui racontent alors l’histoire de Manon et de sa famille.

Chapitre 7

Ugolin et le Papet se rendent chez le fleuriste pour des négociations. L’argent monte à la tête d’Ugolin, effrayé qu’on puisse lui voler.

Chapitre 8

Alors qu’il se promène dans les collines, Ugolin surprend Manon, nue, qui se lave. Manon remarque qu’elle est observée mais ne le surprend pas.

Chapitre 9

Ugolin ne se remet pas de la scène à laquelle il vient d’assister. Le Papet lui rend visite et insiste sur la nécessité pour lui de se marier pour que le nom des Soubeyran ne se perde pas, tout comme le trésor de la famille. Ugolin lui avoue qu’il songe à une femme.

Chapitre 10

Cette nuit-là, Ugolin passe une nuit agitée en repensant à Manon mais aussi à son père, Jean de Florette. Sa culpabilité et ses remords le tiennent en éveil, même s’il considère que Jean est responsable de son sort.

Chapitre 11

Manon surprend une conversation entre villageois à laquelle participe celui qu’elle avait pris pour un chercheur d’or dans les collines et Ugolin, qu’elle n’a pas revu depuis quatre ans. Elle ressent pour cet homme beaucoup de haine à le voir profiter de ce qui aurait dû revenir à son père. Sans se montrer, Manon lance à l’instituteur le couteau qu’il avait perdu dans les collines.

Chapitre 12

Tous les matins, Ugolin se rend dans les collines pour apercevoir Manon.

Chapitre 13

Le Papet est intrigué par le changement d’attitude de son neveu. Il commence à le surveiller et l’interroge sur la femme qui le retient tous les matins. Ugolin lui avoue qu’il observe une femme tous les matins depuis plusieurs jours. Pudique sur le sujet et très mal à l’aise, il parle avec le Papet à travers une porte. Il finit par lui révéler le nom de la femme qui l’obsède : Manon. Le Papet ne dit pas un mot et s’en va. Ils n’en reparlent que le lendemain.

Chapitre 14

Ugolin surprend l’instituteur venu remercier Manon de lui avoir donné son couteau. Il est furieux de le trouver là.

Chapitre 15

Ugolin demande des conseils au Papet pour séduire Manon. Ce dernier insiste sur l’importance d’avoir l’air propre et riche. Aussi le lendemain, Ugolin se rend chez le coiffeur et achète un costume.

Chapitre 16

Il part à sa rencontre dans les collines. Elle peine à le reconnaître avec son costume et son air apprêté. Cette tenue qui met en avant sa richesse lui fait beaucoup de mal en la renvoyant à l’extrême pauvreté de son père à la fin de sa vie. Elle refuse les avances d’Ugolin, elle ne veut rien recevoir d’un homme qui a déjà causé tant de malheurs dans sa famille. Alors qu’elle prend la fuite, Ugolin lui crie son amour.

Chapitre 17

Ugolin n’avoue pas à son oncle l’échec de cette rencontre.

Chapitre 18

Ugolin réunit les reliques qui lui rappellent Manon. Il place une pelote de cheveux, un bouton de nacre et trois noyaux d’olives avec son trésor. Il se coud sur le torse, à l’emplacement du cœur, le ruban de Manon.

Chapitre 19

Manon surprend une conversation entre Pamphile et Cabridan. Elle découvre que les villageois étaient au courant de l’existence de la source et qu’ils n’ont rien fait pour sauver son père. Elle décide de se venger en mettant le feu à la ferme d’Ugolin. Mais un orage éclate. Manon est furieuse de constater que la pluie tant espérée par son père vient sauver son assassin. Elle tombe par hasard sur une source inconnue de tous.

Chapitre 20

Elle retourne à la source le lendemain et le surlendemain. Manon a une nouvelle idée de vengeance : elle va boucher la source.

Chapitre 21

Baptistine découvre que le corps de son mari a été jeté dans la fosse commune. Manon est terrifiée à l’idée qu’on ait pu faire la même chose à son père. Elle se précipite au village où on la rassure. Les villageois découvrent que l’eau ne coule plus dans les fontaines. La panique s’installe.

Chapitre 22

Le maire attend la venue sans cesse repoussée du génie rural, appelé pour résoudre le problème. Ugolin fait des allers-retours tous les jours pour aller chercher de l’eau. Il est persuadé que c’est une punition de Jean de Florette et l’implore de leur rendre la source.

D’autres villageois sont persuadés que c’est Baptistine qui a jeté un sort. Le génie rural souhaite interroger Manon sur les points d’eau qui ne figurent pas sur les cartes.

