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Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance

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Introduction :

L’Asie du Sud et de l’Est constitue le premier foyer de peuplement du monde avec près de 4 milliards d’habitants.

La Chine et l’Inde, deux géants démographiques, pèsent sur cette région et on y trouve les plus fortes densités de population du monde. Région en pleine croissance, l’urbanisation y est galopante. L’Asie du Sud et de l’Est tire la croissance mondiale vers le haut depuis des décennies. La Chine, première puissance économique mondiale, et le Japon, la troisième, en sont les fers de lance, mais de nombreux autres pays de la région se sont intégrés à cette forte croissance.

Comment la région fait-elle face aux défis de cette croissance hors-norme ?

Nous verrons tout d’abord que l’Asie du Sud et de l’Est doit faire face aux défis liés à l’incroyable démographie de la région et à l’urbanisation galopante de ses territoires. Nous étudierons ensuite la très forte croissance économique asiatique et ses disparités, avant de nous intéresser aux inégalités et conflits régionaux.

Les défis démographiques et urbains

Avec 55 % de la population mondiale, l’Asie du Sud et de l’Est est le premier foyer de population de la planète.

  • Les prévisions démographiques envisagent même une progression jusqu’aux années 2030, puis un tassement de cette population et même un vieillissement vers 2050.

Pourtant les situations démographiques sont très contrastées selon les pays. Si Chine et Inde sont des poids lourds démographiques avec 1,3 milliard d’habitants pour la Chine et 1,2 milliard pour l’Inde, les comportements démographiques doivent être observés plus précisément.

Depuis 30 ans, la politique de l’enfant unique en Chine a fait chuter la natalité : elle impose un seul enfant par famille, sous peine de payer de lourdes amendes. Mais ce n’est pas la seule raison de cette baisse car il faut prendre en compte la hausse du niveau de vie.

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À retenir

Chaque fois qu’un pays voit une hausse importante du niveau de vie de ses habitants et du niveau d’éducation chez les femmes, la démographie diminue.

  • La Chine a un taux de natalité de 12 naissances pour 1 000 habitants, ce qui est finalement un taux équivalent aux pays du Nord.

L’Inde possède elle aussi une politique de restriction des naissances mais moins draconienne et moins efficace qu’en Chine, ceci pour des raisons religieuses, culturelles, de niveau de vie et de statut des femmes.

  • L’Inde a un taux de natalité de 23 naissances pour 1 000 habitants.

Mais d’autres pays sont dans une dynamique de croissance de la démographie encore plus forte comme : l’Afghanistan, avec 39 pour 1 000, mais aussi le Bangladesh, la Malaisie, le Timor oriental ou le Pakistan qui ont tous des taux supérieurs à 20 pour 1 000.

À l’inverse, le Japon, avec 9 naissances pour 1 000 habitants, a une croissance négative et beaucoup de pays qui connaissent une très forte hausse du niveau de vie voient leur taux de natalité chuter.

  • C’est le cas de la Corée du Sud ou de la Thaïlande.
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À retenir

Les pays qui ont accompli leur transition démographique vont voir leur population vieillir sous l’influence de la baisse du nombre de naissances et de la hausse de l’espérance de vie.

Le Japon symbolise le mieux cette situation démographique. On parle de « choc argenté » pour caractériser le problème du nombre de personnes âgées, qui atteindra 30 % de la population totale en 2025. Pour la Chine, ce phénomène sera plus tardif si les chiffres actuels se maintiennent.

  • Par contre, pour les pays comme l’Afghanistan, le Bangladesh ou la Malaisie, l’accroissement de la population va continuer de manière importante avec une très forte proportion de jeunes dans la population totale.

La Chine et l’Inde doivent faire face au déséquilibre entre le nombre d’hommes et de femmes. Cela est lié à la politique de l’enfant unique en Chine et aux restrictions natalistes en Inde. Dans ces deux pays ont lieu encore aujourd’hui des infanticides de petites filles. Les garçons sont privilégiés par tradition religieuse, patriarcale mais aussi par soucis économiques et pour assurer la prise en charge des parents âgés.

Cette démographie s’accompagne d’une urbanisation croissante : les prévisions annoncent des taux dépassant les 65 % en 2050, ce qui va créer de gigantesques métropoles.

Cela posera, et pose déjà, des problèmes d’aménagement urbain, de logements, de transports, et de pollution. Cela représente aussi la création de bidonvilles afin d’accueillir des migrants issus de l’exode rural. Quelques villes en chiffres :

  • Tokyo, plus de 30 millions d’habitants avec son agglomération ;
  • Shanghai, 23 millions d’habitants ;
  • Pékin, 13 millions d’habitants ;
  • Mumbai, 21 millions d’habitants ;
  • et New Delhi, 22 millions d’habitants.
  • Le phénomène urbain est à la taille du continent.

La croissance économique spectaculaire de l’Asie

Une région intégrée à la mondialisation

C’est le Japon, pays anciennement industrialisé, qui a été le moteur de la croissance asiatique.

Après sa défaite de 1945, il s’est engagé sur la voie de la démocratie et d’un développement industriel et commercial considérable. Ce fut le « miracle japonais ».

Dans son sillage, il a entraîné les « dragons » comme Singapour, la Corée du Sud, Taïwan et à l’époque Hong Kong.

Ces « dragons » ont entraîné à leur tour les « bébés tigres » : les Philippines, la Thaïlande et l’Indonésie.

  • La Chine s’est ouverte au capitalisme au début des années 1980 et s’est très bien intégrée à cette croissance.

