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Les sources de la croissance économique

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Introduction :

Ce cours permet d’étudier les sources de la croissance économique, c’est-à-dire les ingrédients et les procédés qui permettent à un pays de créer des richesses. Le capital et le travail génèrent de la croissance économique, ce sont des facteurs de production, ce que nous verrons en première partie. Ces facteurs de production peuvent varier en quantité, et en qualité. Nous allons étudier les deux cas, en voyant en deuxième partie ce qui se passe lorsque la quantité de la production augmente, et en troisième partie les impacts d’une augmentation de la qualité de production. Nous insisterons en particulier sur le progrès technique et le capital humain. Enfin, nous terminerons en évoquant le rôle que jouent l’État et les institutions dans la quête de croissance. Actuellement, leur intervention est significative bien que très souvent critiquée et nous nous demanderons donc si elle doit continuer.

La fonction de production

Pour produire, l’entreprise a besoin de moyens qui peuvent être humains, matériels, ou encore financiers. L’ensemble de ces moyens constitue les facteurs de production. Ils peuvent être divisés en deux catégories :

Selon la nature du bien ou du service, ces facteurs de production peuvent être complémentaires ou substituables :

  • Lorsque travail et capital sont complémentaires, cela veut dire qu’on ne peut pas augmenter l’un des deux sans modifier la consommation de l’autre. Par exemple, un enfant qui veut jouer avec sa voiture télécommandée aura besoin de piles pour la faire fonctionner. Cette voiture et les piles sont donc complémentaires parce qu’on les utilise ensemble.
  • À l’inverse, deux facteurs sont dits substituables s’ils sont interchangeables : l’un peut remplacer l’autre en donnant un résultat à peu près identique. Par exemple, un conducteur qui utilise une voiture à essence aura le choix entre faire le plein avec du Sans Plomb 95, ou avec du Sans Plomb 98.

Les facteurs de production peuvent également être à court ou à long terme :

  • Les facteurs de production à court terme sont ceux dont la quantité varie facilement en fonction des besoins de l’activité. C’est le cas des matières premières dont on augmente ou diminue la production en fonction des besoins.
  • Les facteurs de production à long terme sont moins adaptables et leur augmentation dans des délais très courts nécessite des investissements très coûteux.

Pour créer des richesses, il faut donc combiner les différents facteurs de façon optimale, afin d’améliorer la compétitivité de l’entreprise. Cette combinaison s’appelle la fonction de production.

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Définition

Fonction de production :

La fonction de production est la relation entre un niveau de production et la quantité de facteurs de productions qui lui sont nécessaires.

Connaître ces facteurs permet à l’entreprise de les faire varier afin de diminuer les coûts de production tout en étant la plus efficace possible. Le but est bien sûr de maximiser la rentabilité et donc les bénéfices.

On abrège la fonction de production avec une formule qui signifie que la production Y est fonction d’une certaine quantité de capital (K) et de travail (L).

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À retenir

En économie, l’étude de la fonction de production est donc très importante. Grâce à elle, l’entreprise peut calculer quel va être l’impact d’une variation d’un des facteurs de production sur ses bénéfices, elle pourra donc anticiper les évolutions pour mieux s’adapter.

L’augmentation de la production, donc la croissance, dépend ainsi directement de l’évolution des facteurs de production, du travail et du capital. On peut donc supposer qu’en augmentant la quantité ou la qualité de ces facteurs, on peut créer de la croissance.

L’augmentation de la quantité des facteurs de production

Augmenter le travail

À l’échelle d’un pays, l’un des facteurs de production est le travail ; il existe plusieurs moyens d’améliorer sa quantité :

  • l’augmentation de la main d’œuvre. Cela implique d’augmenter la population en encourageant une forte natalité ou l’immigration ;
  • l’augmentation de la durée légale de travail en reculant l’âge de départ en retraite ;
  • en agissant sur la durée moyenne des études ;
  • en agissant sur le taux d’activité des femmes.

Chacune de ses actions répond à une logique unique : si davantage de personnes travaillent, et si elles travaillent plus longtemps, cela entraînera mécaniquement une hausse de la production.

