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De l'espace européen aux territoires de l'Union européenne

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Introduction :

L’Europe est un petit continent d’une extrême diversité avec 46 États, des paysages très variés, un foisonnement de langues, de cultures et de religions. Les États européens se sont progressivement unis pour construire un espace de paix et de prospérité économique.
L’Union européenne compte aujourd’hui 28 membres et prévoit de nouvelles adhésions. Avec la construction européenne, les relations entre les différents territoires de l’Union européenne se sont renforcées. L’Union européenne est un acteur de la dynamique de développement des territoires européens et de la réduction des inégalités régionales.

L’Union européenne, une réunion d’États à géométrie variable

L’Europe, création d’une communauté d’États

L’Europe est née des cendres et des drames de la Seconde Guerre mondiale. L’idée, audacieuse, est de forger une alliance entre les ennemis séculaires : la France et l’Allemagne. Cette alliance portait avant tout sur la démocratie et les droits de l’Homme, et devait donner une issue aux auciens pays belligérants. Les bases philosophiques étant posées, le premier pas fut la CECA : la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Six pays mirent en commun en 1951 leur production d’acier et de charbon :

  • la France ;
  • la RFA ;
  • l’Italie ;
  • la Belgique ;
  • les Pays-Bas ;
  • et le Luxembourg.

Le 25 mars 1957 le traité de Rome scelle l’acte de naissance de cette nouvelle Europe. La CEE, la Communauté économique européenne, est créée.

  • Les six pays de la CECA ont signé le traité de Rome : c’est la naissance de l’Europe des Six.

Élargissements successifs de l’UE-histoire-1re

Après les refus du général de Gaulle de faire rentrer le Royaume-Uni dans la CEE, celle-ci connait une série d’élargissements :

  • 1973 : Royaume-Uni, Irlande, Danemark (Europe des 9) ;
  • 1980 : la Grèce ;
  • 1986 : le Portugal et l’Espagne se sont débarrassés de leur dictature dans les années 1970 et peuvent donc à leur tour rentrer dans la CEE ;
  • 1995 : la Suède, la Finlande ainsi que l’Autriche abandonnent l’AELE pour rejoindre la CEE. C’est l’Europe des 15 ;
  • 2004 : la chute du mur de Berlin et la fin du communisme à l’est de l’Europe amènent un grand nombre d’adhésions. De 15 membres, l’Union européenne passe à 25 membres avec l’adhésion de la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, Malte et Chypre notamment ;
  • 2007 : la Roumanie et la Bulgarie adhérent à leur tour à l’Union européenne ;
  • 2013 : la Croatie devient le 28e membre de l’Union européenne.
  • Les frontières de l’Union européenne sont appelées à changer à nouveau. Actuellement, 5 candidats officiels à l’élargissement sont reconnus : la Turquie, la République de Macédoine, l’Islande, la Serbie et le Monténégro.
bannière à retenir

À retenir

La question de l’adhésion de la Turquie est un sujet de controverse majeur parmi les élargissements en cours : la Turquie fait partie du Conseil de l’Europe et de l’OTAN, et a formulé une demande d’association à la CEE en 1959 et sa demande d’adhésion en 1987. Ses difficultés sont d’ordre économique, (circulation des travailleurs, concurrence, environnement), mais aussi et surtout politiques, notamment de par ses relations avec la Grèce et Chypre, la reconnaissance du génocide arménien de 1915, la question des minorités kurdes et la question de la liberté d’expression.
Aujourd’hui, trois États sont contre l’adhésion turque : la France, l’Allemagne et l’Autriche. Les autres gouvernements y sont favorables et les opinions publiques sont très divisées.

L’Albanie et la Serbie ont déposé leur candidature. L’Ukraine et la Moldavie sont encore dans des difficultés économiques et politiques trop importantes aujourd’hui pour penser à une adhésion. La Biélorussie, elle, est tournée vers la Russie.

Les différentes institutions et traités

En Europe, les institutions sont communes. Le pouvoir exécutif est détenu par 3 organismes :

  • le Conseil européen :
  • le Conseil des ministres :
  • et la Commission européenne.

Le pouvoir législatif est partagé entre la Commission et le Parlement européen. Ce parlement n’a toutefois pas encore les pouvoirs d’un parlement national : il ne peut pas destituer le pouvoir exécutif. Il est élu au suffrage universel par tous les citoyens européens depuis 1979.

La Cour de justice veille au respect des lois dans l’Union européenne, et la Cour des comptes contrôle le financement de ses activités.

Sur le plan économique, le traité de Rome a créé en 1957 la CEE, un marché commun sans frontières économiques pour les marchandises et les capitaux. En 1962 la PAC, la Politique agricole commune, a favorisé une agriculture productiviste et industrielle puissante, exportatrice et très subventionnée. Jusqu’à ces dernières années, 50 % du budget européen allait à la PAC, qui associe tous les pays de l’Union. Par ailleurs, la justice et l’environnement sont l’objet de décisions communes.

