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L'historien et les mémoires de la guerre d'Algérie

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France : de la mémoire occultée aux contestations

  • 1830 : colonisation de l’Algérie : les trois départements algériens deviennent un sol français, et font partie de la République. L’Algérie n’a jamais accepté cette situation.
  • 1954-1962 : guerre d’Algérie, point culminant de la révolte. En France, on parle de « pacification ».
  • 1962 : indépendance de l’Algérie.
  • Beaucoup de groupes ayant une mémoire différente du conflit se retrouvent en France après l’indépendance du pays : pieds-noirs, harkis, des milliers d’immigrés algériens.
  • Répercutions de la guerre sur le sol français à travers les actions des membres de l’OAS (en France comme en Algérie), la manifestation des Algériens à Paris en octobre 1961 et la manifestation de la gauche parisienne le 8 février 1962 au métro Charonne.
  • La mémoire occultée :
  • les lois d’amnistie de 1962, 1964, 1968 et 1982 ont freiné le travail de mémoire, les harkis ont été ignorés, et les Français d’Algérie mal intégrés ;
  • des sujets (comme la torture pratiquée par l’armée française) sont restés tabous et ont longtemps fait l’objet d’une censure systématique, et peu de lieux de mémoire existaient ;
  • la FNACA a milité pour la reconnaissance de la guerre et du titre d’ancien combattant pour les militaires appelés en Algérie, et la reconnaissance du 19 mars 1962 comme date de la fin de la guerre.
  • La mémoire contestée :
  • 1983 : la guerre d’Algérie commence à être évoquée dans les manuels scolaires ;
  • 1994 : une loi reconnaît les sacrifices des harkis ;
  • les pieds-noirs construisent leur mémoire du conflit (ensemble d’associations RECOURS) dans un contexte de montée de l’extrême droite et un discours anti-immigrés et anti-maghrébins ;
  • 1985 : l’Humanité rappelle le drame de la manifestation du 17 octobre 1961.

Après les années 2000, une mémoire apaisée et retrouvée ?

  • 1999 : une loi remplace l’expression « opérations effectuées en Afrique du Nord » par « Guerre d’Algérie ». Les militaires et les harkis obtiennent le statut d’anciens combattants.
  • 2001 : une circulaire gouvernementale facilite l’ouverture des archives de la guerre d’Algérie pour les historiens ;
  • 40 ans après la guerre, le problème de la torture ressurgit grâce à de nombreux témoignages (Louisette Ighilahriz, le général Massu), et accusations (le général Bigeard) ;
  • 2005 : une loi sur les « bienfaits » de la colonisation française ranime les passions. Elle est modifiée en janvier 2006 ;
  • Lieux de mémoire : différents mémoriaux sont inaugurés en France entre 2003 et 2010. En 2012, un centre de documentation des Français d’Algérie ouvre à Perpignan. Des réalisateurs et des historiens travaillent ensemble.
  • Le choix de la date de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie demeure.

Algérie : d’une mémoire organisée à une ouverture interrompue par la guerre civile

  • 1962 : le FLN est au pouvoir et organise de manière officielle l’Histoire, les mémoires et les commémorations (« guerre patriotique »). Il veut montrer que cette guerre a soudé la nation algérienne.
  • Le FLN et l’ALN sont liés : le pouvoir politique et militaire est connecté.
  • Le pouvoir algérien dénonce les crimes de guerre commis par la France, et occulte les violences du FLN contre les civils, le massacre des harkis et les morts français.
  • 1962 : c’est la période des procès, emprisonnements et exécutions des opposants aux idées du FLN (Ben Bella).
  • Les monuments français sont en partie détruits, transformés ou renvoyés en France et à Alger, de nombreux monuments se dressent pour rappeler au peuple la guerre d’indépendance.
  • Le discours officiel et la politique d’arabisation menés par le FLN sont peu à peu remis en cause par des minorités (Berbères, Kabyles) et des opposants politiques au régime (dénoncés systématiquement comme traitres à la nation).
  • L’État redouble d’efforts pour entretenir sa vision de la guerre d’indépendance et l’image héroïque du combattant et du martyr de l’indépendance (moudjahidin).
  • À la fin des années 80, le gouvernement est obligé d’organiser des élections libres. En 1992, le FIS remporte les élections.
  • Le FLN annule les élections et décrète l’état d’urgence, suivi de 10 années de guerre civile.
  • Le FLN reste au pouvoir et maintient l’histoire officielle de la guerre d’indépendance.

Des années 2000 à nos jours : vers un apaisement ?

  • L’accès aux archives algériennes est difficile, et les archives ne sont pas ouvertes à tous les historiens : cela entraîne des débats sur le nombre de victimes (500 000 pour les historiens français, plus d’un million pour les Algériens) ;
  • Autre facteur de tension, un groupe de parlementaires algériens veut criminaliser la colonisation française. Le président Bouteflika souffle le chaud et le froid sur cette question.