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Thérèse Desqueyroux, François Mauriac
Fiche de lecture

Contexte

Thérèse Desqueyroux, publié en 1927, est considéré comme le chef-d’œuvre de François Mauriac. Il lui est inspiré d’un fait divers et d’une histoire vraie, celle de Blanche Canaby.
Le roman obtient immédiatement un immense succès.

L’écrivain offre dans ce roman l’étude d’une femme accusée d’avoir empoisonné son mari. Thérèse Desqueyroux, c’est aussi l’analyse des passions humaines et la critique d’une bourgeoisie catholique et conservatrice.

François Mauriac

1927

Thérèse Desqueyroux

Genre

Roman

Personnages

Thérèse Desqueyroux : C’est l’héroïne du livre. Elle est mariée à Bernard par volonté familiale, et amie avec Anne, la demi-sœur de Bernard. C’est une femme indépendante, éprise de liberté, qui se sent emprisonnée dans son mariage. Sa rencontre avec Jean Azévédo lui ouvre les yeux sur son destin. Elle tente par la suite d’empoisonner son mari.

Jérôme Larroque : Le père de Thérèse Desqueyroux est un bourgeois, maire de sa ville ; sa position est importante. Il n’aime pas les femmes, qu’il considère comme des hystériques et des idiotes. Sa carrière est plus importante à ses yeux que sa fille.

Bernard Desqueyroux : C’est le voisin de Thérèse, qui devient son mari. Il refuse les fantaisies et il est peu ouvert d’esprit. Bernard souffre de problèmes cardiaques, ce qui permet à sa femme de lui administrer un traitement empoisonné.

Jean Avézédo : Jean, libertin, représente l’exotisme et l’espoir d’un ailleurs. C’est l’initiateur, qui ouvre les yeux de Thérèse sur ce qu’elle pourrait être. Il est l’amant d’Anne, mais considère leur histoire comme un jeu.

Maître Duros : C’est l’avocat qui défend Thérèse Desqueyroux. Il contribue au non-lieu qui est prononcé en faveur de Thérèse.

Tante Clara : La vieille tante de Thérèse Desqueyroux, à qui elle est entièrement dévouée. Sa mort empêche le suicide de Thérèse.

Anne de la Trave : Demi-sœur de Bernard et meilleure amie de Thérèse, elle est l’opposée de son amie. Anne tombe amoureuse de Jean. Par convention familiale, elle épouse un jeune bourgeois, ce qui provoque les moqueries de Thérèse qui lui reproche sa soumission.

Thèmes

L’individualisme : C’est le personnage de Thérèse qui représente cet individualisme. Elle cherche à se libérer des carcans sociaux et veut affirmer son caractère. Anticonformiste, Thérèse se cultive et refuse de devenir catholique. Elle est éprise de liberté et indifférente quand il s’agit de son entourage et de sa famille.

Le crime : Ce thème est exprimé à travers la culpabilité de Thérèse qui se remet en question. Elle veut la liberté à tout prix, quitte à aller jusqu’au crime. Le jugement, la notoriété mise en jeu d’une famille et les apparences sont des conséquences du crime et du procès.

L’amitié : Il existe une amitié ambiguë entre Thérèse et Anne. Cette amitié est entachée de jalousie, mais il s’agit d’une amitié forte où l’une ne peut pas être sans l’autre. Elle se traduit également par leur correspondance et se fragilise au contact des hommes et des idées de mariage. Les idylles séparent l’amitié des deux jeunes femmes.

La bourgeoisie provinciale : La condition des femmes est codée : elles sont vouées à devenir épouses, mères et ménagères. La bourgeoisie aime les arrangements de mariages qui sont des moyens pour conserver domaine et fortune. On assiste au conformisme des bourgeois et du catholicisme où l’importance du statut social, de l’argent et des apparences prime.