En revanche, l’Union européenne n’est pas homogène dans son fonctionnement. Il existe des « particularismes », à commencer par la répartition de sa monnaie unique : l’euro. L’euro est en circulation depuis 2002, mais n’est en vigueur que dans 19 pays aujourd’hui sur les 28 que compte l’Union européenne.

L’espace Schengen, qui permet la liberté de circulation des personnes, est en vigueur depuis 1995 : il n’y a plus de frontières entre les pays européens, et les citoyens européens possèdent donc un passeport européen.
5 pays n’ont pas signé les accords de Schengen : le Royaume-Uni, l’Irlande, la Bulgarie, la Roumanie et Chypre. À l’inverse, des pays non membres de l’Union européenne ont adhéré à Schengen : l’Islande, la Norvège et la Suisse.

La PESC, la politique étrangère et de sécurité commune, est très complexe. L’Eurocorp, depuis 1995, est un début timide d’une future armée européenne, rassemblant des effectifs français, allemands, belges, espagnols et luxembourgeois. Mais tous les pays n’y participent pas. Il n’y a pas à proprement parler d’armée européenne ni de politique diplomatique commune. Sur des sujets internationaux graves, l’Europe ne parle pas d’une seule voix.

Une Union européenne avec des inégalités

Sur le plan économique

Sur le plan économique, il existe de nombreuses inégalités : certains pays produisent énormément de richesses, et d’autres peinent à suivre le développement économique européen. L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie produisent à eux seuls les deux tiers du PIB européen.

  • Ils forment le croissant européen qui concentre richesses, haut niveau de vie, les centres de commandement, les infrastructures les plus denses.

À l’inverse les anciens pays communistes de l’Est, ou les petit pays, comme Malte ou Chypre, ne produisent que très peu de richesses. Les ex-pays communistes sont des territoires en transition, car leurs espaces sont marqués par le modèle d’industrialisation du système soviétique et par les nouveaux investissements des Occidentaux. Les contrastes entre pays sont donc énormes. Il existe aussi des contrastes au sein des pays de l’Union européenne ; le PIB de Paris-Île-de-France est, par exemple, 80 fois supérieur à celui de la Corse. Même situation en Allemagne, avec des régions comme la Bavière, qui créent d’énormes richesses, et les anciens Landers de l’Est, plus pauvres.

Tous les pays de l’Union européenne sont dans cette situation. Il faut donc analyser, au cas par cas, les régions européennes, après avoir analysé les pays.

Mise en place d’infrastructures pour diminuer les inégalités entre pays membres

C’est pour atténuer les écarts de développement entre les différentes régions de son territoire que l’Union européenne a mis en place les fonds structurels, des organismes comme le FEDER, qui financent les projets d’infrastructures et de développement économiques pour les régions les plus défavorisées. Le FSE, le fond social européen, aide aussi, sur le plan social, ces régions.

  • Cette politique vise à maximiser la cohésion économique et sociale.

Une partie du budget européen est donc attribuée aux régions les plus pauvres, preuve de la solidarité dans l’Union. Les régions ultrapériphériques, comme celles de l’est et du sud de l’Union européenne, reçoivent le plus d’aides, et le niveau de vie y a donc parfois largement progressé.

Les pays qui sont entrés dans l’UE dans les années 1970 et 1980 et qui ont vraiment connu des progrès spectaculaires sont l’Irlande et l’Espagne. En revanche, depuis les années 1990, les difficultés économiques et financières n’ont pas permis d’aider de la même manière les derniers pays entrants. Enfin, malgré tous ces efforts, des inégalités persistent car les logiques économiques concentrent les activités dans le croissant européen, et peu d’investisseurs s’intéressent aux régions les plus éloignées.

Conclusion :

L’Europe est un continent en pleine évolution. La création de la CEE, puis de l’Union européenne, est une initiative unique au monde : des pays souverains de leurs territoires ont eu ensemble la volonté de s’associer librement et de perdre des pouvoirs au profit d’une instance plus vaste !

Les institutions européennes doivent évoluer pour être plus efficaces. Parler d’une seule voix en termes de politique internationale, avoir une armée, une véritable politique économique commune, en somme, plus de cohésion, afin d’avoir plus de force sur la scène mondiale. Mais les inégalités de son espace sont un défi pour l’Union européenne : pour certaines régions, voire pour des États, les inégalités persistent et se creusent, surtout en temps de crise. Les cas de la Grèce ou de l’Espagne le démontrent.

Les prochains élargissements sont aussi à réfléchir, jusqu’où l’Union européenne peut-elle envisager de s’étendre tout en restant cohérente ?