Augmenter le capital

Au lieu d’augmenter le travail, on peut choisir d’augmenter le capital : c’est ce qu’on appelle l’investissement.

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Définition

Investissement :

L’investissement est une dépense consacrée à des biens et services durables (soit de plus d’un an), dans l’espoir de rentabiliser les montants investis et d’accumuler du capital. Il se mesure à l’aide d’un indicateur appelé FBCF qui veut dire formation brute de capital fixe.

L’investissement est souvent productif et à but lucratif, il est destiné à rapporter des gains à l’investisseur. Mais il peut également être non productif, et offrir un service non marchand comme c’est le cas quand l’État construit une route ou une école publique.

Si un entrepreneur veut augmenter sa production en jouant sur son facteur capital, trois types d’investissements possibles s’offrent à lui :

  • l’investissement de capacité, qui consiste à acheter plus de matériel et à embaucher plus d’ouvriers pour les utiliser. Cet investissement crée donc souvent des emplois ;
  • l’investissement de remplacement, destiné à remplacer les équipements obsolètes, ce qui est sans effet sur le nombre d’emplois mais améliore la qualité du travail ;
  • l’investissement de productivité. C’est le plus critiqué car il consiste à remplacer les ouvriers par des machines plus rentables et détruit donc des emplois.

Quand la croissance économique résulte d’une augmentation de la quantité de travail ou de capital, on parle de croissance extensive.

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Définition

Croissance extensive :

La croissance extensive est la croissance résultant d’une augmentation de la quantité des facteurs travail ou capital.

Pourtant, même sans augmenter la quantité de travail ou de capital, il est possible d’accroître la production en jouant sur la qualité de ses facteurs.

L’augmentation de la qualité des facteurs de production

La hausse de la croissance due à l’efficacité des facteurs de production est appelée croissance intensive. Elle est mesurée par la productivité globale des facteurs (abrégée PGF).

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Définition

Productivité globale :

La productivité globale des facteurs, ou productivité multifactorielle, correspond à une augmentation de richesses qui n’est pas liée à l’augmentation d’un des deux facteurs de production.

Par exemple, l’importance d’une récolte de fruits ne dépend pas uniquement du nombre d’arbres plantés et des techniques de récolte utilisées, mais aussi de l’ensoleillement, de la pluie et de la qualité du sol.

On peut améliorer la productivité globale en jouant sur deux facteurs :

  • les facteurs extérieurs à l’entreprise ;
  • et les facteurs internes à l’entreprise.

Les facteurs extérieurs à l’entreprise sont l’ensemble des éléments qui sont produits par la société, et qui permettent de perfectionner les méthodes de production. Le progrès technique est le principal facteur externe d’amélioration. Il permet une meilleure efficacité d’utilisation des ressources, une meilleure productivité et des produits plus performants.

Les facteurs internes à l’entreprise peuvent être un management performant, une motivation supplémentaire des travailleurs ou encore une augmentation de leurs qualifications. Plus encore, le facteur interne de progrès est surtout l’accumulation du capital. Beaucoup d’économistes considèrent en effet que c’est en investissant dans leurs équipements, dans la recherche et dans les brevets que les entrepreneurs vont améliorer l’efficacité de leurs facteurs de production.

Par exemple, une entreprise qui investit pour créer une nouvelle machine agit en interne sur sa productivité future, sans attendre que le progrès technique vienne de la société. Si l’investissement mène à une invention performante, la productivité de l’entreprise sera améliorée et le capital augmentera, ainsi que la qualité du travail, puisque la main-d’œuvre sera formée pour s’adapter aux fonctionnalités de la nouvelle technologie. Ce mécanisme est appelé croissance endogène, c’est-à-dire une situation où la croissance crée elle-même ses propres conditions d’augmentation.

Une autre forme de capital a été mise en évidence pour son rôle très significatif dans la quête de croissance économique : il s’agit du capital humain, un concept inventé par Gary Becker ; cet économiste américain considère que le stock de connaissances et de savoir-faire des ouvriers et employés est valorisable économiquement parlant. Ces connaissances sont bien sûr celles nécessaires à leur travail mais englobent aussi le niveau de qualification, l’hygiène et la santé.