Aujourd’hui, des pays comme le Vietnam, la Malaisie et le Bangladesh s’intègrent dans ce circuit à leur tour.

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À retenir

Les économistes appellent cela « le vol des oies sauvages ». Cette théorie illustre l’idée d’entraînement économique. Le Japon a abandonné aux « dragons» des produits à faible technicité pour monter en gamme technologique. Les « dragons » ont fait la même chose avec « les bébés tigres » qui a leur tour cèdent des productions de faible technicité aux derniers venus.

L’Asie c’est 36 % du PIB mondial, la croissance asiatique « tire » donc la croissance mondiale. C’est une plaque tournante du commerce international avec des exportations toujours en hausse qui assurent plus du tiers des exportations mondiales. Les importations sont en hausse aussi car le niveau de vie augmente.

Il n’y a qu’à observer l’activité portuaire d’une des plus grandes façades maritimes du monde pour s’en rendre compte.

  • Singapour, Shanghai, Tokyo, Nagoya, Hong Kong, Tianjin figurent parmi les plus grands ports du monde.

L’Asie est une région où les pays riches anciennement industrialisés ont fortement délocalisé une grande partie de leur production depuis la fin des années 1970.

Le poids de l’Asie se retrouve au sein de l’OMC, du G20 et du G8. Les places boursières de Tokyo, Singapour ou Shanghai prennent de plus en plus d’ampleur.

Échanges régionaux

Les échanges intra-asiatiques sont très intenses et multiples. On assiste à une division internationale du travail au sein de cet espace géographique avec des délocalisations internes.

L’ASEAN, l’OCS et de nombreux accords bilatéraux permettent d’organiser les échanges. Cependant, tous les territoires ne sont pas concernés par ces échanges intenses.

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À retenir

On parle d’un « corridor économique » qui va de Tokyo à Singapour. Les façades maritimes, les grands ports et les plus grandes villes sont le cœur économique de l’Asie. L’intérieur des terres en Indonésie ou en Chine sont à l’écart de ces zones de haute croissance.

Le cas de l’Inde est un peu à part car elle a des liens économiques intenses avec l’Union européenne et les États-Unis. Pour contrebalancer cela, l’Inde a lancé depuis les années 1990 la « Look East Policy », politique tournée vers l’Est.

  • Ainsi, l’Inde a multiplié les échanges et les accords avec ses partenaires de l’Asie du Sud-Est et intègre de plus en plus cette sphère économique.

Défis et conflits

Très liées à la mondialisation, les économies de cette région ont souffert de la crise de 2008. La demande mondiale s’est contractée et les exportations ont bien diminué. Cela a mis en avant la fragilité de certains pays, soumis aux fluctuations de la demande mondiale.

Les pays lancent des politiques de demandes intérieures pour soutenir la croissance, mais elles se heurtent encore à la grande pauvreté dans de nombreux pays.

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À retenir

La pauvreté est un défi majeur dans cette région du monde avec des situations très contrastées.

L’Inde, le Bangladesh ou le Cambodge sont parmi les pays les plus pauvres. À l’inverse, le Japon, la Corée du Sud ou Singapour sont les pays les plus riches.

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Attention

Des contrastes flagrants de pauvreté existent dans de nombreux pays. L’Inde, la Chine ou la Malaisie par exemple sont des pays où la richesse côtoie les plus grandes formes pauvreté.

  • La croissance asiatique a engendré des écarts de richesse très accentués au sein des sociétés.

Ces écarts sociaux entraînent de nombreux conflits sociaux qui portent sur le partage des richesses. Les salaires, les conditions de travail, les protections sociales, le travail des enfants ou les inégalités hommes/femmes sont autant de sujets brûlants qui produisent des grèves et des manifestations parfois violentes. La responsabilité des transnationales du Nord est dénoncée car elles ont délocalisé une partie de leur production au sein de ces pays.

L’Asie est traversée aussi par des instabilités politiques et des conflits interethniques ou religieux.

  • Le terrorisme islamiste lié à la guerre en Afghanistan a frappé de nombreux pays comme l’Inde, la Thaïlande ou l’Indonésie.

Les litiges frontaliers restent très présents dans cette région, comme ceux qui opposent la Chine à l’Inde ou bien l’Inde au Pakistan. Des îles sont aussi l’objet de conflits entre le Japon et la Chine.

Les problèmes environnementaux sont immenses car cette croissance a engendré une pollution énorme. L’industrialisation, la hausse du niveau de vie avec l’accès à l’automobile et l’urbanisation ont amplifié le phénomène.

  • Déforestation,désertification, érosion et glissement de terrain sont des fléaux pour les terres agricoles. La pollution atmosphérique et le phénomène des pluies acides touchent des millions d’individus.

Conclusion :

L’Asie du Sud et de l’Est abrite des densités de population très fortes. Cette région du monde, en pleine croissance économique, doit faire face à un défi démographique. Pour certains pays, comme l’Inde, l’enjeu est de maîtriser une démographie galopante alors que pour le Japon, à l’inverse, il s’agit de trouver des solutions à un vieillissement de la population. L’urbanisation est aussi galopante, et les villes attirent de plus en plus de migrants venus des campagnes. Géant économique mondial, l’Asie du Sud et de l’Est met tout en œuvre pour attirer capitaux et industriels du Nord. Les disparités économiques sont néanmoins très importantes entre nations, mais aussi à l’intérieur même des pays. La lutte pour la domination économique et politique sur la région entraîne son lot de conflits et de tensions entre pays.