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L'industrialisation de la France sous le Second Empire

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Introduction :

Le XIXesiècle voit l’avènement de la Révolution industrielle en Europe. Au début du Second Empire en France, l’industrialisation est amorcée depuis les années 1830. Napoléon III favorise l’innovation et les rénovations architecturales orchestrées dans Paris par le préfet de la ville : le baron Haussmann. L’industrialisation massive impliquent en effet de nécessaires transformations urbaines et sociales. Nous nous demanderons donc dans quelle mesure la première industrialisation a transformé la société française.
Nous verrons dans un premier temps comment les métiers évoluent et s’adaptent au nouveau marché du travail, avant de nous intéresser plus précisément à la condition ouvrière. Pour finir, nous étudierons une des conséquences de l’industrialisation : l’urbanisation.

La première industrialisation en France : la transformation des métiers

Le passage de la proto-industrie à l’industrie

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À retenir

Des années 1840 aux années 1870, la proto-industrie cède lentement la place aux ateliers et aux grandes usines.

IMG01 Usine au XIXe siècle, Adolph von Menzel, 1875

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Définition

Proto-industrie :

La proto-industrie désigne la phase de développement de l’industrie durant laquelle la production est réalisée dans de petits ateliers domestiques. La production est ensuite collectée par les marchands qui ont passé les commandes, afin de réexporter par la suite les produits.

L’industrie connaît ainsi un essor sans précédent de 1848 à 1870. La production se regroupe de plus en plus au sein d’ateliers urbains. Néanmoins, les petites industries et les ateliers restent majoritaires.

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Rappel

L’industrie désigne la production de biens en très grande quantité.

Les ateliers ayant moins de dix salariés sont rangés dans la classe des arts et métiers, tandis qu’au-delà de ce seuil on parle d’usine ou de manufacture. Les industries de transformation alimentaire apparaissent, de même que les industries utilitaires comme les usines à gaz.

Les évolutions sectorielles

En 1860, la France devient la première puissance industrielle d’Europe occidentale, mais elle n’est pas encore touchée par la révolution technique qui affecte la métallurgie.

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À retenir

C’est d’abord l’industrie textile qui tire le secteur, puis les transports et la construction de 1847 à 1867 (avec le développement du rail), et enfin le bâtiment de 1862 à 1882, notamment en raison des travaux entrepris à Paris.

IMG02 L’Homme au balcon, Gustave Caillebotte, 1880 Le personnage observe la rue depuis son balcon situé boulevard Haussmann.

La persistance des activités rurales

Les activités industrielles sont encore majoritairement rurales durant cette période. Ainsi, la majorité des ouvriers sont également des paysans durant le Second Empire. Ils travaillent dans le textile, mais aussi sur les chantiers ou dans la métallurgie pour produire le métal nécessaire à la construction des machines à vapeur.

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À retenir

Ce n’est que progressivement, tout au long du Second Empire, que se constitue une classe ouvrière urbaine, distincte du monde rural.

IMG03 Les Raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte, 1875

L’essor du salariat et les difficultés de la condition ouvrière

Progrès et diversité du monde ouvrier

Dans le cadre du recul de la proto-industrie, le travail à la tâche cède progressivement la place au travail à l’heure et le salariat se développe.

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Définition

Travail à l’heure :

Contrairement au travail à la tâche dans lequel l’ouvrier est rémunéré à la fin de la tâche qu’il réalise, le travail à l’heure est un système dans lequel l’ouvrier est rémunéré en fonction du temps passé à travailler.

Le nombre d’ouvriers passe de 1 million vers 1837 à 3,5 millions vers 1870, sur un total de 17 millions d’actifs sous le Second Empire. Mais le monde ouvrier n’est pas uniforme et il comporte de nombreuses hiérarchies.

Des conditions de vie difficiles

Les ouvriers sont surveillés : le livret d’ouvrier est toujours en vigueur. Le marchandage devient cependant un délit en février 1848.

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Définition

Livret d’ouvrier :

Le livret d’ouvrier est un document d’identité obligatoire pour l’ouvrier mis en service en 1803. Le livret devait être présenté au patron qui le paraphait et le remettait à la fin du contrat. Il permettait de contrôler le nomadisme des ouvriers.

