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Comment les individus s'associent-ils pour constituer des groupes sociaux ? - Partie 2

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Introduction :

La sociologie des réseaux s’interroge sur les formes de sociabilité qui se mettent en place au travers de l’interaction de l’individu avec les différents groupes. Un groupe social peut se comparer aux autres, ce qui engendre parfois le désir de changer de groupe, et donc de la frustration. Mais un groupe social peut également agir sur son environnement grâce à certains moyens d’action.

Nous verrons dans ce cours quelles quelles conséquences peut avoir la comparaison entre les groupes pour l’individu. Puis, nous envisagerons le mode de fonctionnement et la capacité d’action des groupes sociaux.

Groupe d’appartenance et groupe de référence

Deux groupes peuvent être différenciés : le groupe d’appartenance, groupe auquel l’individu appartient, et le groupe de référence, groupe auquel l’individu souhaite appartenir.

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À retenir

Le groupe de référence peut servir de base de comparaison entre les individus.

Ainsi, un groupe social peut évaluer sa situation en la comparant à celle du groupe situé immédiatement au-dessus de lui. Cela peut provoquer un sentiment de frustration relative, c’est-à-dire que l’individu peut conclure que sa situation se détériore lorsque celle-ci ne change pas, mais que celle du groupe de référence s’améliore.

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Définition

Frustration relative :

La frustration relative peut se définir comme étant la différence négative entre les éléments que l’individu détient (moyens) et ceux qu’il considère être en droit d’attendre au vu de sa situation (attentes).

Les éléments que l’individu détient ou convoite peuvent être un niveau de revenu, une certaine position hiérarchique ou encore la reconnaissance sociale ou le prestige social. La frustration est dite « relative » car elle dépend d’une comparaison et non d’une situation objective. Ainsi, la souffrance sociale peut ne pas être liée à des normes prédéfinies, comme le seuil de pauvreté, mais résulter d’un décalage entre les attentes et la représentation de sa propre situation.

Les attentes et la frustration relative ses première

Selon le sociologue américain Robert King Merton, la socialisation anticipatrice ne peut avoir lieu que dans une société qui laisse la place à une mobilité sociale. En effet, si cela n’est pas le cas, l’individu peut ne pas être accepté par le groupe de référence comme membre et être rejeté par son groupe d’appartenance, car son comportement ne correspond plus à celui d’un membre du groupe.

Fonctionnement et capacité d’action des groupes sociaux

Une fois un groupe constitué, des mécanismes ayant pour objectif de défendre les intérêts du groupe peuvent apparaître.

Les acteurs de l’action

Un individu ou un ensemble d’individus peuvent être convaincues qu’il y a une nécessité d’agir dans un certain domaine. Par exemple, des personnes peuvent penser que l’état d’urgence devrait permettre d’interdire tout type de manifestation, qu’il s’agisse d’une manifestation syndicale ou d’un simple regroupement lors de la fête de la Musique. Cependant, cette conviction ne crée pas nécessairement un intérêt personnel à agir pour que cela se réalise.

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À retenir

L’intérêt à agir naît lorsque l’individu peut obtenir un bénéfice de son action, ou lorsque son action vise à protéger un droit.

Dans l’exemple que nous avons évoqué, un individu peut concevoir une nécessité à agir de la part des pouvoirs publics mais ne trouver aucun intérêt personnel à entreprendre une mobilisation lui-même. Lorsque l’intérêt à agir devient une réalité pour des individus, ils peuvent constituer différents groupes pour défendre leurs intérêts.

  • Ils peuvent constituer un groupe d’intérêt, ou groupe de pression. Le sociologue américain Howard Becker nomme ces groupes des « entrepreneurs de morale ». Ils ont pour objectif d’imposer leurs normes et valeurs à la société. De nombreux groupes de pression existent aujourd’hui, qui défendent des intérêts très particuliers, par exemple en matière de défense des droits des citoyens, des automobilistes, des chasseurs, en matière de promotion de certaines activités ou produits, en matière de protection de l’environnement…
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Définition

Groupe d’intérêt :

Organisation qui a pour objectif de défendre un intérêt particulier et qui fait pression sur les hommes politiques pour qu’ils agissent en sa faveur.

