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Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

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Roman et récit

  • Avant de désigner un récit de fiction, le roman est un état de la langue française parlée au Moyen Âge, du IXe au XIe siècle.
  • Pour que le grand public ait accès à la culture, il est nécessaire de transposer certains textes du latin au roman et de composer des œuvres directement en langue romane. Dès lors, on désigne comme « roman » tous les textes écrits dans cette langue, quel que soit leur genre.
  • Progressivement « roman » passe donc du nom de la langue employée au nom du genre littéraire le plus répandu qui emploie cette langue.
  • Au Moyen Âge, un roman pouvait être écrit en vers (Le Roman de la Rose, Guillaume de Lorris puis Jean de Meun). Un poème versifié peut aussi raconter une histoire et donc reposer sur un récit ou au moins en contenir un (La Naissance d’Aphrodité, José-Maria de Heredia).
  • Les pièces de théâtre aussi peuvent enchâsser un récit (comme Figaro dans le Mariage de Figaro).
  • C’est pour différentes raisons que la définition du roman exclut certaines formes : brièveté (nouvelle), univers ou « registre » (le conte) et ancrage dans le réel (autobiographie, mémoires, biographie).
  • Les termes « récit » et « roman » ne sont donc pas interchangeables même s’il existe un grand nombre de points communs entre eux.
  • Traditionnellement, les textes de type narratif ont en commun : un narrateur, un point de vue, un ou des personnages, un déroulement ou « progression dramatique », et un schéma narratif.
  • En comparant roman et récit, on se rend compte qu’il est plus facile de définir un roman par ce qu’il n’est pas qu’en décrivant ce qu’il est dans son essence même. En effet, au fil du temps, le roman a beaucoup évolué.

L’évolution du roman

  • XIe-XIIe siècles : le roman courtois ou roman de chevalerie
  • des récits antiques sont adaptés et transposés en langue romane par des copistes (Roman d’Alexandre, Roman de Renart), ce qui donne naissance au roman courtois. L’auteur le plus réputé dans ce domaine est Chrétien de Troyes. Tristan et Yseut, de Béroul, est aussi une œuvre emblématique de cette veine et de cette époque ;
  • Avec ces romans, les récits traditionnels anonymes, échangés jusqu’alors oralement, sont fixés par écrit et signés du nom d’un auteur.
  • XIIIe siècle : les vers laissent la place à la prose.
  • XVIe siècle : le cycle de romans de Pantagruel (1532 et 1562) : écrit par Rabelais, 5 volumes qui tiennent autant du roman parodique que du manifeste humaniste.
  • XVIIe siècle : le roman précieux (L’Astrée, Honoré d’Urfé), le roman libertin ou philosophique (L’Autre Monde, Cyrano de Bergerac), et le roman psychologique (La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette).
  • XVIIIe siècle : le roman picaresque (Gil Blas de Santillane, Lesage), le « conte » philosophique (Montesquieu, Voltaire, Choderlos de Laclos), le roman libertin (Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos, Les Bijoux indiscrets, Diderot, L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, l’abbé Prévost), la fausse autobiographie ou le roman mémoires (L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, l’abbé Prévost, La Vie de Marianne et Le Paysan parvenu, Marivaux).
  • XIXe siècle : l’âge d’or du roman avec le réalisme (Balzac, Flaubert) et le naturalisme (Zola).
  • XXe et XXIe siècles : l’explosion du genre :
  • on assiste à toutes formes d’expérimentations. Tout peut devenir roman, tout peut être objet de roman. Des auteurs singuliers et inclassables marquent leur époque : Marcel Proust (La Recherche du temps perdu), Colette (Le Blé en herbe), Raymond Queneau (Zazie dans le métro)…
  • la philosophie trouve sa place dans le roman, avec par exemple l’existentialisme de Jean-Paul Sartre (La Nausée) ;
  • Albert Camus utilise le genre romanesque pour illustrer le concept de « l’absurde » (L’Étranger, La Peste) ;
  • on trouve également des romans engagés avec des auteurs comme André Malraux, André Gide, Jean Giraudoux, et surtout des poètes, comme Paul Éluard ;
  • et dans les années 1950, le courant du Nouveau Roman voit le jour.

L’évolution de la narration dans le roman

  • Les choix dans la narration sont représentatifs d’une certaine vision du monde ; ils témoignent d’évolutions sociales et morales que les auteurs observent et vivent eux-mêmes.
  • Dans les récits autobiographiques ou qui se présentent comme des mémoires, le narrateur se confond avec le héros et se raconte à la première personne du singulier.
  • Au XVIIe siècle, on assiste au développement du roman mémoires. La narration à la première personne du singulier perdure dans les récits romantiques du XVIIIe siècle.
  • Le « je » de la narration montre la volonté d’accorder la première place à l’individu et aux passions du cœur humain.
  • Le choix du roman par lettres (dans lequel le « je » se démultiplie avec plusieurs personnages) révèle un intérêt pour la subjectivité et la relativité, pour la manière dont les faits sont perçus et interprétés par une conscience humaine (un même évènement n’est pas vécu de la même manière par tous).
  • Au XIXe siècle, le point de vue omniscient est le plus souvent utilisé. L’auteur est un dieu omniscient et le narrateur doit être capable de tout dire.
  • Au XXe siècle, les ouvrages faisant partie du Nouveau Roman multiplient les points de vue. Les auteurs rejettent les romains traditionnels. Les notions d’« humain » et de « héros » sont interrogées suite à la Seconde Guerre mondiale. Le sens de l’histoire est remis en question, le réel semble difficile à cerner.
  • Cet effacement des repères traditionnels se traduit par un refus des techniques d’écritures les plus répandues.
  • Le romancier n’en sait pas plus que le lecteur, les intrigues sont quasiment inexistantes, ou banales. Les objets prennent une place grandissante (Les Gommes (1953) d’Alain Robbe-Grillet).