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Phèdre, Sénèque
Fiche de lecture

Contexte

Philosophe latin du Ier siècle après Jésus-Christ, il fut le représentant du stoïcisme à Rome dans ses traités comme dans ses tragédies. En effet, dans ces pièces de théâtre où il reprend des mythes grecs, Sénèque illustre ce courant philosophique en s’interrogeant sur la violence des passions et les conséquences fatales qu’elles engendrent. Parmi celles-ci, Phèdre sera reprise par Racine au XVIIe siècle.

dit Sénèque

49-62 ap. J.-C. env.

Phèdre

Genre

Théâtre

Personnages

Phèdre : Phèdre est la petite-fille du Soleil et la seconde épouse de Thésée.

Thésée : Thésée est le roi d’Athènes.

Hippolyte : Hippolyte et le fils de Thésée, né d’un premier mariage avec une Amazone.

La nourrice : La nourrice est la confidente de Phèdre.

Thèmes

Une passion violente : Bien que rongée par la culpabilité, Phèdre ne peut rien contre sa passion incestueuse et dévastatrice pour Hippolyte. Ni la raison, ni la volonté ne peuvent rien contre cet amour. Seule la mort peut la délivrer.

La fatalité : Phèdre subit un destin auquel elle ne peut pas échapper. Une malédiction héréditaire pèse sur elle, et c’est Vénus qui est aux commandes de cette vengeance. Elle se réalise cette fois à travers une passion, dont l’étymologie souligne l’impuissance de celui qui la vit. Le mot « passion » vient en effet du verbe latin « patior » qui signifie « souffrir, supporter, endurer ».

Résumé

Vénus poursuit d’une haine implacable la lignée du Soleil, depuis que celui-ci a révélé les amours illégitimes de la déesse avec Mars. Phèdre en est une nouvelle victime : Vénus allume dans le cœur de celle-ci une passion brûlante pour son beau-fils Hippolyte. Cet amour non réciproque leur sera fatal à tous les deux.

Acte I

Délaissée par son mari Thésée, Phèdre brûle d’une passion secrète pour son beau-fils Hippolyte. Elle avoue cet amour à sa nourrice qui tente vainement de la raisonner puis consent à l’aider, de peur qu’elle ne se donne la mort.

Acte II

Vêtue comme une Amazone, Phèdre s’apprête à parcourir les forêts pour plaire à Hippolyte. Sa nourrice va trouver Hippolyte pour essayer de le faire sortir de la forêt et retourner à la vie civile. Mais celui-ci fait l’éloge de la vie à l’état naturel et exprime sa haine des femmes. Phèdre arrive et déclare son amour à son beau-fils. Celui-ci la maudit et s’enfuit pour ne pas la tuer. La nourrice récupère l’épée d’Hippolyte et décide de l’utiliser comme preuve pour accuser le jeune homme d’amour incestueux et de tentative de viol.

Acte III

De retour chez lui, Thésée apprend que Phèdre veut se donner la mort. Celle-ci lui fait comprendre qu’elle a été violée par Hippolyte. Furieux, Thésée implore Neptune de faire mourir son fils.

Acte IV

Un messager annonce à Thésée qu’Hippolyte est mort : effrayés par un monstre ressemblant à un taureau de Neptune, les chevaux du jeune homme l’ont fait tomber du char et ont traîné et mutilé son corps. Thésée réalise avec horreur que son vœu s’est réalisé.

Acte V

Phèdre avoue son mensonge à son mari et se suicide. Effondré, Thésée fait donner les honneurs de la sépulture à son fils et les refuse à Phèdre.

Citation

« PHÈDRE :
Que peut la raison sur un cœur que la passion domine ? »

Acte I, scène 2

« HIPPOLYTE :
Ce qui me console de la perte de ma mère, c’est que je puis maintenant haïr toutes les femmes. »

Acte II, scène 2

« THÉSÉE :
Farouche habitant des bois, chaste et modeste Hippolyte, c’est pour moi que tu te réservais ! C’est en souillant par l’inceste le lit de ton père, que ta virilité se signale ? »

Acte III, scène 2

« THÉSÉE :
Ô Nature ! force impérieuse du sang ! que tes droits sont puissants sur le cœur d’un père ! C’est en vain qu’on cherche à étouffer ta voix. J’ai voulu la mort du coupable, et je déplore sa perte. »

Acte IV, scène 1

Phèdre s’adresse à Thésée :
« PHÈDRE :
Oui, j’ai calomnié Hippolyte ; j’ai rejeté sur lui le crime que mon âme avait conçu. Ta vengeance fut injuste ; le fils le plus vertueux, le plus chaste des mortels, a péri victime des calomnies d’une incestueuse. Reprends, ô Hippolyte, ta réputation sans tache. Mon sein n’attend plus que le coup mortel, et mon sang va couler pour apaiser tes mânes irréprochables. Et toi, meurtrier de ton fils, apprends de sa marâtre ce que tu dois faire ; apprends d’elle à mourir. (Elle se tue.) »

Acte V, scène 1