Entretenir un bon capital humain permet d’utiliser les technologies existantes et de s’adapter aux nouvelles. L’accumulation de connaissances favorise la hausse des compétences et une plus grande efficacité, ce qui permet à l’individu d’accroître sa productivité et ses revenus. L’augmentation de revenus est intéressante pour l’ensemble de l’économie. C’est ce qu’on appelle une externalité positive. De très nombreuses expériences confirment le rôle important de l’accumulation du capital dans la croissance économique. À l’évidence, elle représente un élément efficace pour augmenter la production grâce notamment à sa capacité à accroître les performances humaines et économiques.

Que l’on prenne pour critère la qualité ou la quantité, on voit bien que l’entreprise est une source de croissance. Toutefois, l’accumulation du capital humain, technologique et l’impact de la production sur l’environnement rendent l’intervention des institutions publiques et de l’État nécessaire.

Le rôle de l’État et des institutions

Seules, les entreprises n’ont que très peu de moyens pour améliorer le capital humain de leurs salariés. À ce niveau, c’est l’État qui peut agir : en mettant en place des politiques de santé publique, en développant l’éducation des jeunes et la formation des adultes, il fournit à ses citoyens des services leur permettant d’accéder au savoir.

L’État construit également des infrastructures où les citoyens peuvent apprendre, il développe les transports de biens et de personnes, facilite la recherche. En fonction des politiques, il peut mettre en place des aides sociales pour soutenir la consommation des catégories les plus vulnérables. En France, c’est ce qui se passe avec les allocations familiales, ou les aides au logement. Il existe également des aides internationales. Ainsi, l’Union européenne favorise l’économie en créant un marché européen aux règles communes. L’OMC, l’Organisation mondiale du commerce, fait exactement la même chose, mais à l’échelle du globe. Néanmoins, ces interventions des États et des grands organismes ne fait pas l’unanimité.

Deux courants de pensée économique s’opposent :

  • d’un côté les libéraux, pour qui les interventions des organismes doivent être limitées au strict minimum, le marché pouvant à lui seul permettre d’atteindre la croissance ;
  • de l’autre les keynésiens, qui prônent quant à eux une intervention des institutions pour limiter les inégalités sociales en redistribuant les revenus. Cet État interventionniste œuvrerait pour améliorer la consommation et la production, et donc la croissance.

Aujourd’hui encore, le débat entre les deux conceptions n’est toujours pas tranché. Ce qui est certain, c’est que sans règles bien définies, les conditions de la croissance ne pourraient pas s’installer.

Conclusion :

La création de richesses repose donc essentiellement sur la fonction de production. Celle-ci a deux volets : le facteur travail et le facteur capital. Agir sur ces facteurs permet d’agir sur la croissance économique. Pour agir sur les facteurs de production, on peut s’intéresser à leur quantité et on parle alors de croissance extensive. On peut également améliorer leur qualité avec le progrès technique, l’accumulation du capital et le capital humain, et il s’agit dans ce cas de croissance intensive. Si l’entreprise reste le premier des acteurs pour créer de la croissance, on constate que l’État et les institutions ont aussi un rôle très important à jouer, puisque leurs décisions peuvent indirectement influencer sur chacun des facteurs de production. Aussi, reprenons la formule présente plus haut, où la production Y était fonction d’une certaine quantité de capital (K) et de travail (L) :

Y=f(K,L)Y = f(K,L)

Nous nous apercevons avec cette formule que cette relation est insuffisante. En réalité, l’augmentation de la fonction de production est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Elle est fonction non seulement du capital (K) et du travail (L) mais aussi du progrès technique (PT), des investissements (I), du capital humain (KH) et des institutions (E) :

Y=f(K,L,PT,I,KH,E)Y=f(K,L,PT,I,KH,E)

Ajoutons enfin que même en agissant sur toutes ses sources, il n’est pas possible de maîtriser la croissance économique. Les différentes crises le montrent bien.