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Le valet contestataire

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Les valets du XVIIIe porteurs d’opinions philosophiques ou politiques

  • Dans le roman de Denis Diderot Jacques le Fataliste et son maître le valet, joue un rôle central : il est d’ailleurs le héros éponyme.
  • Ce roman est écrit sous la forme d’un long dialogue entrecoupé du récit des péripéties vécues par les deux protagonistes (Jacques et son maître) au cours de leur voyage.
  • Sur la route, ils échangent des considérations morales et philosophiques : les hommes agissent-ils librement ou sont-ils soumis à une destinée ?
  • Jacques est en effet un adepte de la philosophie de Spinoza : le fatalisme ; mais il adhère également à celle de Leibniz : le déterminisme.
  • Or, ce questionnement sur la liberté humaine est constant chez Diderot :
  • il affirme régulièrement son adhésion à la doctrine déterministe ;
  • mais la met à distance car elle est contredite par le sentiment d’agir librement.
  • Ainsi, Jacques est un porte-parole de Diderot : l’auteur a donc choisi un valet pour figurer un double de lui-même.
  • Dans L’Île des esclaves, pièce de Marivaux créée en 1725, Arlequin et Cléanthise incarnent à leur tour deux valets contestataires et critiques.
  • Sous couvert d’une action se déroulant dans l’Antiquité, Marivaux dépeint le XVIIIe siècle.
  • Échoués sur une île où l’ordre social est inversé, les esclaves/valets se vengent donc de leur maître en prenant le pouvoir par la parole qui leur avait été confisquée jusqu’alors.
  • La pièce est audacieuse parce qu’elle leur permet d’exprimer leur ressenti et la difficulté de leur condition, mettant ainsi en lumière la sensibilité des valets que la société inégalitaire du XVIIIe siècle ne reconnaît pas.
  • Les valets se font alors porte-paroles des idées humanistes du dramaturge.
  • Figaro, lui aussi, mais de manière plus appuyée encore, exprime les idées libérales de son créateur dont il constitue une sorte de double.

Figaro, un double de Beaumarchais

  • Figaro et Beaumarchais se ressemblent à la fois par leur caractère, leur vécu et leurs opinions.
  • Dans son monologue de l’acte V scène 3, Figaro présente son tempérament et évoque sa gaieté.
  • En rapprochant ce passage de certaines lignes des Mémoires de Beaumarchais où il expose sa propre personnalité, les points communs ressortent avec évidence :

« Ô mes amis ! Dites si vous avez jamais vu autres chose en moi qu’un homme constamment gai ; aimant avec une égale passion l’étude et le plaisir ; enclin à la raillerie mais sans amertume (…) actif quand il est aiguillonné, paresseux et stagnant après l’orage ; insouciant dans le bonheur, mais poussant la constance et la sérénité dans l’infortune jusqu’à l’étonnement de ses plus familiers amis. »

  • De plus, tous deux ont eu une vie mouvementée.
  • Figaro a exercé quantité de métiers différents car il a été contraint de changer fréquemment d’emploi (apothicaire, barbier, vétérinaire, auteur de comédie…).
  • Le valet a alterné des périodes de richesse et de pauvreté, d’isolement et de vie mondaine. Il a même connu la prison. C’est une sorte d’aventurier.
  • Beaumarchais n’est pas en reste : horloger du roi, puis homme d’affaires, secrétaire du roi, professeur de harpe pour les enfants royaux, auteur de théâtre acclamé puis censuré, agent secret et même trafiquant d’armes !
  • Il a d’ailleurs, à l’instar de son personnage, connu la prison et essuyé un procès.
  • Par ailleurs, Beaumarchais est un digne représentant des idées des Lumières.
  • Sur la scène, c’est Figaro qui se charge de les exprimer.

La dénonciation de la société du XVIIIe siècle par Figaro

  • L’acte V scène 3 du Mariage présente un très long monologue prononcé par un valet : Figaro lui-même.
  • Le héros opère dans cette scène un bilan personnel qui se double d’une mise en cause de la société de son temps et de ses injustices : une satire sociale.
  • C’est bien entendu Beaumarchais qui parle à travers son personnage et exprime les idées humanistes des Lumières qui combattent toutes les formes d’inégalités et d’injustice.
  • En effet, dans la société inégalitaire de l’Ancien Régime, on est noble par naissance : noblesse qui n’a rien à voir avec les vraies qualités d’un individu.
  • La société perpétue donc ainsi une injustice fondamentale.
  • Figaro a toutes les aptitudes verbales et intellectuelles pour s’élever dans la société et sortir de sa condition misérable mais il n’obtient pas la place qu’il mériterait.
  • Les antithèses ironiques renforcent cette satire sociale.
  • Figaro s’insurge également contre l’absence de liberté d’opinion et de parole et plus particulièrement contre la censure .
  • Le monologue de Figaro est resté célèbre non seulement pour les idées pré-révolutionnaires qui y sont exprimées mais aussi pour les fameuses formules employées comme :
    « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? vous vous êtes donné la peine de naître ».