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Des transformations sociales malgré des réticences

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Introduction :

L’industrialisation de la fin du XIXe siècle, en transformant les secteurs d’activité, s’accompagne de profonds changements sociaux.

Dans un premier temps, nous nous intéresserons au mouvement ouvrier et à la progressive prise en compte de l’État de la condition ouvrière. Ensuite, nous aborderons le recours à l’immigration pour alimenter les besoins croissants en main-d’œuvre. Enfin, nous nous étudierons l’évolution de la place des femmes.

La question ouvrière et le mouvement ouvrier

La structuration du mouvement ouvrier

En 1870, le monde ouvrier est hétérogène mais partage des conditions de vie et de travail difficiles.

Les ouvriers travaillent 12 heures par jour et ne bénéficient d’aucune protection en cas de maladie ou d’accident ni d’aucun système de retraite.

Pour améliorer son sort, le monde ouvrier s’exprime d’abord par la grève, autorisée depuis 1864 mais qui peut être réprimée par l’État.

  • À Fourmies dans le Nord en 1901, l’armée tire sur les grévistes et fait 9 morts((fleche))

Beaulieu 1905 grève usine Photographie prise pendant le conflit qui opposait les travailleurs de l’usine Beaulieu (Limoges) à leur patron en 1905 (à l'arrière-fond, arrivée des gendarmes chargés de l'occupation de l'usine et de la protection du patron et de sa famille, alors séquestrés dans leur logement par les grévistes), ©jean gael barbara

Les premiers syndicats naissent grâce à la loi de 1884.

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Définition

Syndicat :

Il s’agit d’une association de personnes ayant pour but de protéger des intérêts professionnels communs.

La confédération générale du travail (CGT) fondée en 1895 est le principal syndicat révolutionnaire ouvrier. Les syndicats révolutionnaires rejettent les partis politiques et considèrent la grève générale comme la seule action révolutionnaire.
La CGT lutte pour améliorer les conditions de travail et les salaires des prolétaires.

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Définition

Prolétaire :

Personne effectuant un travail essentiellement manuel et ne disposant que de son salaire pour vivre.

À partir de 1905, la naissance de la SFIO permet aux ouvriers d’être représentés par un parti politique.

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Définition

SFIO (Section française de l’internationale ouvrière) :

Nom du parti socialiste français de sa création en 1905 à 1971.

Sous l’influence de Jean Jaurès, la SFIO, d’abord marxiste, évolue vers le réformisme, ce que les ouvriers acceptent du fait de leur attachement à la République.

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Définition

Réformisme :

Courant socialiste considérant que l’abolition du capitalisme et l’instauration d’une société sans classe sociale se feront non pas par la révolution mais par une série de réformes progressives.

La prise en compte de la question ouvrière par l’État et les patrons paternalistes

Le monde ouvrier connaissant un véritable essor, l’État adopte certaines mesures en sa faveur.

La durée du travail est réduite : la journée de travail est limitée à 10 heures en 1900 et le repos hebdomadaire est institué en 1906.
Les ouvriers sont aussi mieux protégés : une loi de 1898 permet l’indemnisation des accidents du travail et une autre en 1910 prévoit les premières retraites ouvrières.

Même si la législation sociale en France reste en retard sur celle de l’Allemagne ou du Royaume-Uni, la condition des ouvriers s’améliore d’autant que les salaires progressent.

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À retenir

La multiplication des grèves, le succès grandissant de la SFIO mais aussi des catastrophes minières amènent l’État à s’intéresser aux conditions de vie et de travail des ouvriers et à leur accorder davantage de droits sociaux.

Les patrons se montrent hostiles à la législation sociale votée à partir des années 1880.
Ils partagent les idées du libéralisme économique et rejettent l’intrusion de l’État dans l’économie.

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Définition

Libéralisme économique :

Système économique reposant sur la non-intervention de l'État dans la vie économique, sur la libre concurrence et laissant aux patrons d'entreprises leur liberté d'action.

Mais afin d’attirer la main-d’œuvre lorsque celle-ci vient à manquer et de la soumettre à leur autorité, certains patrons, comme Henri Schneider, patron d’une aciérie française, adoptent des politiques paternalistes.
Celles-ci consistent, de la part du patron, à envisager l’entreprise comme une famille, les ouvriers étant des enfants qui doivent obéir à leurs parents. Le patron assure ainsi la sécurité matérielle à l’ouvrier : logement, école, retraite. Mais en contrepartie, il attend de l’ouvrier une obéissance totale.