  • Ils peuvent constituer un mouvement social. Les syndicats constituent une institutionnalisation d’un mouvement social particulier : la défense des travailleurs.
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Définition

Mouvement social :

Mobilisation collective en vue de défendre des intérêts individuels.

Les moyens d’action

L’action des groupes dans la défense de leurs intérêts peut prendre différentes formes :

  • la manifestation publique : il s’agit d’une forme non conventionnelle de participation politique, qui a pour objectif d’attirer l’attention de l’opinion publique et des hommes politiques sur un problème particulier. On peut par exemple citer les intrusions de Greenpeace dans les centrales nucléaires pour dénoncer le risque de ces installations, ou encore le mouvement « Occupy Wall Street », aux États-Unis et les « Indignados », en Espagne, qui visent à mettre en lumière les dangers de la finance ;
  • la grève : il s’agit pour les individus de cesser le travail en signe de protestation. C’est un moyen de pression sur l’entreprise, qui ne peut plus produire au même rythme, et un moyen de pression politique ;
  • la négociation : les deux formes d’actions précédentes peuvent déboucher sur la mise en place d’une négociation déstinée à résoudre un problème soulevé par le groupe social.

L’effet de la taille du groupe sur sa capacité a agir

L’économiste américain Mancur Olson a montré que les petits groupes sont plus efficaces dans la défense de leurs intérêts. En effet, le contrôle social est très fort dans les petits groupes, ce qui oblige les individus le composant à agir en commun, sous peine d’exclusion par exemple.

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À retenir

Olson montre que dans les groupes de taille importante, les individus adoptent un raisonnement rationnel et qu’ils ont plutôt intérêt à ne pas agir et à attendre les résultats de l’action collective du groupe.

En effet, l’action collective, par exemple une grève, peut permettre d’obtenir des résultats positifs pour tous les individus se trouvant dans la même situation, par exemple une augmentation de salaire. Cependant, le fait de faire grève a un coût personnel pour l’individu : la perte de salaire et le temps consacré à préparer le mouvement. En conséquence, l’individu trouve un intérêt à ne pas agir et à laisser les autres individus supporter ce coût. Il adopte ainsi le comportement du « passager clandestin ». Et, puisque tous les membres peuvent avoir tendance à adopter ce type de comportement, l’action collective peut s’avérer inefficace faute de mobilisation suffisante, voire même ne pas se concrétiser.

Le sociologue italien Robert Michels parle de loi d’airain de l’oligarchie.

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Définition

Loi d’airain de l’oligarchie :

Concept défini par Robert Michels selon lequel les dirigeants des grands groupes peuvent préférer conserver leur position plutôt que de défendre les intérêts de l’organisation.

Du fait de cette relative inefficacité des grands groupes, ceux-ci doivent recourir à certaines méthodes afin de faire participer activement les membres dans la défense des intérêts :

  • incitations sélectives négatives : elles ont pour objectif de faire accroître le coût de la non participation de l’individu à l’action collective. Par exemple le terme de « briseur de grève », pour désigner un travailleur qui refuse de faire grève, entraîne une dégradation de sa réputation, ce qui implique un coût social pour le travailleur non gréviste ;
  • incitations sélectives positives : il s’agit d’attribuer des avantages à ceux qui participent à l’action, avantages qui ne seront pas attribués aux non participants. Ce système introduit une inégalité entre des individus qui, objectivement, sont dans une même situation. Prenons un exemple : lorsqu’un salarié adhère à un syndicat quel qu’il soit, il bénéficie d’une prise en charge juridique en cas de litige avec son employeur ; dés lors, il pourra défendre ses droits de manière plus efficace qu’un autre salarié placé dans la même situation qui, n’étant pas syndiqué, ne pourra bénéficier de ces conseils.

Conclusion :

L’existence de groupes différents permet de différencier les individus, mais leur permet également de se comparer. De cette comparaison peuvent naître des frustrations relatives, qui entraîneront des frustrations chez l’individu. L’existence des groupes sociaux peut également pousser les individus à agir en tant que groupe pour défendre les intérêts des membres du groupe, ou pour imposer des normes et valeurs à l’ensemble de la société.