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Thérèse Raquin, Émile Zola
Fiche de lecture

Contexte

Après avoir fait paraître quelques essais littéraires et de nombreux articles de journaux, la fascination de Zola pour un roman populaire, La Vénus de Gordes, en 1866, lui donne l’envie de se lancer dans la rédaction de Thérèse Raquin, troisième roman qui paraît tout d’abord en feuilleton dans le journal L’Artiste, puis en volume dans la même année. Les critiques sont scandalisés, qualifiant ce roman de « littérature putride ». En 1873 paraîtra une adaptation théâtrale en quatre actes réalisée par Zola lui-même et accompagnée d’une importante préface.

Émile Zola

1867

Thérèse Raquin

Genre

Roman

Personnages

Thérèse Raquin : Petite fille vive au début du roman, c’est la nièce de Madame Raquin. C’est la fille d’un capitaine français et d’une mère africaine qu’elle ne connaîtra pas. Elle possède un tempérament flamboyant, que le mariage et l’enfermement dans une sombre boutique mettront à mal, la poussant dans le mensonge et l’illégalité pour trouver un peu d’air. Zola la décrit comme une brute humaine dans sa préface.

Camille Raquin : Homme petit et malingre, son enfance a été difficile, ponctuée de nombreux problèmes de santé. Tout d’abord cousin de Thérèse, il tisse avec elle un lien affectif, malgré son tempérament souffreteux, et ce jusqu’au mariage. D’un abord ennuyeux, il devient vite un poids pour la jeune femme, qui le remplace puis l’assassine.

Madame Raquin : Veuve de plus de 50 ans qui mène une vie de recluse. C’est la mère de Camille et tante, puis belle-mère de Thérèse. Cette mère trop protectrice vit si mal la mort de son fils qu’elle en est paralysée, assistant aux révélations de plus en plus choquantes de sa nièce vers la fin du roman.

Laurent : Ancien camarade d’école de Camille, il est également employé dans l’administration du chemin de fer d’Orléans. Sous ses dehors d’artiste passionné et libre, il se découvre petit à petit une mesquinerie et une violence qui provoqueront la mort de Camille, qui gênait sa liaison adultérine avec Thérèse. Il plait beaucoup et fascine Thérèse dès leur première rencontre. C’est un paresseux à l’allure imposante et puissante. Tout comme Thérèse, c’est une vraie brute.

Capitaine Degans : Frère de Madame Raquin. Il confia à cette dernière sa fille Thérèse, âgée d’environ 2 ans. Elle est née en Algérie, à Oran. Il l’abandonne après la mort de la mère de la petite, chef de tribu en Afrique. Il meurt quelques années plus tard, toujours en Algérie.

Grivet : Grivet est un vieil employé du chemin de fer d’Orléans et collègue de travail de Camille. Il se rend chez Camille et Thérèse tous les jeudis soirs jouer aux dominos.

Le vieux Michaud : Le vieux Michaud, commissaire de police est un ami de longue date de Madame Raquin. C’est sa visite chez la petite famille qui fonde les soirées domino du jeudi soir.

Olivier et Suzanne : Olivier est le fils du vieux Michaud. Il vient au soirées du jeudi accompagné de sa femme Suzanne.

Le chat François : Gros chat tigré de la famille, il est le témoin muet des traîtrises de Thérèse et Camille. Il sera le support de l’angoisse des amants jusqu’à en être la victime.

Thèmes

La passion : Il est évident, dès le début du roman, que le feu qui brûle en Thérèse ne pourra longtemps être contenu et provoquera l’enchaînement d’événements tragiques qu’on connaît.

L’hypocrisie bourgeoise : Fidèle à lui-même, Zola propose une satire du monde bourgeois. Il présente le goût pour l’argent et les apparences comme la source du malheur de ses personnages.

La fatalité héréditaire : Idée récurrente dans l’œuvre de Zola, qui aboutira au naturalisme, elle apparaît dès ce troisième roman comme l’impossibilité d’échapper à son tempérament.

