Fiche de lecture
Réflexions ou sentences et maximes morales, François de la Rochefoucauld
Contexte

Le dictionnaire Larousse définit une maxime ainsi : « Formule qui résume un principe de morale, une règle de conduite ou un jugement d’ordre général ». Voici un exemple de maxime : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît ».
La Rochefoucauld a écrit un nombre important de maximes qu’il a publiées au salon de Madeleine de Souvré, une femme de lettres. Ce salon a autrefois constitué le lieu de naissance du nouveau genre littéraire des maximes.
Certaines similitudes (ressemblances) sont constatables entre les maximes écrites par Madeleine de Souvré et celles de La Rochefoucauld.
Les Maximes ont été réimprimées à plusieurs reprises sous la surveillance assidue de leur auteur. Cinq éditions originales ont vu le jour tandis que La Rochefoucauld vivait encore. Ces éditions ont remporté un franc succès. La sixième édition en revanche n’a pas gagné l’adhésion du public car beaucoup de modifications ont été effectuées, dans l’objectif de rendre la grammaire du texte plus accessible.
Des personnalités issues de la haute bourgeoisie ont influencé les Maximes. C’est le cas par exemple de Jacques Esprit, un moraliste et homme de lettres.

Thèmes

L’amour : L’amour-propre a une place non négligeable au sein du recueil. La première édition des Maximes débutait par un texte de plus de deux pages dans lequel La Rochefoucauld proposait une maxime très longue donnant la définition de l’amour-propre. Mais la deuxième édition comporte un passage bien moins long à ce sujet, par choix de l’auteur.
L’amour dans son sens plus large est également abordé dans les Maximes.
La passion : L’auteur classe la passion dans deux catégories : celle des passions faibles et celle des passions fortes. En guise d’exemple, il répertorie la paresse et la vanité dans les passions faibles tandis que l’ambition et l’amour sont classés dans la catégorie des passions fortes.
Certaines maximes traitent de la passion et des effets qu’elle engendre. Ceux-ci peuvent se révéler totalement bénéfiques (une passion amoureuse peut générer beaucoup de bonheur) et parfois destructeurs (en littérature, nombre de personnages se tuent par amour : Roméo et Juliette de William Shakespeare, Hippolyte d’Euripide, etc.).
Le tempérament de l’Homme : La Rochefoucauld concentre ses pensées sur l’idée que les humeurs peuvent jouer un rôle sur nos actions. La théorie des humeurs est une base de la médecin antique, qui disait que la santé physique ou mentale variait selon l’équilibre de ces humeurs qui se trouvaient dans le corps humain. La maxime 297 illustre les pensées de l’auteur :
« Les humeurs du corps ont un cours ordinaire et réglé, qui meut [qui fait agir] et qui tourne imperceptiblement notre volonté ; elles roulent ensemble et exercent successivement un empire secret en nous : de sorte qu’elles ont une part considérable à toutes nos actions, sans que nous le puissions connaître. » (maxime 297).
La Rochefoucauld peint un portrait de l’Homme pas toujours élogieux et ne se prive pas d’aller jusqu’au bout de ses pensées, si pessimistes soient-elles. Il est vrai que cet auteur est défaitiste de réputation.

Résumé

Les Maximes sont un recueil de maximes, ces formulations plutôt courtes ayant parfois une visée moralisatrice.
Ce recueil est composé de trois grandes parties :

  • La première partie s’intitule « Réflexions morales » et est composée des maximes 1 à 504.
  • La deuxième partie a pour titre « Maximes supprimées » et regroupe les maximes 1 à 74.
  • La troisième partie est consacrée aux « Maximes posthumes » et réunit les maximes 1 à 61.

D’une manière générale, les maximes de La Rochefoucauld font appel à l’Homme et à la société qui l’entoure. L’auteur n’hésite pas à mettre l’accent sur les défauts des êtres humains, comme par exemple l’orgueil ou la vanité. Dans son écriture, La Rochefoucauld fait usage de nombreuses figures de style (notamment les comparaisons et les métaphores), qui lui permettent de décrire les vices, les défauts et les vertus de l’Homme.

Citation

« L’espérance, toute trompeuse qu’elle est, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable. »

Maxime 168


« Le désir de paraître habile empêche souvent de le devenir. »

Maxime 199


« On ne veut point perdre la vie, et on veut acquérir de la gloire ; ce qui fait que les braves ont plus d’adresse et d’esprit pour éviter la mort que les gens de chicane n’en ont pour conserver leur bien. »

Maxime 221


« Rien ne flatte plus notre orgueil que la confiance des grands, parce que nous la regardons comme un effet de notre mérite, sans considérer qu’elle ne vient le plus souvent que de vanité, ou d’impuissance de garder le secret. »

Maxime 239


« Il y a des personnes à qui les défauts siéent bien, et d’autres qui sont disgraciées avec leurs bonnes qualités. »

Maxime 251


« La plupart des femmes ne pleurent pas tant la mort de leurs amants pour les avoir aimés, que pour paraître plus dignes d’être aimées. »

Maxime 362


« Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie, et nous y manquons souvent d’expérience malgré le nombre des années. »

Maxime 405