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Le référendum de 2005

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Introduction :

Depuis le début du XXe siècle, la France a traversé de nombreuses crises politiques qui ont eu, à chaque fois, des répercussions sur l’opinion publique du pays.

Nous traiterons d’abord du déroulement de la crise du référendum de 2005 avant de nous intéresser à sa dimension transpartisane, pour enfin étudier son issue et impact sur la scène politique française. Mais d’abord, quelques définitions importantes.

Définitions

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Définition

Opinion publique :

​L’opinion publique est l’ensemble des idées et des jugements partagés par la population sur tous les sujets de société.

L’opinion publique a pu se former grâce au progrès de :

  • la liberté de communication,
  • la liberté politique,
  • l’éducation via l’école républicaine.
  • la technologie, qui a favorisé la diffusion des journaux à un coût de plus en plus bas, entraînant une démocratisation de l’accès à l’information.
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Attention

Le terme « médias » est récent et l’on ne parle de médias de masse qu’à partir du XXe siècle avec l’apparition d’abord des journaux, puis des radios, des chaînes de télévisions, d’internet, et enfin des téléphones mobiles. Il faut être vigilant sur le contexte de la crise étudiée et ne pas parler de médias qui n’existaient pas à l’époque.

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Définition

Crise politique :

​Une crise politique est un moment particulier en démocratie où le pays a une « poussée de fièvre », liée à un événement qui choque l’opinion publique. Dans toute crise politique il y a un enjeu politique majeur.

Les médias, selon l’époque, jouent un rôle fondamental pour traiter l’événement, informer et faire basculer l’opinion publique dans un sens ou dans l’autre. L’objectivité absolue n’existant pas, chaque média façonne l’opinion publique à sa façon.

Le référendum sur la constitution européenne en 2005

Le contexte médiatique

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Attention

Le référendum de 2005 n’est pas une crise en tant que telle, mais les conséquences du résultat négatif au référendum ont marqué une rupture dans le processus d’évolution de l’Union européenne.

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Rappel

En 2005, le contexte médiatique est tout autre que lors des crises précédentes. L’ORTF a pris fin en 1974 sous Giscard d’Estaing, et la libéralisation du paysage audiovisuel s’est effectué en 1981 sous François Mitterrand.

Les médias se multiplient et sont désormais beaucoup plus libres dans leurs contenus : la télévision par câble et par satellite offre un nombre toujours grandissant de chaînes qui proposent des actualités en continu.

Depuis sa démocratisation, qui date des vingt dernières années, internet offre des possibilités remarquables d’accès à des informations diverses et variées.

  • Nous sommes dans un monde surmédiatisé.

​Les sondages, qui existent depuis les années 1930, deviennent omniprésents dans les campagnes électorales, et sont relayés à outrance par les médias.

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À retenir

Se pose le problème de l’indépendance des journalistes qui dépendent de plus en plus de grands groupes médiatiques et de leurs annonceurs.

Le contexte social et politique

L’Union européenne lance un projet de constitution dans un contexte de libéralisme économique. Le choix du référendum n’était pas l’option première et il a fallu des campagnes médiatiques et politiques pour que cette méthode soit choisie.

Une affiche d'ATTAC, une association altermondialiste qui lutte contre le capitalisme outrancier, prône le choix du référendum, vu comme plus démocratique.

  • Les forces politiques mènent une campagne intense pour inciter les citoyens à voter « oui » ou « non » à cette nouvelle constitution.

Chaque citoyen européen reçoit une copie de la Constitution, document épais écrit dans un langage difficilement accessible à tous les citoyens.

Les médias, dans leur très grande majorité, ont soutenu l’option du « oui » au référendum. Le débat était parfois difficile et certains ont vu là une forme de pensée unique des médias français.

  • Beaucoup de simples citoyens se sont emparés du sujet et, grâce à internet, ont tissé une toile où chacun travaillait une partie des articles selon ses qualifications.
  • Des associations comme ATTAC ont entrepris de rendre le texte plus accessible.
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À retenir

Sur le plan politique, la question sur la Constitution européenne a divisé de nombreux partis, quel que soit leur bord politique.

Les principales forces en présence sont :

  • la droite au pouvoir, globalement en faveur du « oui » : Jacques Chirac est président de la République et membre de l’UMP, qui signifiait alors l’Union pour la majorité présidentielle ;
  • et la gauche, dans l’opposition, est divisée sur la question du référendum. Le parti socialiste et les Verts soutiennent le « oui », tandis que la gauche radicale fait campagne pour le « non ».

