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La guerre froide : la guerre du Vietnam

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Introduction :

La guerre du Vietnam est une parfaite illustration des conflits par pays interposés menés par les États-Unis et l’URSS après la Seconde Guerre mondiale.

Nous étudierons d’abord le contexte vietnamien avant l’intervention américaine, puis nous analyserons la guerre elle-même avant de dresser un bilan du conflit.

Le contexte vietnamien

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À retenir

Le Vietnam, alors partie d’un territoire qui s’appelait l’Indochine, était une colonie française depuis 1887.

La guerre d’Indochine se déclare au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle oppose la France aux Vietminh, les indépendantistes vietnamiens dirigés par le parti communiste indochinois. Cette guerre de décolonisation durera de 1946 à 1954. La France finit par s’incliner et doit quitter l’Indochine, selon les accords de Genève.

Après une période de transition, les accords de Genève prévoient la réunification du Vietnam du Nord, communiste, et du Vietnam du Sud, capitaliste. Ce fut un échec, et les États-Unis prirent peu à peu la place de la France dans cette région d’Asie, où une simple guerre civile devint une guerre d’enjeux entre l’Est et l’Ouest, entre les Américains et les Soviétiques.

  • Pour les Américains, l’intervention se justifiait par la théorie des « dominos ». Si un pays bascule dans le camp communiste, d’autre suivront. Il fallait donc battre les communistes Nord vietnamiens coûte que coûte.

La guerre du Vietnam

L’arrivée des Américains

Les États-Unis sont présents dès 1954 lors de la fin de la guerre de décolonisation. Ils rentrent peu à peu dans cette guerre via des envois de conseillers et de matériel en soutien au Sud. D’année en année, l’aide américaine s’accroît.

C’est après la mort de Kennedy, en 1963, que les États-Unis renforcent leurs effectifs et rentrent vraiment dans le conflit. Le président Johnson obtient du Congrès le droit d’intervenir librement au Vietnam au nom de la lutte contre le communisme.

En 1968, on compte pas moins de 500 000 soldats américains au Vietnam, équipés de matériel militaire de pointe avec les fameux bombardiers B-52 et les bombes au napalm.

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Définition

Bombe au napalm :

Une bombe au napalm est une bombe chimique incendiaire qui fait des ravages sur les populations et l’environnement.

La guérilla Viêt Cong

C’est une véritable guérilla que mènent les communistes du Nord Vietnam contre l’armée conventionnelle américaine. L’art du camouflage et des embuscades meurtrières laissent peu de répit aux GIs américains qui essuient de lourdes pertes. L’armée communiste du Nord, le Viêt Cong, est insaisissable : elle vit sous terre, creuse des centaines de kilomètres de souterrains, et se dissimule dans la jungle vietnamienne qu’elle connait bien mieux que les Américains.

En face, les GIs emploient les grands moyens, avec des bombardements au napalm sur les rizières et les populations rurales soupçonnées d’abriter l’ennemi. Le pilonnage systématique des villes et des digues qui protègent des millions de Vietnamiens de la montée des eaux indignent le monde entier.

  • Mais malgré tous les moyens mis en œuvre, les Américains n’arrivent pas à affaiblir l’armée communiste. Pire, le Viêt Cong arrive à faire douter largement les États-Unis avec l’offensive du Têt, lors du nouvel an vietnamien en février 1968. Toutes les villes du sud du Vietnam sont alors touchées par les communistes, même Saigon.

La fin de la guerre

Malgré la mort du père de la nation vietnamienne, Ho Chi Minh, en 1968, le Vietnam continue sa guérilla. En dépit de très lourdes pertes, le Vietnam du Nord tient tête au géant américain. Cette guerre s’est internationalisée par le biais des médias. C’est le monde entier, et notamment la jeunesse occidentale, qui s’indigne des massacres et des pertes très lourdes que subit la population civile du Vietnam du Nord. Les campus universitaires du monde entier crient « paix au Vietnam » et « Americans go home ».

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À retenir

Ce conflit a été largement couvert par les reportages photos et vidéos. La guerre des images dessert l’armée américaine qui veillera, lors de ses interventions ultérieures, à maîtriser les images qui viennent du front.

  • La guerre du Vietnam a été le théâtre de bien des horreurs, parmi lesquelles le massacre de My Lai, perpétré par les troupes américaines. Tout un village de civils a été exécuté durant cet « Oradour-sur-Glane » vietnamien.

La guerre est coûteuse en dollars et en vies humaines, l’opinion mondiale et surtout américaine ne veut plus de cette guerre, mais Nixon continue. Cependant, devant la résistance vietnamienne et l’inefficacité de sa stratégie, le président américain signe finalement un traité de paix en 1973 avec le Vietnam du Nord. Pour la première fois dans leur histoire, les États-Unis perdent une guerre : c’est un coup dur pour leur image, surtout dans le contexte de la guerre froide.

En 1975, la situation s’aggrave encore pour les États-Unis car le Nord Vietnam communiste gagne définitivement la guerre et marche victorieux sur Saigon. Les derniers Américains quittent Saigon dans la hâte et la peur, devant des caméras qui fixent des images qui feront le tour du monde. Depuis, dès que les États-Unis interviennent militairement dans un autre pays, l’opinion craint que l’échec ne se reproduise : c’est le syndrome vietnamien.

Le bilan du conflit

Le bilan du conflit est lourd :

  • les États-Unis ont perdu 58 000 soldats et 300 000 autres ont été blessés ;
  • le coût financier est évalué entre 140 et 170 milliards de dollars ;
  • Pour les Vietnamiens le bilan est plus lourd : 1,5 million de morts, des centaines de milliers de blessés, un pays ruiné ;
  • plus de 13 millions de tonnes de bombes ont été larguées sur le Vietnam.
  • Cette guerre a marqué des générations entières.

Dans le contexte de la guerre froide, durant cet épisode, les États-Unis ont perdu trois pays qui sont désormais sous influence communiste :

  • le Vietnam ;
  • le Cambodge;
  • et le Laos.

C’est un rude coup porté dans la guerre des « dominos » avec l’URSS, et cette défaite américaine a de lourdes conséquences dans la vision des relations internationales de l’époque. Le monde entier sait maintenant que les États-Unis ne sont pas invincibles. Les années 1970 sont marquées par leur fragilité face à l’URSS.

Conclusion :

La guerre du Vietnam est l’illustration parfaite des conflits de la guerre froide par pays interposés. La guerre civile oppose le Vietnam du Nord, communiste, à celui du Sud, capitaliste. D’un côté, les États-Unis, qui interviennent de plus en plus directement dans le conflit, depuis l’envoi de matériel dès 1954 jusqu’à l’envoi massif de troupes dans les années 60 ; et de l’autre, l’URSS et la Chine, qui soutiennent en argent et matériel militaire les communistes vietnamiens.

Les affrontements se déportent ensuite rapidement vers le Laos et le Cambodge et risquent de déstabiliser toute la région. Les tactiques de guérilla du Viêt Cong et l’offensive du Têt en 1968 ont fait de l’intervention militaire américaine un échec cuisant, ce qui mena au retrait des troupes étrangères et à la signature des accords de paix de Paris en 1973.