Résumé

Le roman est inspiré d’un fait divers, l’histoire d’Henriette Canaby. L’auteur ayant assisté au procès, il s’inspire librement de cette femme pour créer le portrait d’une femme étouffée par la société et les conditions sociales bourgeoises qu’elle subit. Thérèse Desqueyroux naît ainsi. Malraux peint ici le caractère d’une femme indépendante et libre qui refuse le conformisme qu’on lui impose. Emprisonnée par son entourage, elle ne voit le meurtre et le poison que comme une solution pour la libérer de ce carcan qui la tient encore en province. Elle restera seule et incomprise jusqu’au bout.

Le roman est divisé en treize chapitres.

Le texte est précédé d’une épigraphe, une citation de Charles Baudelaire : « Seigneur, ayez pitié, ayez pitié des fous et des folles ! Ô Créateur ! peut-il exister des monstres aux yeux de Celui-là seul qui sait pourquoi ils existent, comment ils se sont faits, et comment ils auraient pu ne pas se faire ? »

Chapitre 1

Thérèse vient de partir du palais de justice, accompagnée de son avocat, Maître Duros et de son père. Un non-lieu en sa faveur vient d’être prononcé comme l’espérait ce dernier et son mari pour sauver leur réputation et leur carrière, car Thérèse était accusée d’empoisonnement envers son mari.

On comprend rapidement que les seules préoccupations de Monsieur Larroque, père de Thérèse, sont d’ordre sociales. Il craint de mauvaises répercutions.

Thérèse est conduite à la gare où elle doit rejoindre son mari à Argelouse. Son père lui rappelle les conditions de la femme bourgeoise : elle doit obéir à son mari et se dévouer à lui. Cet amour illusoire et d’apparence sauvera la famille des rumeurs.

Chapitre 2

Sur le retour, Thérèse a des idées noires et ne veut pas se soumettre aux conditions que ce mariage lui impose. Elle imagine le moment où elle parlera de ses actes à son mari, et espère un temps qu’il sera capable de la comprendre. Lors de cette réflexion, Thérèse se rend compte qu’elle ne peut expliquer les raisons de son acte.

Son esprit s’égare peu à peu face aux paysages et Thérèse revoit des événements heureux de son enfance et de son adolescence. Elle repense à son amie d’enfance, Anne de la Trave.

Chapitre 3

Thérèse décrit sa famille, et celle de son mari Bernard. On comprend que leur mariage a permis de rassembler les deux propriétés, voisines. Elle cherche à comprendre pourquoi elle a épousé Bernard, et remarque que le mariage lui a également permis de se rapprocher de son amie Anne.

C’est également par respect des codes de la bourgeoisie qu’elle a accepté de rentrer dans le rang comme les autres, pour trouver sa place.

Chapitre 4

Une fois mariée, Thérèse est malheureuse. Elle se sent prisonnière.

Elle se rappelle qu’à l’époque de ses fiançailles, Anne avait une liaison avec Jean Azévédo, et en était très amoureuse. Elle racontait tout cela dans sa correspondance avec Thérèse. Cependant, Anne est promise à un autre.

Chapitre 5

Thérèse fait réfléchir Anne sur son amour avec Jean. Elle veut détruire l’amour qui existe entre eux deux, par jalousie. La famille d’Anne l’enferme pour qu’elle n’ait plus de contacts avec son amant.

Thérèse ne supporte pas sa condition d’épouse. De plus, elle est enceinte, mais cette maternité la rebute.

Chapitre 6

Le mari de Thérèse se croit cardiaque et craint de mourir.

Dans le même temps, Thérèse va parler ave Jean Azévédo, avec l’aval de son mari. La conversation est très intéressante, et elle apprend que Jean n’avait jamais eu l’intention d’épouser Anne.

Chapitre 7

Bernard, après avoir consulté un spécialiste, apprend qu’il est anémique. Il reçoit un traitement à l’arsenic pour se soigner.