Résumé

Ce roman déroule, en 32 chapitres, la lente plongée d’un couple adultère dans des vices de plus en plus terribles, jusqu’à l’issue fatale.

« Qu’on lise le roman avec soin, on verra que chaque chapitre est l’étude d’un cas curieux de physiologie » (préface).

Chapitres 1 et 2

Le roman débute par la description de l’enfance de Thérèse et de son cousin Camille. Une boutique sombre et triste se dessine, habitée par Thérèse, Camille et sa mère. Ils habitent à Vernon, dans une petite maison en bord de Seine. Thérèse s’y ennuie beaucoup. Depuis tous petits, Thérèse et Camille sont opposés : il est maladif et naïf, tandis qu’elle apprend déjà à dissimuler son tempérament de feu. Mme Raquin a décidé de les marier ensemble depuis leur enfance. Thérèse et Camille, enfants, sont au courant de cette union et l’ont acceptée.

Chapitres 3 et 4

C’est après leur mariage qu’ils s’installent à Paris tous ensemble : les deux femmes tiennent une mercerie et Camille trouve un petit emploi dans l’administration du chemin de fer d’Orléans.

L’installation et l’adaptation sont difficiles. Cette vie dure trois ans, ponctuée par les réceptions du jeudi soir. Ces soirées, organisées autour de parties de dominos, sont un véritable supplice pour Thérèse.

Chapitres 5 et 6

Camille leur présente un ancien ami, Laurent, qui devient vite un invité récurrent. Pour la première fois, Thérèse découvre ce qu’est un homme en le voyant.

Peintre, il propose à Camille de réaliser son portrait. C’est ainsi qu’il découvre l’intérêt que Thérèse lui porte. Après plusieurs interrogations, il décide de devenir son amant.

Chapitre 7

La liaison est passionnelle. Thérèse laisse éclater son tempérament et ses reproches envers sa famille. Le comportement de Thérèse fait souvent peur à Laurent, surtout quand elle ne fait rien pour être discrète lors de leurs rendez-vous secrets au nez de Mme Raquin. Elle lui déclare même son amour. Le chat François est le seul témoin de ces huit mois de liaison.

Chapitre 8

Laurent se réjouit de sa nouvelle vie. « Il était devenu l’amant de la femme, l’ami du mari et l’enfant gâtée de la mère. » De son côté, Thérèse se réjouit de tromper avec autant d’habileté sa propre famille sous leur nez. Enfin, elle ne s’ennui plus.

Chapitres 9 et 10

Laurent manque plusieurs rendez-vous avec Thérèse, ne pouvant plus s’absenter du travail sous peine de licenciement. Au bout de quinze jours sans pouvoir se retrouver seuls, les deux amants se rendent compte de l’importance de leur relation : ils ont besoin l’un de l’autre pour vivre. Ils se déclarent leur amour lors d’une rencontre improvisée et évoquent leur futur si Camille venait à mourir. Laurent songe alors au meurtre de ce dernier.

Chapitre 11

Le trio part à Saint-Ouen se promener. Alors que Camille s’est endormi allongé dans l’herbe, Laurent est à deux doigts de lui écraser le visage avec son pied, mais il se retient. Il a en effet trouvé un meilleur plan : une noyade pendant une sortie en barque. Laurent se fait mordre en jetant Camille par-dessus bord mais il parvient à présenter le meurtre comme un accident en faisant chavirer le canot.

Chapitre 12

La mère du mort en reste terrassée. Laurent n’est absolument pas soupçonné, il est même considéré comme un héros.

Chapitres 13 et 14

Le corps de Camille n’ayant pas été retrouvé, la mort n’est pas officielle. Laurent décide de passer tous les jours à la morgue pour examiner tous les corps de noyés. Au bout de nombreuses visites, Laurent identifie enfin le corps de Camille.

Chapitre 15

Les soirées du jeudi soir reprennent, mais Mme Raquin n’arrive pas à surmonter sa peine.