L’immigration et la place des étrangers

Le recours à une main-d’œuvre étrangère

La France connait au XIXe siècle une croissance démographique très faible qui ne lui permet pas de répondre aux besoins de main-d’œuvre dans l’agriculture et surtout dans l’industrie.

Dans ce contexte, elle est le premier pays européen à avoir recours à l’immigration.

La première loi sur la nationalité (1889) et les mesures de protection du travail national (1893) fixent un cadre à l’entrée et à l’intégration des travailleurs étrangers, dont le nombre s’élève à 1,16 million au recensement de 1911.
La loi sur la nationalité précise notamment les conditions de la naturalisation.
Les mesures de protection du travail national permettent de distinguer les personnes résidant légalement sur le territoire Français et les personnes en situation irrégulière, puisqu’elles prévoient la délivrance d’un certificat d’immatriculation indispensable pour pouvoir travailler en France.

La plupart des travailleurs étrangers en France sont des ressortissants de pays européens frontaliers de la France : Italie, Belgique, Espagne.
Ces étrangers travaillent en grande majorité dans l’industrie mais aussi comme ouvriers agricoles.

Une intégration difficile pour les étrangers

Recrutés en nombre à la demande des patrons, les étrangers reconstituent leurs solidarités et leurs traditions une fois installés en France.

Leur arrivée entraîne parfois des réactions de xénophobie.
Des Français considèrent ainsi qu’ils « volent » leur travail et refusent qu’on leur accorde d’autres droits que celui de travailler en France.

  • En 1893, une rixe éclate entre ouvriers français et italiens à Aigues-Mortes et fait 17 morts.

L’évolution de la place des femmes

Des travailleuses salariées plus nombreuse…

Avec la deuxième industrialisation, on assiste à une forte croissance de l’emploi salarié féminin dans l’industrie (dont elles représentent le tiers des effectifs) mais aussi dans les services.

  • En 1911, près de 47,3 % des femmes de 25 à 54 ans sont actives.

Les professions les plus féminisées sont celles de la domesticité, des travaux comme la couture et des petits métiers ouvriers.

Souvent peu qualifiées et peu syndiquées, elles sont aussi moins payées que les hommes.

… mais des mineures devant la loi

Au début du XXe siècle, en application du Code civil, les femmes célibataires, les femmes mariées et leurs enfants sont placés sous l’autorité du chef de famille.

L’autorisation du père ou du mari est obligatoire pour travailler et, avant 1907, disposer d’un salaire.

Différents mouvements féministes apparaissent pour améliorer la condition féminine.

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Définition

Féminisme :

Mouvement qui préconise de nouveaux droits pour les femmes et qui vise à modifier les hiérarchies culturelles, sociales et politiques qui instaurent une suprématie masculine.

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À retenir

Ces mouvements féministes avancent plusieurs idées, telles qu’un accès à une meilleure éducation pour les filles ou même l'égalité civile des hommes et des femmes.

En 1878, se tient le premier Congrès international du droit des femmes qui travaille surtout sur l'amélioration du droit dans la vie courante (droit du travail, reconnaissance du travail ménager, etc.).
En 1891 est créée la Fédération française des sociétés féministes pour rassembler les associations féministes.
L’enseignement secondaire laïque pour les filles mis en place en 1880 et le droit de divorcer rétabli par la loi du 27 juillet 1884 accordent des droits civils aux femmes mais elles restent exclues du vote.

Conclusion :

La révolution industrielle chamboule les différents secteurs d’activité en apportant des innovations qui transforment les méthodes de production. Ces évolutions contribuent à des changements sociaux importants, le monde ouvrier représentant une part croissante des travailleurs.

Les ouvriers s’organisent pour revendiquer des droits qui tardent à leur être accordés (parfois au terme de grèves violentes) dans un contexte de libéralisme économique.

Pour pallier les besoins importants de main-d’œuvre, la France fait appel à l’immigration, mais ces travailleurs étrangers se heurtent parfois à une intégration difficile.
Les femmes aussi revendiquent plus de droits et les mouvements féministes s’organisent, bien que ceux-ci ne parviennent pas encore à obtenir l’attention de l’ État.