Une crise politique transpartisane

Les partis du « non »

Besancenot, José Bové et  Mélenchon Olivier Besancenot, José Bové et Jean-Luc Mélenchon - ©Sam Hocevar - CC-BY-SA-3.0-migré

​La gauche de la gauche a massivement mené campagne contre la nouvelle constitution.

  • Jean-Luc Mélenchon, alors membre de l’aile la plus antilibérale du parti socialiste, s’éloigne de la ligne officielle de son parti et prône le « non ».
  • Olivier Besancenot, à gauche, est alors le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, profondément antilibérale, et qui juge le parti socialiste trop proche du système capitaliste.
  • José Bové, sur la photo au centre, militant altermondialiste et syndicaliste est actif au sein de la Confédération paysanne, un mouvement agricole.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le « non » avait également la faveur de nombreuses organisations.

  • ​À l’extrême droite, Florian Philippot et Marine Le Pen mènent campagne pour le Front national, parti profondément anti-Européen, sorti renforcé de sa qualification au second tour de la dernière élection présidentielle.
  • À droite, une partie de l’UMP, issue du mouvement gaulliste, s’oppose à la nouvelle Europe proposée par le référendum.

En dehors des partis, certains syndicats de travailleurs appelaient également à voter « non ».

  • ​La CGT est au cœur de manifestations et rassemblements en faveur du « non ».

Les partis du « oui »

  • À droite, une majorité de l’UMP fait campagne activement pour le « oui » au référendum.
  • À gauche, une majorité du PS a appelé à voter « oui », mais le parti était divisé sur la question et ses courants les plus à gauche se sont opposés à la ligne du parti.
  • Une partie des écologistes étaient également pour le « oui » au référendum.
  • Les centristes, historiquement européens, militaient en faveur du « oui ».

Schéma de la position des principaux leaders politiques français Schéma de la position des principaux leaders politiques français

Un combat politique transpartisan

Les lignes de partage droite/gauche ont volé en éclat sur ce référendum et on a pu assister à des meetings communs entre PS et UMP.

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À retenir

La ligne de partage essentielle était celle qui séparait les libéraux et les anti-libéraux sur le plan économique, car le projet de constitution contenait des articles sur les structures économiques libérales de la future Europe.

Les intellectuels

Beaucoup d’intellectuels ont fait campagne. Bernard-Henri Lévy, Philippe Sollers ou encore Jean Daniel, par exemple, ont soutenu le « oui ».

Ceux qui ont milité pour le « non » sont, notamment, l’historien Max Gallo ou Yves Sallesse, président de la fondation Copernic, mouvement opposé au libéralisme.

Issue du référendum

Un retournement de situation

Malgré un déséquilibre en faveur du « oui » dans les médias pendant cette campagne, les sondages donnaient le « non » gagnant. Une importante offensive médiatique en faveur du « oui » s’est alors déclenchée. Le « non » l’emporte pourtant, avec un score sans appel à 56 % contre la Constitution.

  • Ce résultat a déclenché un malaise politique en Europe, mais surtout un malaise dans les médias français.

L’influence des médias

Depuis ce référendum, beaucoup d’intellectuels se sont penchés sur le rôle des médias et leur influence sur l’opinion publique.

Certains journaux ont été contraints de baisser leurs parutions (voire de cesser leurs activités).

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À retenir

Les médias sont aux mains de très grands groupes industriels et financiers qui pour subsister ont besoin d’être rentables, même au détriment d’une véritable information.

Pour s’informer justement, internet est un outil formidable pour le citoyen, qui peut avoir accès à des informations « confidentielles ». Mais c’est aussi un moyen de communication où l’on trouve le pire : mensonges, affirmations invérifiables, rumeurs de complots… Tous les citoyens peuvent devenir journaliste sur le net et présenter leurs idées ou analyses, même les plus fantaisistes.

Conclusion:

Un long chemin a été parcouru entre l’affaire Dreyfus en 1898, avec ses journaux, et l’affaire Cahuzac en 2013, avec tous les moyens modernes de communication.

Il faut avoir une réflexion sur les progrès techniques et technologiques liés aux médias. La société a changé c’est évident, les journaux de l’affaire Dreyfus étaient réservés encore à une élite et une petite classe moyenne.

Aujourd’hui, la grande majorité des citoyens a accès aux principaux médias. Les conditions économiques ont changé, des journaux indépendants, nous sommes passés à des géants de l’information qui détiennent un nombre très important de médias sous différentes formes.