IMG04 Livret d’ouvrier, 1883

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Définition

Marchandage :

Le marchandage est le fait pour un patron de prêter un ouvrier à un autre patron, en réalisant un bénéfice sans que l’ouvrier n’en tire profit.

Les journées de travail sont longues (plus de 12 heures) malgré un bref recul entre février et juin 1848. Le salaire ouvrier progresse mais insuffisamment, les ouvriers ne sortant de la misère que pour atteindre la précarité avec les aléas de l’embauche et du chômage. Ils continuent à vivre au jour le jour. Les enfants de moins de 14 ans représentent toujours 15 à 20 % de la main d’œuvre des usines.

IMG05 Enfants travaillant dans une usine

L’urbanisation comme conséquence de l’industrialisation

Les progrès de l’urbanisation en France

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À retenir

L’urbanisation progresse grâce à l’afflux de ruraux dans les villes.

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Rappel

L’urbanisation désigne la concentration croissante de la population dans les agglomérations urbaines. Le taux d’urbanisation se mesure avec un pourcentage : la population vivant en ville par rapport à la population totale.

Le taux d’urbanisation en France passe de 25,5 % en 1851 à 31,3 % en 1870. Pour autant, on n’assiste pas à la formation de grandes agglomérations, hormis Paris dont la population passe de 1,2 million à 1,8 million entre 1851 et 1870.
Certaines villes de provinces connaissent aussi ce phénomène de croissance urbaine (Lyon, Toulouse, Lille) mais la population agglomérée est plus limitée (158 000 habitants à Lille en 1870). Les chef lieux de départements se développent aussi mais leur taille reste limitée (40 000 habitants à Dijon).

La transformation de Paris

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À retenir

La révolution urbaine est cependant symbolisée par la transformation de la ville de Paris, incarnée par le baron Georges Haussmann (préfet de Paris de 1853 à 1870).

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Définition

Révolution urbaine :

La révolution urbaine fait référence au passage à un mode de vie urbain, associé à une transformation des villes, et à l’augmentation de celles-ci en nombre et en taille.

La réorganisation de la capitale se fait sous l’impulsion de principes hygiénistes et de maintien de l’ordre.

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Définition

Hygiénisme :

L’hygiénisme est un courant de pensée développé au XIXe siècle qui associe des aspects sanitaires et moraux et qui vise à rendre l’environnement plus salubre et plus sain.

Les difficultés de la vie en ville

Malgré ces transformations, les villes restent des lieux où les épidémies font souvent rage, frappant les plus fragiles (l’épidémie de choléra de 1854 fait 150 000 morts). La ségrégation socio-spatiale s’y accentue également sous l’impulsion des rénovations et des délocalisations des usines hors des villes.

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Définition

Ségrégation socio-spatiale :

La ségrégation socio-spatiale est une organisation de l’espace urbain en fonction des catégories sociales.

Des villes ouvrières voient le jour dans un contexte de patronage. C’est le cas du Creusot où se trouvent les usines Schneider.

IMG06 Les usines Schneider au Creusot

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Définition

Patronage :

Le patronage est un système dans lequel les grands entrepreneurs prennent en charge la vie de leurs ouvriers en dehors de l’atelier en construisant pour eux des crèches, des logements, des églises, par exemple.

Parallèlement, des projets utopistes de cités ouvrières sont réalisés comme le « Familistère de Guise » en 1859 par l’industriel Jean-Baptiste André Godin.

IMG07 La cour intérieure du pavillon central du Palais social du familistère de Guise en cours de réfection, avril 2010 ©Velvet

Conclusion :

Sous le Second Empire, la France connaît une période de prospérité économique qui conforte sa position de puissance industrielle. Cette stabilité s’articule autour d’une entité importante : le corps ouvrier. Malgré leur importance et le besoin croissant de main d’œuvre dans les usines, les conditions de travail des ouvriers restent difficiles et leur salaire très bas. Peu à peu, l’activité se concentre dans les villes qui attirent de plus en plus de population : le paysage s’urbanise et voit même la création de cités ouvrières.