Document : Le point de vue d’une historienne sur l’immigration juive en Palestine entre 1945 et 1947
« Les années 1945-1947 furent les dernières années du mandat britannique sur Eretz Israël. Les Britanniques ne renoncèrent pas aisément à leur domination. En Eretz Israël, l’effervescence des Juifs et des Arabes, ainsi que le problème des Juifs rescapés de la Shoah qui se prolongeait dans les camps de personnes déplacées en Europe, imposaient de trouver une solution. Celle-ci fut trouvée sous la forme d’une proposition de partage du pays, adoptée le 29 novembre 1947 par l’ONU1.
Huit ans plus tôt, en mai 1939, à la veille du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques avaient publié un nouveau Livre blanc contenant une série de décrets sur le Yishouv juif, dont le principal était l’imposition d’un quota d’immigration fixé à 75 000 Juifs pour les cinq années suivantes. Environ 70 000 Juifs parvinrent cependant à pénétrer dans le pays entre 1945 et 1947.
Dans les années qui suivirent la guerre mondiale, l’immigration en Eretz Israël fut donc principalement une immigration clandestine. Ce fait détermina dans une large mesure les caractéristiques des immigrants rescapés de la Shoah. La plupart étaient des hommes jeunes, animés par l’idéologie sioniste, et bon nombre étaient d’anciens dirigeants des combattants du ghetto. »
1. La proposition a été adoptée en dépit de l’opposition des pays arabes.
Source : Hannah Jablonka, « Les rescapés de la Shoah et les Israéliens. Immigration et culture nouvelle (1945-1969) », Revue d’Histoire de la Shoah, vol. 182, n°1, 2005, pp. 233-255
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