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Les théories des classes sociales

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Les théories classiques des classes sociales

La théorie des classes sociales de Karl Marx

  • Pour Marx, dont la conception des classes sociales est « réaliste », une classe se définit à partir de trois éléments :
  • la place qu’elle occupe dans le processus de production ;
  • les intérêts d’une classe sont antagonistes à ceux de l’autre classe ;
  • une conscience de classe (le plus important pour Marx).
  • Toujours selon lui, il existe deux types de classes sociales :
  • le prolétariat, classe ouvrière, qui ne possède que sa force de travail qu’elle loue aux bourgeois contre un salaire de subsistance ;
  • la classe dominée
  • la bourgeoisie, aussi nommée les « capitalistes », qui possède les moyens de production (outils, machines, usines) et exploite les ouvrier·ère·s pour obtenir le maximum de plus-value et donc s’enrichir.
  • La classe dominante
  • Cette conscience collective marque le passage d’une « classe en soi » à une « classe pour soi ».
  • Les rapports de production peuvent être fondés sur un rapport d’exploitation ou sur un rapport de domination au niveau économique, social et politique.
  • Le conflit est donc, selon Marx, le principal moteur du changement social vers une société plus égalitaire et vers la fin de la domination d’une classe sur l’autre.

La théorie des groupes de statut de Max Weber

  • Pour Weber, dont la conception des classes sociales est « nominaliste », les individus se classifient en groupes de statut.
  • Les groupes de statut sont des groupes d’individus semblables, partageant le même prestige social, selon leur placement hiérarchique dans trois ordres différents :
  • l’ordre économique déterminé par le niveau de revenu et de patrimoine ;
  • l’ordre social qui correspond au prestige lié au statut social ou professionnel ;
  • l’ordre politique qui hiérarchise en fonction de la place dans l’exercice du pouvoir.
  • Un groupe de statut rassemble tous les individus qui ont le même degré de prestige associé à leur statut social.

Le prolongement moderne de l’analyse des classes

La dotation en capitaux de Pierre Bourdieu

  • Bourdieu essaie de concilier et de dépasser les analyses des classes de Marx et Weber.
  • Il reprend à Marx la notion de capital qu’il étend à d’autres domaines que l’économie, ainsi que la notion de lutte (et donc de domination).
  • Il a une conception des classes réaliste.
  • Il reprend à Weber l’idée que les acteur·rice·s se positionnent à différents niveaux de la société selon des capitaux, ainsi les classes sociales sont une construction intellectuelle.
  • Il a donc, également, une conception des classes nominaliste.
  • Pour structurer la société, Bourdieu isole quatre critères (\sim les ordres de Weber) :
  • le capital économique (revenus, patrimoine) ;
  • le capital social (relations familiales, professionnelles, amicales) ;
  • le capital culturel (niveau du diplôme, maîtrise de la culture légitime qui conditionne les goûts et les pratiques sociales) ;
  • le capital symbolique (le rôle de la personne lui confère un statut symboliquement reconnu par les autres comme un·e champion·ne olympique, un·e coach).
  • Les agents sont plus ou moins bien dotés en capitaux ce qui permet de déterminer :
  • une classe dominante qui dispose d’un capital culturel et économique élevé ;
  • une classe moyenne moins dotée en capital global ;
  • et une classe populaire faiblement dotée en capitaux culturel et économique.

La moyennisation de la société selon Henri Mendras

  • Henri Mendras se pose une question en apparence simple : les classes sociales existent- elles encore aujourd’hui en France ?
  • Selon lui la société est capable de réduire les inégalités en offrant une mobilité sociale.
  • La société formerait ainsi une grande classe moyenne : il appelle ce phénomène « la moyennisation ».
  • Il utilise deux critères pour montrer l’importance de la moyennisation dans la société française :
  • le niveau économique (revenus et patrimoines) ;
  • et le niveau culturel (diplômes).
  • Il divise la société française en six constellations sociales afin d’obtenir une « vision cosmographique » de la société qu’on appelle « Toupie de Mendras » :
  • une constellation populaire qui représente la moitié de la population et regroupe les ouvrier·ère·s et les employé·e·s aux revenus et diplômes faibles ;
  • une constellation centrale qui représente un quart de la population et regroupe les personnes ayant des revenus moyens mais des diplômes relativement élevés ;
  • les indépendant·e·s sont à la périphérie, ils·elles représentent 15%15\,\% de la population et regroupent les artisan·e·s, les commerçant·e·s (qui sont généralement peu diplômé·e·s), les industriel·le·s et des professions libérales très diplômé·e·s ;
  • en bas de la toupie on retrouve la pauvreté (7%7\,\% de la population), cette constellation regroupe les individus qui n’ont ni diplôme, ni revenus ;
  • au sommet de la toupie se trouve la constellation des élites qui regroupe les dirigeant·e·s économiques et politiques (3%3\,\% de la population) aux revenus et diplômes très élevés ;
  • enfin, la catégorie divers va rassembler le reste de la population, difficilement classifiable (les artistes par exemple).

Le retour des classes pour Louis Chauvel

  • Selon Louis Chauvel, la stagnation des salaires et la persistance des inégalités font apparaître de nouveaux clivages dans le tissu de la société française.
  • Depuis les années 2000, les crises financières ont amorcé un retour, voire un durcissement, des inégalités sociales.
  • Chauvel y voit le retour à une polarisation de la société, c’est-à-dire la division de la société en deux pôles opposés.
  • Ce constat justifie une nouvelle analyse et un nouveau découpage en classes sociales (marxiennes).
  • D’une classe en soi, la prise de conscience des inégalités par les individus va engendrer la constitution d’une classe pour soi capable de défendre leurs intérêts (cf. mouvement des Gilets jaunes)