Chapitres 23 et 24

Les villageois sont réunis pour écouter le rapport du génie rural. Il présente son analyse et ses hypothèses sur la cause de l'arrêt de la fontaine dont l'eau provient d'une source des hauteurs avoisinantes. La seule solution envisageable pour le moment est de faire livrer l’eau au village. Les habitants sont furieux.

Chapitre 25

Le dimanche, la messe attire des hommes qui ont peu l’habitude de s’y rendre. Ils ne voient plus d’autre espoir que de prier Dieu de leur rendre la source. Le curé leur reproche leur attitude. Il les invite également à un examen de conscience car d’après lui il s’agit d’une punition divine. Le curé leur annonce une procession (un cortège de fidèles qui défilent d’un lieu à un autre, tout en priant, chantant ou accomplissant d’autres actes de dévotions) pour le dimanche suivant.

Chapitre 26

Ugolin est terrifié par le serment du prêtre. Il fait part de ses inquiétudes au Papet : et si quelqu’un les avait dénoncés ? L’instituteur invite les villageois et Manon à un apéritif à l’occasion de son anniversaire. Les villageois évoquent le serment du prêtre. Manon accuse ouvertement Ugolin et le Papet d’avoir retiré la source à son père. Le Papet nie mais Eliacin confesse les avoir vus boucher la source. Ugolin se jette au pied de Manon et lui fait une nouvelle déclaration avant de s’enfuir. Pendant ce temps, les villageois reconnaissent avoir caché l’existence de la source à Jean.

Chapitre 27

Le Papet envoie un messager pour convier les villageois chez lui. Lorsqu’ils arrivent il leur désigne l’endroit où pend encore le corps sans vie d’Ugolin. Il les juge responsables de ce malheur. Ugolin a laissé son testament dans lequel il cède la ferme à Manon. Il laisse également une lettre pour le Papet. On découvre que le ruban qu’il s’est cousu contre la poitrine lui a causé un abcès.

Chapitre 28

Le maire et le notaire vont lire le testament d’Ugolin à Manon. L’instituteur demande à Manon de rendre la source aux villageois en lui rappelant qu’il n’y a que deux coupables dans cette histoire, dont l’un est décédé et l’autre est un pauvre vieillard abattu. Manon se rend avec lui à la source pour la déboucher.

Chapitre 29

L’eau n’est pas encore revenue et les villageois commencent à désespérer.

Chapitre 30

Comme convenu, le dimanche a lieu la procession. C’est à ce moment-là que l’eau revient, chacun se met à croire à un miracle.

Chapitre 31

Manon et Bernard, l’instituteur, se marient.

Chapitre 32

Un an plus tard, Manon attend un enfant. Le Papet, quant à lui, a vieilli et ne travaille presque plus.

Chapitre 33

Delphine, la tante d’Ange, le fontainier, revient dans le village. Elle retrouve le Papet qu’elle connaît bien. Elle lui reproche de ne pas avoir répondu à un courrier de Florette. Pourtant le Papet assure qu’il n’a jamais reçu cette lettre. D’ailleurs, sans nouvelles de sa part, il a dû se résoudre à l’oublier alors qu’il était fou d’elle. Dans cette lettre, Florette lui apprenait qu’elle était enceinte et qu’elle portait son enfant. Delphine apprend au Papet que cet enfant est né bossu. Le Papet meurt le jour de la naissance de l’enfant de Manon. Dans une lettre, le Papet confie la vérité à Manon et lui fait part de ses regrets.

Citation

« Jean de Florette était vraiment parti sans retour pour un autre royaume. De son passage, et de sa longue misère, il ne restait rien, ou très peu de chose : dans un olivier, près de la maison, deux anneaux rouillés par d'autres saisons d'où pendait jadis une balançoire, et pendant les nuits de mistral, caché là-haut dans la gouttière, un petit air d'harmonica. »

Chapitre 2

« Imagine-toi, imaginez-vous, que cette ferme, je la voulais depuis des années pour y faire des œillets et la chance a voulu que je réussisse. Alors, j'étais heureux, je ne pensais plus à rien, qu'à mes fleurs et à mon argent…Et puis tout d'un coup, je te vois et ça m'arrive que je t'aime, d'une façon que c'est pas possible de te le dire…Tout le temps, je te vois, tout le temps je te parle…Le sommeil, ça me l'a tué, quand je mange, ça n'a plus de goût. Si tu ne me veux pas, ou je meurs ou je deviens fou… »

Chapitre 26

« D'abord, pour aimer, il faut être deux : on ne peut pas se laisser aller à aimer quelqu'un qui ne vous aime pas. »

Chapitre 28

« C'est drôle quand même comme de mourir, ça vous change le caractère ! »

Chapitre 33