Thérèse aide Jean à écrire une lettre de rupture pour Anne. Avant de partir pour Paris, Jean parle à Thérèse, et essaie de la convaincre de se libérer de cette vie morne.

Anne, ayant échappé à la surveillance de ses parents, fait irruption à Argelouse. Elle a reçu la lettre de Jean, et ne la supporte pas. Elle accuse Thérèse de l’avoir trahie. Bernard, furieux de son comportement, enferme sa sœur.

Chapitre 8

Thérèse décide d’écrire à Jean, mais il ne lui répond pas.

Elle se sent de plus en plus seule, surtout que tous les regards sont tournés vers son enfant à venir. Elle a l’impression de n’être qu’une mère porteuse. Lorsqu’elle accouche d’une fille, elle n’a que très peu d’attachement pour elle.

Un jour, Bernard, distrait, prend plusieurs fois son médicament à l’arsenic. Souffrant d’une surdose, le médecin est appelé, et Thérèse constate les effets du médicament. Les jours suivants, elle se met à empoisonner son mari, en versant des doses d’arsenic dans ses boissons. Cependant, le médecin découvre l’empoisonnement et les fausses ordonnances utilisées par Thérèse pour se procurer le médicament.

Son père ne veut pas qu’elle soit accusée de crime pour ne pas entacher la renommée de leur famille.

Chapitre 9

On revient au temps présent, Thérèse arrive à Argelouse. Son mari la condamne à rester enfermée dans sa chambre. Ils devront sortir ensemble le dimanche pour la messe pour sauver les apparences.

Chapitre 10

Thérèse veut se suicider avec du poison mais une servante entre dans sa chambre pour lui annoncer la mort de sa tante Clara.

Chapitre 11

Bernard part de la propriété et laisse Thérèse seule.

Elle ne quitte plus son lit et passe la journée à fumer, et la nuit à rêver à la vie qu’elle pourrait mener à Paris. Elle ne mange plus et trouve les journées interminables. Son état de santé devient préoccupant.

Chapitre 12

Une lettre de Bernard annonce son retour avec Anne et son futur fiancé. Le mari demande à sa femme de faire bonne figure jusqu’au mariage d’Anne et lui promet sa liberté.

Mais à l’arrivée de la famille, Thérèse s’évanouit. Bernard est pris de pitié en voyant son état et décide de s’occuper d’elle.

Chapitre 13

Bernard emmène Thérèse à Paris, ville vivante que Thérèse adopte tout de suite. Bernard lui annonce qu’elle va commencer une nouvelle vie ici, seule.

Il demande à sa femme pourquoi elle l’a empoisonné. Elle essaie de lui expliquer la réflexion qu’elle a jusqu’ici mené. Bernard ne la comprend pas et ne croit pas ce qu’elle dit. Il la quitte, et laisse Thérèse marcher au hasard dans la foule de Paris.

Citation

« Notre destin, quand nous voulons l’isoler, ressemble à ces plantes qu’il est impossible d’arracher avec toutes leurs racines. »

Chapitre 2

« N’importe qui sait proférer des paroles menteuses ; les mensonges du corps exigent une autre science. »

Chapitre 4

« Un baiser, songe-t-elle, doit arrêter le temps ; elle imagine qu’il existe dans l’amour des secondes infinies. Elle l’imagine ; elle ne le saura jamais. Elle voit la maison blanche encore, le puits ; une pompe grince ; des héliotropes arrosés parfument la cour ; le dîner sera un repos avant ce bonheur du soir et de la nuit qu’il doit être impossible de regarder en face, tant il dépasse la puissance de notre cœur : ainsi l’amour dont Thérèse a été plus sevrée qu’aucune autre créature, elle en est possédée, pénétrée. »

Chapitre 11

« Thérèse songeait que les êtres nous deviennent supportables dès que nous sommes sûrs de pouvoir les quitter. »

Chapitre 12