Chapitre 16

La passion de Thérèse et Laurent s’éteint peu à peu. Laurent se trouve une nouvelle maîtresse, qu’il garde pendant près d’un an. Quand il propose à Thérèse de se revoir, elle refuse : elle souhaite d’abord se marier.

Chapitres 17 et 18

Laurent et Thérèse sont hantés par la mort de Camille, tous deux dorment très mal. C’est la raison pour laquelle les manigances pour le mariage reprennent : ils y voient une solution à leurs cauchemars.

Chapitre 19

Mme Raquin s’inquiète de l’état de sa nièce. Le vieux Michaud lui affirme qu’elle a seulement besoin d’un nouveau mari. Les amants jouent de leur entourage pour qu’ils les poussent au mariage. Ils finissent par se fiancer.

Chapitre 20

Laurent entretient une relation étrange avec la cicatrice de la morsure du noyé. Il sent sans cesse les dents de Camille à son cou. Le mariage n’est pas très gai.

Chapitres 21 et 22

La culpabilité ruine la nuit de noces. Thérèse et Laurent se rendent compte qu’ils ne s’aiment plus : en tuant Camille ils ont tué leur passion. Ils n’osent pas décrocher le portrait de Camille, toujours présent dans la chambre.

Les nuits suivantes ne sont pas meilleures et sont peuplées d’hallucinations du noyé.

Chapitre 23

Les soirées du jeudi reprennent leur ancienne gaité dès le lendemain de la noce du nouveau couple. Mais rien ne s’arrange entre eux : ils vivent dans l’épouvante et le malaise dès qu’ils sont réunis. Tout le monde les voit pourtant comme un couple modèle et très heureux. Très vite, les époux se fuient et la mère Raquin constitue leur seul rempart, mais la paralysie la gagne.

Chapitre 24

Laurent donne sa démission et décide de louer un atelier pour peindre. Il se rend alors compte que tout ce qu’il peint ressemble à Camille.

Chapitre 25

La paralysie de Mme Raquin s’aggrave et se transforme en mutisme. La vie des époux n’a jamais été aussi terrible. Un soir, oubliant que la paralytique est là, ils laissent échapper des aveux sur le meurtre de Camille. Elle bascule dans l’effroi quand elle comprend que son fils a été assassiné.

Chapitre 26

La mère Raquin tente de prévenir les invités du jeudi de cette découverte, mais échoue. Rongés par la culpabilité, les époux ne se supportent plus.

Chapitres 27 à 29

Les disputent se multiplient. Mme Raquin y assiste chaque soir impuissante, entendant à chaque fois le récit de l’assassinat de son fils. Laurent commence à battre Thérèse, qui dort mieux après avoir reçu des coups. Madame Raquin doit également supporter le faux repentir de sa nièce, qui lui fait vivre un cauchemar.

Chapitre 30

Mme Raquin envisage de se laisser mourir de faim pour échapper à cette torture.

Au même moment, Thérèse se rend compte qu’elle est enceinte. Elle déclenche une dispute pour se faire battre et entraîner une fausse couche. Laurent devient paranoïaque et décide de se débarrasser du chat François qu’il pense au courant de son crime.

Chapitre 31

Laurent suit Thérèse et découvre qu’elle entretient une liaison. Les deux amants décident ensemble d’avouer leur crime au commissariat, mais renoncent toujours au pas de la porte.

Chapitre 32

La tension est telle que, vautrés dans le vice, Thérèse et Laurent projettent tous deux d’assassiner l’autre. Décelant tous deux le projet de l’autre, ils s’empoisonnent ensemble, soulagés, et meurent sous les yeux de Madame Raquin qui jubile.

Citation

« Dans Thérèse Raquin, j’ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J’ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. »

Préface

« Il avait besoin de cette femme pour vivre comme on a besoin de boire et de manger. »

Chapitre 9

« Tous deux se dirent que leur dernière nuit de terreur était finie. Ils ne coucheraient plus seuls, ils se défendraient mutuellement contre le noyé. »

Chapitre 20

« Nous avons tué Camille, et son cadavre est là, étendu entre nous, glaçant nos membres. »

Chapitre 21